Travail

Un climat de travail toxique dénoncé dans ce cégep de l’Ouest de l’île de Montréal

«Ce sont l’engagement et le dévouement du corps professoral qui commencent à être minés par les conflits, au détriment de la population étudiante.»

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Cegep John Abbott Cegep John Abbott (CTV News)

Les professeurs du Cégep John Abott ont manifesté mardi matin, jour de la rentrée, pour dénoncer un climat de travail toxique qui règne depuis des mois au sein de l’établissement.

Ils souhaitent ainsi mettre de la pression sur la partie patronale pour régler les nombreux litiges et rétablir les relations de travail.

«Aucune personne n’est dédiée à temps complet à la Direction des ressources humaine depuis janvier dernier», a déploré Maria Mastorakos, présidente de la John Abbott College Faculty Association par communiqué. «Et les attaques injustifiées à l’endroit de nos membres qui siègent aux instances de gouvernance (Commission des études et conseil d’administration) se multiplient, plombant la liberté académique et la collégialité dans l’établissement.»

Selon un récent sondage mené auprès des professeurs et obtenu par le syndicat via la Loi sur l’accès à l’information, la culture de travail au cégep est décrite comme étant «toxique, tendue, problématique, oppressante, irrespectueuse, dysfonctionnelle, décourageante et démotivante».

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) demande l’intervention de la ministre de l’Enseignement supérieur dans cette affaire pour «pacifier les relations de travail et sensibiliser la direction».

«En choisissant la confrontation avec ses employés plutôt que de travailler à la recherche de solutions, la direction du Collège John Abott ruine la réputation de cet établissement cher à la communauté anglophone de l’Ouest de l’île de Montréal», a ajouté Bertrand Guibord, président du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN). «Elle compromet ses possibilités de recruter du personnel.»

Le syndicat souhaite notamment que l’employeur cesse les «représailles auprès des enseignants siégant aux instances gouvernementales», respecte ses «obligations prévues à la convention» pour l’embauche de professeurs, de négocier «de bonne foi pour régler les nombreux griefs actifs». Il demande aussi que la direction se dote d’un Service de ressources humaines fonctionnel avec une DRH «qui choisit la discussion au lieu de forcer la judiciarisation de l’ensemble des enjeux de relations de travail».