Environ 650 000 athlètes foulent la glace chaque année dans les arénas de tout le pays, selon Hockey Canada. Comme dans d’autres sports, qu’ils soient collectifs ou individuels, des blessures surviennent.
«Le sport a beaucoup évolué, et pas seulement le hockey, pour être tout à fait franche», a indiqué Natasha Johnson, directrice de la sécurité sportive chez Hockey Canada.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News. Il s’agit de la troisième partie d’un reportage consacrée aux effets de l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC).
Dans certains cas, des autocollants en forme de panneau d’arrêt ont été apposés à l’arrière des casques afin de réduire les chocs par l’arrière. Les mises en échec sont introduites dans certaines divisions dès l’âge de 15 ans.
Chez Football Québec, les plaquages commencent dès l’âge de huit ans.
«On ne peut pas affirmer qu’un sport de contact ne comporte aucun risque», a expliqué le directeur général Steve Duchesneau. «Un gros plaquage spectaculaire, où l’on plaquait parfois avec la tête, était autrefois un sujet de fierté, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.»
Québec exige des fédérations sportives qu’elles s’assurent qu’une activité puisse être pratiquée en toute sécurité, notamment en mettant en place un protocole en cas de commotion cérébrale.
M. Duchesneau précise que ce protocole est strictement appliqué au football.
«Les jeunes sont automatiquement retirés des activités de football. Nous ne prenons aucun risque: d«, a-t-il dit.
Selon le directeur d’Alpin Québec, l’organisme qui supervise le ski de compétition, une fois qu’un athlète a été retiré, ce sont parfois les parents qui font pression pour qu’il retourne sur les pistes.
«L’un des principaux obstacles que nous constatons dans le retour sécuritaire au sport après une commotion cérébrale est que les parents ne comprennent pas nécessairement le risque lié aux commotions cérébrales cumulatives», a mentionné Jean-François Bélisle, ajoutant que certaines des blessures les plus courantes touchent la tête. «De toute évidence, les commotions cérébrales comptent parmi les blessures les plus fréquentes que nous observons, au même titre que les blessures au genou et au ligament croisé antérieur.»
Selon lui, le ski de compétition présente l’avantage supplémentaire de disposer de patrouilleurs de montagne à proximité et de nouveaux équipements qui se répandent progressivement du niveau professionnel vers le niveau amateur.
«Nous commençons à voir des protecteurs de dos utilisés par les coureurs, ainsi que des gilets gonflables qui se généralisent peu à peu à notre niveau ici. Ils sont couramment utilisés au niveau de la Coupe du monde», a ajouté M. Belisle.
Dans le football professionnel, certains joueurs de la NFL et de la LCF utilisent des casques dotés de coques rembourrées, appelées Guardian Caps, pour une protection supplémentaire.
Les sports eux-mêmes s’adaptent également à l’évolution des mentalités concernant les blessures et aux dernières avancées scientifiques. La LNH a interdit les mises en échec où la tête est le principal point de contact et, au sein de la Ligue professionnelle de hockey féminin (PWHL), seules certaines mises en échec corporelles sont autorisées.
«Nous avons constaté une évolution au sein de la PWHL, puisque nous pratiquons désormais des mises en échec hybrides», a mentionné Cassie Campbell-Pascall, conseillère spéciale de la ligue. «Nous ne sommes pas partisans du contact physique total. Nous estimons que c’est important pour assurer la sécurité de nos joueuses.»
Selon Steve Duchesneau, on observe une augmentation du nombre d’athlètes qui se tournent vers le football à drapeaux plutôt que vers le football traditionnel. D’après lui, ce sport était autrefois considéré comme une alternative ou une version allégée, mais il a connu un essor fulgurant en raison de l’absence de contacts importants.
Les chercheurs qui tentent de diagnostiquer l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC) de son vivant encouragent les enfants à pratiquer le sport en toute sécurité, et leur travail ne vise pas à décourager la pratique d’activités physiques.
«C’est une question tellement importante qui préoccupe les gens», a souligné Isabelle Boileau, scientifique principale. «Est-il possible que la pratique d’un sport ou le fait que mes enfants pratiquent un sport les expose à un risque de ETc?»
La directrice du Centre d’imagerie de la santé cérébrale du CAMH a ajouté : «Aucune étude scientifique n’indique que les gens ne devraient pas pratiquer de sport ou que les enfants ne devraient pas en pratiquer. Ce n’est en aucun cas le message que nous souhaitons faire passer ici.»
