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Unifor entame ses négociations avec le constructeur américain General Motors

Plus tôt dans le mois, les membres d’Unifor avaient approuvé une nouvelle convention collective de trois ans avec Ford.

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Jack Uppal, président et directeur général de GM Canada (à gauche), et Lana Payne, présidente nationale d'Unifor, se serrent la main alors qu'Unifor entame les négociations avec General Motors à Toronto, le lundi 10 août 2026. Jack Uppal, président et directeur général de GM Canada (à gauche), et Lana Payne, présidente nationale d'Unifor, se serrent la main alors qu'Unifor entame les négociations avec General Motors à Toronto, le lundi 10 août 2026. (Keito Newman/The Canadian Press)

Unifor et General Motors ont entamé les négociations en vue d’une nouvelle convention collective, lundi, au centre-ville de Toronto.

Le syndicat représente plus de 4600 membres dans les usines de GM en Ontario, notamment l’usine d’assemblage d’Oshawa, le site CAMI d’Ingersoll, ainsi que les sites de St Catharines et de Woodstock.

La présidente nationale d’Unifor, Lana Payne, et Jack Uppal, président et directeur général de GM Canada, se sont serré la main pour marquer le début des discussions.

Des chaises étaient alignées dans la salle de conférence où les responsables étaient assis aux extrémités opposées, Mme Payne occupant le centre de la pièce et M. Uppal lui faisant face.

«Nous entamons cette prochaine ronde de négociations en nous appuyant sur la base solide établie par la convention collective type négociée avec Ford. Nous avons l’intention de tenir des discussions constructives sur les activités de l’entreprise et l’avenir des emplois dans le secteur de l’automobile à GM au Canada», a déclaré Mme Payne dans un communiqué de presse publié lundi.

Le syndicat s’est fixé comme date butoir le 21 août pour parvenir à un accord provisoire avec GM.

M. Uppal a déclaré lundi dans un communiqué que l’entreprise entamait les négociations avec «un profond respect pour le processus de négociation collective» ainsi que pour le rôle que jouent ses salariés dans sa réussite.

«Depuis 2020, nous avons investi 3,3 milliards $ dans nos usines de fabrication canadiennes, ce qui nous permet d’offrir des produits de nouvelle génération qui sécuriseront des milliers d’emplois au Canada pour les années à venir. Notre objectif est de parvenir à une entente mutuellement avantageuse qui soutient nos employés tout en permettant à GM Canada de rester concurrentielle à long terme», a-t-il déclaré.

En juillet, Unifor avait désigné General Motors comme le prochain constructeur automobile américain avec lequel il mènerait des négociations collectives.

Plus tôt en juillet, les membres d’Unifor avaient approuvé une nouvelle convention collective de trois ans avec Ford, prévoyant des augmentations salariales annuelles de 3 %.

Parmi les autres éléments de l’accord, qui entrera en vigueur le 21 septembre, figure le renouvellement d’un «accord de non-fermeture».

Il comprend également des engagements concernant des programmes dans toutes les installations de Ford, comme la mise en place d’une troisième équipe à son usine de moteurs d’Essex, en Ontario, prévue pour 2029. Unifor et Ford ont aussi convenu de mettre en place un programme offrant aux travailleurs mis à pied à l’usine d’assemblage de l’entreprise à Oakville, en Ontario, un parcours vers le plein emploi d’ici juillet 2027.

Le syndicat a affirmé que l’accord conclu avec Ford a marqué le succès de négociations visant à établir un modèle.

Dans le cadre de négociations «de référence», un syndicat négocie avec une entreprise afin de fixer des conditions qu’il espère reproduire avec d’autres entreprises du même secteur.

Les membres de Ford couverts par la convention collective principale ont voté à 74 % en faveur de l’accord, tandis que les membres de deux sections locales ont respectivement voté à 97 % et 100 % en faveur de celui-ci.

Des disparités avec GM et Stellantis

La présidente nationale d’Unifor, Lana Payne, avait déclaré lors d’une entrevue à ce moment que l’accord conclu avec Ford constituait un précédent, avec des avancées majeures en matière d’augmentations salariales et de sécurité de l’emploi.

«J’ai confiance en ce que nous avons négocié ici, car l’histoire nous montre que si nous traversons une période difficile, il existe toujours un moyen de s’en sortir», avait déclaré Mme Payne en juillet.

«Évidemment, je n’ai pas de boule de cristal, mais nous avons fait tout ce que nous pouvions pour montrer que cette industrie automobile est extrêmement importante et que notre syndicat continuera à se battre pour elle.»

Elle a toutefois reconnu l’existence de différences entre Ford et ses autres homologues du secteur automobile — General Motors et Stellantis — qui pourraient compliquer les prochaines négociations.

En effet, l’usine d’assemblage d’Ingersoll de General Motors et celle de Brampton de Stellantis sont toutes deux actuellement à l’arrêt, avec des milliers de salariés au chômage technique.

«La différence, c’est qu’ils ont pris des décisions différentes de celles de Ford Motor Co. au cours des 18 derniers mois», a déclaré Mme Payne, faisant référence à la période d’incertitude commerciale à laquelle le Canada est confronté depuis l’instauration des droits de douane sur les véhicules.

«Je ne doute pas un instant que ces négociations collectives seront elles aussi difficiles et assez frustrantes. Mais nous devons nous battre pour cette industrie ici, et c’est l’une des façons dont nous pouvons le faire», a-t-elle ajouté.

La présente série de négociations entre Unifor et les deux autres constructeurs automobiles des «Trois de Detroit» s’inscrit également dans un contexte difficile pour le secteur.

Le syndicat a déjà souligné des défis, tels que les droits de douane américains, la décision de l’administration Trump de ne pas prolonger l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, ainsi que l’arrivée de véhicules électriques chinois sur le marché canadien.