Lorsque le directeur général Bill Armstrong s’est rendu compte que les petits ajustements ici et là ne suffisaient pas pour les Coyotes de l’Arizona, il a remanié en profondeur l’effectif.
Armstrong a conservé le noyau de jeunes joueurs pour en faire le pilier de l’avenir et a accumulé des choix au repêchage, dans l’espoir de reconstruire une concession qui était enlisée dans la médiocrité.
La progression s’est poursuivie après le déménagement de l’équipe en Utah, avec une avancée majeure: la qualification du Mammoth pour les séries éliminatoires de la Coupe Stanley cette saison.
Une défaite en six matchs contre les Golden Knights de Vegas au premier tour n’était pas la fin que le Mammoth espérait. Il souhaite que ce ne soit que le début de quelque chose de plus grand.
«Dans notre sport, la ligne entre la victoire et la défaite est très mince, a déclaré Armstrong mardi. Pour que notre équipe progresse, nous devons accepter ces échecs et apprendre à mieux naviguer sur cette ligne. Si nous parvenons à le faire dans les moments décisifs avec ce groupe, alors nous aurons une chance d’aller le plus loin possible vers la coupe Stanley. C’est l’objectif de cette organisation.»
L’objectif était d’atteindre les séries éliminatoires. Les Coyotes y sont parvenus une fois depuis 2012, dans la bulle pandémique de la LNH en 2020.
Le Mammoth a atteint cet objectif dès sa première saison en Utah, s’imposant début avril grâce à cinq victoires consécutives.
La formation de Salt Lake City a privé les Golden Knights de son avantage de la patinoire en remportant le match no 2, puis a remporté le match suivant — son premier match de séries à domicile — pour mener la série 2-1.
Le Mammoth n’a pas pu tenir le coup, s’inclinant en prolongation, puis en double prolongation, avant que les Golden Knights ne scellent l’issue de la série avec une victoire 5-1, vendredi.
La déception était palpable tout au long du week-end, alors qu’il regrettait ce qui aurait pu être, mais elle s’est transformée en fierté lorsqu’il a réfléchi à ce qu’il avait accompli. Ç’a également renforcé sa détermination, non seulement à répéter cet exploit, mais aussi à aller plus loin à l’avenir.
«Nous avions des objectifs et nous les avons tous atteints — parfois de justesse —, mais nous les avons tous atteints, a souligné l’entraîneur-chef du Mammoth, André Tourigny. Nous avons réussi à trouver la constance que nous recherchions depuis quelques années, en quelque sorte. C’était important pour nous.»
Les Mammoth ont les atouts pour continuer sur leur lancée.
Keller fait partie du noyau dur venu d’Arizona et a amassé au moins 76 points lors de quatre saisons consécutives. Logan Cooley et Dylan Guenther sont passés du statut de jeunes espoirs à celui de piliers offensifs. L’astucieux Nick Schmaltz vient de connaître la meilleure saison de sa carrière, tout comme le gardien Karel Vejmelka. L’attaquant Lawson Crouse assure une présence chevronnée sur la patinoire et en dehors de celle-ci depuis qu’il s’est joint à la concession, en Arizona.
La concession a également obtenu des renforts critiques ces dernières années: l’attaquant JJ Peterka, les défenseurs Mikhail Sergachev, John Marino, Nate Schmidt et MacKenzie Weegar. L’attaquant Kailer Yamamoto a également terminé la saison en force après avoir surmonté des blessures.
«Quand on regarde les joueurs qu’on peut recruter et les ajustements qu’on peut éventuellement apporter — que ce soit un joueur des ligues mineures ou un espoir —, on est bien placés, a assuré Armstrong. On ne repart pas de zéro — la base est déjà là.»
Et d’autres pièces pourraient bien être en route.
Les choix de repêchage accumulés au fil des ans par Armstrong se sont transformés en une pépinière de jeunes talents très prometteurs.
Le Mammoth a utilisé son premier choix au repêchage – le sixième au total – pour sélectionner l’attaquant Tij Iginla, fils de Jarome Iginla, membre du Temple de la renommée de la LNH, qui a inscrit 41 buts et 49 passes cette saison dans la WHL. Le joueur de centre québécois Caleb Desnoyers était le premier choix de l’Utah l’année dernière – quatrième au total – et s’est également illustré avec 33 buts et 55 passes dans l’OHL.
Mais ça ne s’arrête pas là: l’Utah compte sept choix de première ronde dans son système et Armstrong est prêt à leur donner leur chance pour qu’ils prouvent qu’ils peuvent jouer dans la LNH.
«Nous voulons encourager nos espoirs à tenter leur chance et à intégrer notre club, a-t-il déclaré. On ne veut jamais priver un espoir de son rêve; on ne sait jamais. Parfois, ils peuvent se montrer et gagner leur place. Nous voulons que nos espoirs, qui regardent probablement cette conférence de presse, sachent: venez, venez vous battre pour un poste. Il y a des opportunités ici.»
La reconstruction du Mammoth a atteint un objectif majeur. À présent, ils veulent viser plus haut.
