Ce devait être la rentrée à domicile du légendaire attaquant chilien Alexis Sanchez, mais l’arbitre Lorenzo Hernandez lui a en quelque sorte volé la vedette.
Dans un match aussi fou qu’échevelé, le CF Montréal a marqué tard en deuxième demie pour arracher un verdict nul de 2-2 au Galaxy de Los Angeles, samedi soir, au stade Saputo.
Avant même que Sanchez ne fasse son entrée dans la rencontre et que Prince Owusu ne crée l’égalité, à la 79e minute, Hernandez avait déjà mis les partisans en furie… et l’entraîneur-chef par intérim du Bleu-blanc-noir, Philippe Eullaffroy.
C’était 1-1 quand Dawid Bugaj a trouvé Matty Longstaff dans la surface de réparation. L’Anglais a effectué une touche de ballon et il tentait de tirer lorsque le défenseur Maya Yoshida l’a fauché. Ils ont été des milliers à crier au penalty, mais Hernandez n’a pas bronché. L’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) non plus.
Une question manuscrite au nom des journalistes a été remise à Hernandez afin de comprendre la décision. La réponse indiquait a qu’après vérification de l’incident, «l’arbitre et la VAR ont tous deux déterminé que le contact ne constituait pas une infraction d’une gravité suffisante pour justifier l’octroi d’un penalty».
Eullaffroy n’avait pas eu la réponse au moment de sa conférence de presse d’après-match. De toute façon, il ne l’aurait pas aimée.
«Il y a 20 000 personnes qui ont revu la séquence, et il y avait un penalty. Soit nous avons 19 000 idiots dans les gradins, soit c’est nous qui ne comprenons rien au foot», a-t-il lancé après la rencontre. Nous avons l’impression qu’ils nous prennent pour des moins que rien. Il y a un manque de respect total. Quand nous avons l’impression que nous sommes des ignorants du jeu face à ces gens-là, c’est problématique.»
L’amende qu’il recevra peut-être pourrait être salée, mais elle aura probablement meilleur goût que la performance en dents de scie de ses hommes.
Malgré un début de première demie intéressant, au cours duquel Longstaff s’est fait complice du but de Daniel Rios, à la 16e minute, le CF Montréal (5-10-6) a tranquillement perdu le rythme.
Ç’a mené au but égalisateur de Ruben Ramos fils, à peine quatre minutes plus tard. Et pour tourner le fer dans la plaie, Yoshida a amorcé la deuxième demie avec une talonnade qui a surpris le gardien Thomas Gillier et qui a donné les devants 2-1 au Galaxy (6-8-8).
C’est devenu le premier électrochoc des Montréalais, qui ont augmenté leur niveau d’intensité.
«Ce qui est déplaisant en première demie, c’est que nous avons dit aux gars que nous pouvons perdre en étant mauvais, parce qu’ils ne pourront pas toujours être bons, mais nous ne pouvons pas perdre par manque d’intensité, a souligné Eullaffroy. En première demie, nous avons subi le rythme du Galaxy, mais en deuxième, c’était nettement mieux.»
L’autre électrochoc est venu lors de l’entrée en scène de Sanchez, qui disputait un premier match au stade Saputo, après avoir effectué ses débuts mercredi soir. Déjà bruyante, la foule a fait augmenter encore plus les décibels pour créer une ambiance survoltée.
«Tout le monde avait très hâte de voir Alexis. C’est un joueur extraordinaire. Il a joué au sein des meilleurs clubs du monde et avec les meilleurs joueurs, a mentionné Rios. Son impact a été immédiat. Il est allé sur le terrain et il a orchestré des jeux. Il a maintenu le ballon et il s’est déplacé pour organiser tout le monde.»
Habitué aux grandes occasions, Owusu a utilisé cette énergie pour y aller d’une longue course et pour forcer le gardien James Marcinkowski à sortir de son rectangle et à écoper un carton rouge tout juste à l’extérieur de la surface de réparation.
Sanchez n’a pas réussi à faire mouche sur le coup franc qui a suivi, mais les efforts des Montréalais ont été récompensés quand Owusu a habilement redirigé de la tête un centre de Luca Petrasso.
Il s’agissait de son 13e but de la campagne et d’une quatrième partie de suite avec au moins une réussite.
Dans cet affrontement digne des éliminatoires, le Bleu-blanc-noir est resté invaincu à ses quatre dernières sorties (1-0-3), bien qu’il n’ait pas gagné devant ses partisans en MLS depuis le 9 mai. Il se retrouve actuellement à trois points d’une place en séries.
L’espoir est donc encore bien présent, avec 13 matchs à disputer, mais Eullaffroy est conscient que les nulles devront se transformer en victoires.
«En fin de compte, ce sont des mathématiques. C’est mieux d’avoir trois points qu’un seul, a-t-il déclaré. Si tu obtiens un match nul, mais après tu gagnes, en alternance, c’est bien, mais si ce sont des nulles consécutives, ce n’est pas assez. Nous avons poussé pour avoir les trois points, mais un point, ce n’est pas suffisant.»
Le CF Montréal reprendra l’action samedi prochain, alors qu’il rendra visite à Lionel Messi et l’Inter Miami CF.

