Le Tribunal administratif du travail vient de donner raison au Syndicat des employés de métier, actuellement en grève, ordonnant à Hydro-Québec de libérer de leurs fonctions habituelles les salariés qui ont été désignés par le syndicat pour répartir le travail en heures supplémentaires, afin de maintenir les services essentiels.
La grève des heures supplémentaires du syndicat, qui représente plus de 6200 employés de métier chez Hydro-Québec, a été déclenchée le 23 octobre à 00h01. Elle doit se poursuivre jusqu’au 2 novembre à 23h59.
C’est dans ce contexte que, le 22 octobre, le Tribunal administratif du travail avait rendu une décision sur les services essentiels à maintenir durant cette grève. En vertu de celle-ci, il appartenait au syndicat de fournir «à la demande et au besoin le personnel nécessaire et apte à effectuer le travail» pour dispenser les services essentiels.
Or, depuis, le syndicat a dû demander l’intervention du Tribunal, arguant qu’Hydro-Québec refusait de libérer les salariés qu’il désignait pour assurer la coordination et la répartition des heures de travail, afin de fournir les services essentiels pour cette grève.
Et la juge administrative Geneviève Drapeau vient de lui donner raison. Elle ordonne à Hydro-Québec «de libérer de leurs fonctions habituelles les salariés désignés par le Syndicat pour assurer la coordination des rappels et la répartition des offres de travail en heures supplémentaires dans le secteur de la distribution, dans la mesure nécessaire au maintien des services essentiels pendant la grève».
Elle rappelle qu’à la suite de la décision du 22 octobre sur les services essentiels à maintenir durant cette grève, «la responsabilité de pourvoir le personnel qualifié nécessaire afin d’assurer la prestation des services essentiels incombe au syndicat. L’employeur ne peut à la fois refuser de prendre en charge les rappels et empêcher le syndicat d’exercer cette responsabilité en refusant de libérer les salariés qu’il a désignés à cette fin. Une telle conduite est contraire à la décision du 22 octobre 2026 et est susceptible de compromettre le maintien des services essentiels durant la grève».
La direction d’Hydro-Québec s’est dite déçue de cette décision du Tribunal. «On s’explique mal que des ressources soient libérées pour soutenir le syndicat à respecter ses engagements de gérer la grève. Ainsi, ces ressources ne travailleront plus durant les heures régulières à réaliser les tâches pour lesquelles elles sont engagées. Cela contribuera à mettre à risque les travaux en cours pour assurer la fiabilité de notre réseau pour l’hiver.»
La société d’État insiste sur l’importance d’effectuer certains travaux et projets avant la période de pointe hivernale, afin de s’assurer de la disponibilité des équipements, le moment venu.

