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Travailleur de la construction décédé: gestion du danger déficiente, dit la CNESST

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Une enseigne de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail, photographiée à Laval, le 22 février 2024. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Une enseigne de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail, photographiée à Laval, le 22 février 2024. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Ryan Remiorz)

Un travailleur de la construction est décédé en tombant dans une ouverture présente dans un toit, qui n’était pas marquée, alors que celui-ci était enneigé et qu’il n’y avait pas de garde-corps, souligne la CNESST.

Dans son rapport sur ce décès, survenu le 13 novembre dernier, dans l’arrondissement du Sud-Ouest à Montréal, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) souligne plusieurs lacunes dans la gestion du danger.

Ainsi, il n’y avait pas de garde-corps au pourtour du toit; il y avait absence d’utilisation d’un système individuel de protection contre les chutes et deux ouvertures dans le toit, qui n’étaient pas visibles sous la neige, n’étaient pas sécurisées.

Lors de l’accident, la victime, qui travaillait pour l’entreprise Installation MB, s’affairait avec un autre homme à déplacer un panneau de contreplaqué sur le toit d’une chaufferie.

En reculant, l’homme a mis le pied sur une des ouvertures de 48 centimètres par 48, qui était seulement recouverte d’un panneau d’isolant rigide en polyuréthane. Elle n’était pas visible, à cause de la neige. Le panneau d’isolant a alors cédé et le travailleur a chuté de 8,7 mètres sur le sol en béton, dans la chaufferie.

Les plans d’architectures et d’ingénierie, réalisés par des professionnels mandatés par le donneur d’ouvrage, ne font pas état de la présence d’une ouverture à l’endroit où l’accident est survenu, notent les inspecteurs.

À l’origine, ces ouvertures étaient recouvertes d’un morceau de bois, sur lequel reposait un système d’étanchéité. Le mois précédant l’accident, ce système avait été retiré par les employés d’une autre entreprise et les morceaux de bois avaient aussi été retirés, exposant ainsi l’isolant rigide. 

Deux semaines avant l’accident, une autre équipe de travailleurs d’Installation MB avait remarqué la présence de ces deux saillies sur le toit. «Les travailleurs ont alors présumé qu’il s’agissait de réparations antérieures de la toiture. Afin de vérifier leur solidité, ils ont frappé le panneau d’isolant à l’aide de bâton et exercé une pression avec un pied afin de déceler tout mouvement ou signe apparent de faiblesse», relatent les inspecteurs.

«Bien qu’ils aient trouvé cette installation inhabituelle, les travailleurs n’ont effectué aucune démarche supplémentaire pour en déterminer la nature. À la suite de leurs vérifications, ils ont estimé que les saillies ne représentaient pas un danger», ajoutent les inspecteurs.

Le maître d’oeuvre du projet, «Pomerleau inc. et les employeurs sous-traitants n’ont pas mis en place les mécanismes de vérification requis pour s’assurer que les conditions réelles du chantier étaient sécuritaires et le demeuraient tout au long des travaux. Une inspection du lieu de travail, notamment à partir de l’intérieur du bâtiment, aurait permis de constater la présence des deux formes carrées dans la dalle présentant des caractéristiques différentes et d’en vérifier la nature avant le début des travaux, ce qui aurait permis d’établir qu’il s’agissait d’ouvertures», soulignent-ils.

«L’ensemble de ces éléments illustrent des lacunes dans l’identification et la communication des dangers présents sur le chantier, ainsi qu’au niveau de la supervision», concluent les inspecteurs.

Lia Lévesque

Lia Lévesque

Journaliste