Sport

Le Canada réfute les craintes associées au retour de la Russie au Mondial junior

«Nous avons été sans équivoque quant à notre soutien à l’Ukraine et à notre exigence que la Russie, ainsi que le Bélarus, ne participent pas à des compétitions internationales en utilisant leurs symboles nationaux.»

Publié le 

L’équipe de Russie se rassemble autour du gardien de but Iaroslav Askarov avant la première période du match contre la Suède, dans le cadre du Championnat du monde de hockey junior de l’IIHF, à Red Deer, en Alberta, le dimanche 26 décembre 2021. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE L’équipe de Russie se rassemble autour du gardien de but Iaroslav Askarov avant la première période du match contre la Suède, dans le cadre du Championnat du monde de hockey junior de l’IIHF, à Red Deer, en Alberta, le dimanche 26 décembre 2021. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (JONATHAN HAYWARD)

Le secrétaire d’État canadien chargé des sports a écarté mercredi les craintes selon lesquelles l’exclusion des joueurs russes du Championnat du monde de hockey junior, qui se tiendra le mois prochain en Alberta, pourrait nuire aux chances du pays d’accueillir d’éventuels événements internationaux, notamment les Jeux olympiques.

«Non, nous avons été sans équivoque quant à notre soutien à l’Ukraine et à notre exigence que la Russie, ainsi que le Bélarus, ne participent pas à des compétitions internationales en utilisant leurs symboles nationaux», a déclaré Adam van Koeverden lorsqu’on l’a interrogé sur les répercussions potentielles.

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a statué la semaine dernière que la Russie devait être réintégrée dans les compétitions internationales, à commencer par le Championnat du monde de hockey junior. Les équipes russes et bélarusses sont exclues depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou en 2022.

Mais Dick Pound, avocat spécialisé de longue date dans le droit du sport, a déclaré que le TAS n’avait pas le pouvoir de dicter quels athlètes le Canada autorise à entrer sur son territoire.

«À part taper du pied et faire la moue, il n’y a pas grand-chose qu’ils puissent réellement faire», a mentionné Pound.

Le Montréalais, un membre de longue date du Comité international olympique et ancien arbitre du TAS, a précisé que c’est au gouvernement canadien qu’il revient en dernier ressort de décider qui entre sur son territoire.

«Si la responsabilité incombe à Hockey Canada, je dirais : ‘Écoutez, je suis désolé, mais nous sommes une organisation sportive. Nous ne décidons pas qui peut obtenir un visa d’entrée au Canada, et le TAS ne peut pas non plus ordonner au gouvernement canadien d’accorder des visas’.»

La Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) a réitéré mercredi son opposition à la décision ordonnant la réintégration de la Russie, mais s’est abstenue de commenter le refus du Canada d’autoriser les joueurs russes à entrer sur son territoire.

Le premier ministre Mark Carney a clairement exposé la position du Canada mardi, alors qu’il assistait au Sommet du Commonwealth à Antigua.

«Donc, si vous me posez spécifiquement la question au sujet du Championnat du monde de hockey junior, les Russes n’y participeront pas», a-t-il déclaré, sans hésiter.

Van Koeverden a indiqué avoir rencontré mardi le ministre finlandais des Sports pour discuter de la question, soulignant que les pays voisins de la Russie subissent des conséquences différentes suite à l’invasion de l’Ukraine par ce pays.

«Nous avons beaucoup en commun, et notre soutien à l’Ukraine en fait certainement partie», a-t-il rappelé.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles la Russie était traitée différemment des autres pays, y compris les États-Unis, van Koeverden a souligné que Moscou utilisait le sport international pour servir ses intérêts politiques.

«Ils utilisent sans cesse le sport à des fins néfastes; il n’y a donc pas lieu de faire de fausses comparaisons à cet égard», a-t-il dit.

Dans un communiqué publié mercredi, l’IIHF a invoqué des difficultés logistiques, sécuritaires et sportives liées au retour immédiat de la Russie, notamment les exigences en matière de visas et les modifications potentielles des formats des tournois.

«L’impact mondial de la décision rendue par le comité du TAS et les difficultés qu’elle engendre pour toutes les parties concernées ont été considérablement sous-estimés», a déclaré l’IIHF.

Bien que l’IIHF n’ait pas directement commenté l’annonce de Carney, elle a indiqué qu’elle consultait les fédérations nationales de hockey, les organisateurs du tournoi et les autorités hôtes avant de déterminer la suite à donner. La fédération a précisé que la sécurité des joueurs et l’intégrité du tournoi restaient des priorités. Elle a promis de fournir davantage d’informations dans les jours à venir.

De son côté, le gouvernement fédéral a déclaré qu’il ferait usage de ses pouvoirs en matière d’immigration pour empêcher les athlètes et les officiels russes et bélarusses d’entrer au Canada afin d’exécuter sous leurs symboles nationaux.

Ottawa a précisé que cette mesure visait à empêcher la Russie et le Bélarus d’utiliser les événements sportifs internationaux organisés au Canada comme tribunes pour asseoir leur légitimité politique et faire de la propagande. Les athlètes individuels neutres (AIN) pourraient toutefois être autorisés à participer.

L’ambassadeur de Russie au Canada a critiqué cette décision mardi, accusant Ottawa de mêler la politique au sport.

«Il est vraiment regrettable de voir le cabinet du premier ministre Carney faire entrer la politique sur la glace. Le sport, en particulier le hockey junior, devrait être synonyme d’excellence athlétique, de compétition équitable et de rassemblement des jeunes», a déclaré Oleg Stepanov.

Stepanov a également laissé entendre que cette décision éliminerait certains des adversaires les plus redoutables du Canada lors du tournoi.

Hockey Canada a salué mardi la position du gouvernement et a indiqué que son conseil d’administration se réunirait cette semaine pour discuter des prochaines étapes. Plusieurs fédérations européennes de hockey, notamment celles de Suède, de Finlande, de Tchéquie et de Lettonie, ont déclaré que leurs équipes refuseraient d’affronter la Russie.

Le Championnat du monde de hockey junior commencera le 26 décembre à Edmonton et à Red Deer, en Alberta, avec la Suède, championne en titre, parmi les 10 équipes qui s’affronteront.

Le Canada, la Tchéquie, la Suisse, les États-Unis, l’Allemagne, la Lettonie, la Slovaquie, la Norvège et la Finlande compléteront le tableau.

Avec les contributions de l’Associated Press, de Nick Murray à Ottawa et de Donna Spencer à Calgary.