L’entreprise Domtar et le syndicat Unifor ont réussi à renouveler les conventions collectives de plusieurs usines de pâtes et papier, malgré le contexte d’incertitude lié à la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis.
Environ 1000 syndiqués d’Unifor étaient directement concernés par cette négociation, dans les usines de Gatineau, Kénogami, Saint-Félicien et Dolbeau.
Ils ont voté en faveur de la recommandation du conciliateur, dans des proportions variables selon l’usine, mais «au-delà de 72 %», a résumé en entrevue, mardi, Daniel Cloutier, directeur québécois d’Unifor.
Le nouveau contrat, d’une durée de quatre ans, prévoit des augmentations de l’ordre de 2,5 % par année, à compter du 1er mai 2026. Une prime annuelle d’assiduité s’y ajoute, pouvant atteindre 1 %.
D’autres améliorations ont été apportées aux vacances et congés, aux assurances collectives, au régime de retraite et à la période de probation, rapporte Unifor, qui est affilié à la FTQ.
Comme il le fait dans l’industrie automobile, Unifor négocie ainsi un «contrat modèle» qu’il tente ensuite de reproduire auprès d’autres employeurs du même secteur d’activités.
«Ça va avoir un impact dans l’ensemble du secteur. Donc, on parle des entreprises comme Kruger, par exemple, ou encore White Birch. Tout ce qui est dans le secteur papier, usines de pâte, pour le Québec, l’Ontario et les provinces de l’Atlantique, va être visé par cette même entente-cadre», a illustré M. Cloutier.
De même, après avoir négocié pour le volet des pâtes et papier, Unifor procédera ensuite avec les scieries, puis avec la forêt.
Une grève a ainsi pu être évitée, alors que l’incertitude plane déjà sur toute l’industrie, à cause du contexte géopolitique.
«On s’est rendu, effectivement, jusqu’aux dernières limites. De façon in extremis, le conciliateur a fait cette recommandation-là, dans le but, justement, d’éviter un conflit de travail. Les deux parties ont accepté de présenter ça à leurs mandats respectifs», a rapporté M. Cloutier.
Contactée par courriel, la direction de Domtar, de son côté, a noté que, «dans un contexte marqué par d’importants défis pour l’industrie forestière, cette entente représente un résultat positif pour nos employés comme pour l’entreprise et nous permettra de continuer d’avancer ensemble».
Unifor est le plus important syndicat du secteur forestier au pays. Il représente 24 000 travailleurs dans les dix provinces.

