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Est-ce que la publicité montrant Sydney Sweeney dénudée va trop loin?

«C’est le cauchemar de plusieurs sportives.»

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Est-ce que la publicité montrant Sydney Sweeney dénudée va trop loin? La publicité représente le «cauchemar de plusieurs sportives», selon l’analyste socioculturelle de Noovo Info, Anne-Sophie Gravel.

La nouvelle publicité de la compagnie de paris sportifs Novig, montrant l’actrice Sydney Sweeney partiellement nue, a été dénoncée par de nombreuses athlètes féminines. Il s’agit selon l’analyste socioculturelle de Noovo Info, Anne-Sophie Gravel, du «cauchemar de plusieurs sportives».

«C’est sûr et certain que les sportives en ce moment sont nombreuses à réagir et avec raison parce que c’est une publicité qui, au-delà du bon goût ou du mauvais goût, assimile le corps des sportives au male gaze (regard masculin N.D.L.R.). Et c’est le cauchemar de plusieurs sportives d’être objectifiées au gym ou en courant dans la rue», lance Mme Gravel.

Elle explique que si les femmes fustigent autant la publicité, c’est qu’elles estiment que la vidéo les ramène en arrière, alors que les athlètes féminines travaillent depuis de nombreuses années pour une révolution dans le monde du sport.

«Il faut rappeler que les joueuses de tennis, par exemple, se sont battues récemment pour avoir le droit de porter des sous-vêtements foncés lors de leurs menstruations parce que les codes vestimentaires sont très très stricts pour les sportives. Et c’est juste un des nombreux exemples des doubles standards. Donc, au-delà du bon goût, le choc des sportives vient toucher quelque chose de très sensible», souligne la stagiaire postdoctorale en études féministes et médiatiques à l’UQAM.

Pourtant certains internautes rappellent que Sydney Sweeney est actionnaire de la plateforme Novig et que c’est d’abord son droit d’utiliser son corps comme elle le souhaite.

Selon Anne-Sophie Gravel, la situation est «délicate» puisque personne ne devrait imposer à l’actrice ce qu’elle devrait faire de son corps, mais que l’image de la publicité va plus loin.

«Ce qui choque, c’est le fait qu’il y a une entrecôte de l’empowerment individuel et collectif. Oui, sûrement qu’en étant actionnaire dans la compagnie Sydney Sweeney s’empower, elle s’enrichit elle-même, elle utilise un peu le male gaze à son propre jeu pour s’enrichir. Mais les coûts pour les autres femmes et les petites filles, entre autres, ils sont plutôt élevés», affirme Mme Gravel.

À voir dans la vidéo.