Les organisateurs des Championnats du monde de cyclisme sur route espéraient marquer l’imaginaire québécois avec la tenue de ce prestigieux événement à Montréal en 2026 et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont réussi leur pari.
Tant les amateurs que les meilleurs cyclistes de la planète ont été impressionnés par ces sept jours de courses, qui ont donné droit à des moments d’anthologie.
Du quadruplé historique de Remco Evenepoel à la spectaculaire victoire de Demi Vollering, en passant par la médaille d’argent de la jeune Canadienne Isabella Holmgren, ces Mondiaux auront surpassé toutes les attentes, tant au niveau sportif qu’au niveau de l’affluence.
«Ce n’est pas trop de dire qu’on a marqué l’histoire, a indiqué le directeur général de Montréal 2026, Joseph Limare. L’Union cycliste internationale (UCI) n’avait jamais vu autant de monde pour les épreuves des Championnats du monde, alors qu’on sait que ça se passe souvent en Europe, qui est considéré comme le berceau du cyclisme.»
«Nous n’avons pas encore les chiffres exacts, mais nous avons réuni plusieurs centaines de milliers de spectateurs, a-t-il poursuivi. Ç’a dépassé nos plus belles espérances et c’est le plus beau cadeau qu’on puisse faire aux athlètes et à Montréal.»
Les principales actrices des différentes courses ont également été marquées par l’ambiance qui régnait à Montréal et en Montérégie, si bien qu’elles aimeraient voir au moins une ou deux courses en sol québécois.
«J’aimerais vraiment qu’il y ait une course pour les femmes à Montréal», a lancé l’Italienne Elisa Longo Borghini, qui a remporté le bronze lors de la course en ligne de samedi, ainsi que l’or au relais mixte de mardi.
«C’est différent de l’Europe, ici, vous êtes plus excités et plus bruyants, plus emballés. Venant d’une Italienne, ça peut sembler fou, mais c’est vraiment le cas, a-t-elle ajouté en souriant. Je pouvais ressentir l’énergie de la foule. C’est palpitant de voir autant de gens sur les routes avec autant de passion.»
Même son de cloche du côté de Kasia Niewiadoma, qui a terminé deuxième samedi.
«J’aime tellement venir en Amérique du Nord, donc oui, je serais 100 % derrière la venue d’une course féminine à Montréal, a indiqué la Polonaise. C’est bon pour le moral de tout laisser derrière en Europe, ça permet de se ressourcer. Surtout avec une foule comme celle-ci.»
La nouvelle championne du monde, Demi Vollering, a avoué avoir eu mal aux oreilles à force d’entendre la foule crier. La Néerlandaise a toutefois ajouté que cette ambiance l’avait aidée à pousser comme elle l’a fait pour décrocher la victoire au sprint devant Niewiadoma.
Les organisateurs des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal tentent depuis quelques années déjà de présenter des courses féminines, mais ils ont toujours dit que cela prenait des bailleurs de fonds pour y parvenir, et le spectacle de la dernière semaine aura peut-être permis d’en trouver.
«Je suis d’accord avec toutes les personnes qui aimeraient voir des GP féminins à Québec et Montréal, a dit Limare. Je sais qu’il y a présentement des discussions et on appuie celles-ci. L’UCI est convaincue qu’il y a le potentiel de ramener une ou deux courses WorldTour féminines ici, et c’est à nous maintenant de ficeler le budget qui soit l’égal des courses masculines.
«Si on organise des courses féminines, on veut que ce soit le même niveau que chez les hommes. On veut des courses du niveau de ce que l’on a eu lors de la course en ligne féminine élite.»
Des coureurs subjugués
Le nouveau champion du monde, l’Américain Brandon McNulty, est un habitué du circuit montréalais, mais il a admis après sa spectaculaire victoire que l’ambiance était à un autre niveau lors des Mondiaux.
«On dirait que chaque année, cette place devient de plus en plus spéciale, a dit celui qui a triomphé au GP cycliste de Montréal en 2025 et qui a terminé troisième cette année. Ç’a toujours été mon circuit préféré. J’aime la ville, la foule, et, cette fois, elle était déchaînée. C’était invraisemblable.»
L’Australien Michael Matthews, qui a remporté l’argent dimanche, a connu beaucoup de succès au fil des ans à Québec et à Montréal, mais il ne s’attendait pas à ça.
«C’était vraiment impressionnant. J’avais l’impression d’être en Australie, a-t-il dit. J’ai entendu mon nom pendant quasiment toute la course. Le support, tout au long du parcours, était à un autre niveau. J’ai laissé toute mon énergie sur le circuit grâce à cette foule.»
Les Québécois Pier-André Côté et Hugo Houle avaient des étoiles dans les yeux en parlant de cette occasion unique qu’ils ont eue de participer à des Mondiaux à la maison.
«Je n’avais jamais vu des foules de cette envergure, a avoué Côté. Je suis extrêmement fier du public québécois, on n’a vraiment pas à être gênés, je pense qu’on est officiellement une province de vélo.»
Pour Houle, nul doute que cette édition des Championnats du monde restera gravée à jamais dans la mémoire collective.
«Il y avait tellement de bruit, mais j’entendais les gens scander mon nom à la fin, ça fait chaud au cœur, a-t-il raconté. Je vais en garder un beau souvenir et je me sens privilégié d’avoir eu la chance de vivre ça à la maison. Je lève mon chapeau à l’organisation, je crois que c’est une réussite totale.»

