Travail

Réaménagement des effectifs au fédéral: les femmes plus affectées, affirme l'AFPC

Le grand syndicat pancanadien rapporte que 14 000 de ses membres ont été touchés par les réaménagements d’effectifs au fédéral depuis janvier 2025.

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Des employés de l'AFPC manifestent devant le chantier naval canadien de Sa Majesté à Esquimalt, en Colombie-Britannique, le vendredi 28 avril 2023. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Des employés de l'AFPC manifestent devant le chantier naval canadien de Sa Majesté à Esquimalt, en Colombie-Britannique, le vendredi 28 avril 2023. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (CHAD HIPOLITO)

L’Alliance de la fonction publique du Canada affirme que, parmi ses membres, les femmes sont touchées de façon disproportionnée par les réaménagements d’effectifs dans la fonction publique fédérale.

Le grand syndicat pancanadien rapporte, mardi, que 14 000 de ses membres ont reçu un avis de réaménagement des effectifs depuis janvier 2025.

Environ 77 % ont déclaré leur genre et, parmi eux, 71 % étaient des femmes, relate l’AFPC. Or, les femmes représentent 57 % des fonctionnaires fédéraux, souligne le syndicat.

Lors de la présentation du budget 2025, le gouvernement fédéral avait annoncé vouloir ramener les effectifs de la fonction publique à «un niveau plus viable de 330 000 personnes par rapport à près de 368 000 en 2023-2024».

Le processus devait se faire d’abord par un programme de départs volontaires et en respectant les conventions collectives en vigueur.

«Si un nombre suffisant de fonctionnaires décident de quitter l’administration publique centrale dans le cadre d’un programme de départ volontaire, les autres recevront une lettre les informant qu’ils et elles ne (se) trouvent plus dans une situation de réaménagements des effectifs. Si le nombre de volontaires dépasse le nombre de postes à abolir, les personnes seront sélectionnées pour le départ volontaire selon leur ancienneté», avait alors expliqué le gouvernement fédéral.

«Si, après le programme de départ volontaire, le nombre de fonctionnaires demeure supérieur au nombre de postes disponibles, l’organisation lancera un processus de sélection des fonctionnaires aux fins de maintien en poste ou de mise en disponibilité», avait-il ajouté.

L’Alliance de la fonction publique, qui est affiliée à la FTQ au Québec, dénonce ce qu’elle appelle «l’hypocrisie» du gouvernement Carney, qui affirme défendre l’égalité.

«Sous son gouvernement, les ministères majoritairement féminins sont les plus touchés par le réaménagement des effectifs. Mentionnons notamment Emploi et Développement social (67 %), Santé Canada (65 %), Immigration, Réfugiés et Citoyenneté (64 %) et Affaires mondiales (57 %)», déplore le syndicat pancanadien.

«Ce n’est certainement pas en sabrant de façon disproportionnée les emplois des femmes et les services desquels dépend la population qu’on “bâtira un Canada fort” », a commenté l’AFPC.

L’Alliance affirme que ces données ne sont que parcellaires.

«Ces données n’offrent qu’un aperçu des répercussions qu’auront les coupes dans les services publics sur les travailleuses et travailleurs et leur famille. Parallèlement, le gouvernement persiste à refuser de rendre publiques les données sur l’équité, qui révéleraient quels groupes sont les plus touchés par les avis de réaménagement des effectifs. Plus de recherches sont nécessaires pour comprendre l’impact réel sur les autres communautés», conclut le syndicat.

Lia Lévesque

Lia Lévesque

Journaliste