La fonction publique fédérale a perdu plus de 23 000 employés au cours des deux dernières années, selon l’organisme parlementaire de contrôle des dépenses du Canada.
Un nouvel outil en ligne publié par le Bureau de la directrice parlementaire du budget estime à 344 970 le nombre d’employés fédéraux au deuxième trimestre de cette année, soit une baisse de 6,5 % par rapport à il y a deux ans.
Les ministères et organismes qui ont le plus augmenté leurs effectifs au cours des deux dernières années sont la Défense nationale; le Centre de la sécurité des télécommunications; Élections Canada; Logement, Infrastructure et Collectivités Canada et l’Agence spatiale canadienne.
Les ministères qui ont perdu le plus d’employés sont l’Agence du revenu du Canada; Emploi et Développement social Canada; Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada; l’Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada.
La directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, a expliqué que son bureau avait créé cet outil afin d’aider les parlementaires et les Canadiens à demander des comptes au gouvernement concernant son engagement, pris dans le budget 2025, de réduire les effectifs de la fonction publique fédérale de 10 % d’ici 2028-2029.
«Les parlementaires ont besoin d’informations fiables et facilement accessibles pour examiner l’évolution des effectifs de la fonction publique et interroger les ministres sur les conséquences de ces changements pour les services publics offerts aux Canadiens», a affirmé Mme Ryan.
«Cet outil leur fournit des données objectives et actualisées qu’ils peuvent utiliser pour étayer leur travail.»
Le Bureau de la directrice parlementaire du budget a constaté que 9809 des postes supprimés concernaient des employés nommés pour une durée déterminée. Environ 7880 étaient des employés permanents, tandis que 3203 étaient des étudiants et 2889 des employés temporaires.
Le gouvernement fédéral a lancé un programme de départ à la retraite anticipée dans le cadre de ses efforts visant à réduire les effectifs de la fonction publique.
Le gouvernement a reçu 10 006 demandes et, à ce jour, plus de 9400 d’entre elles ont été jugées conformes aux critères.
La date limite de départ à la retraite dans le cadre de ce programme est fixée au 20 janvier 2027.
Le porte-parole du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, Martin Potvin, a soutenu dans un courriel qu’il n’était pas prévu d’ouvrir une deuxième période de dépôt des demandes de départ à la retraite anticipée.
Alors que les fonctionnaires fédéraux sont confrontés à des suppressions d’emplois, nombreux sont ceux qui doivent également faire face aux défis posés par les nouvelles règles de retour au bureau.
Retour au bureau pour les fonctionnaires
Des milliers de fonctionnaires fédéraux ont dû s’adapter, en juillet, à un nouvel horaire de travail les obligeant à être présents au bureau quatre jours par semaine, bien que le manque d’espace de travail retarde le retour au bureau pour certains ministères.
Une porte-parole pour Services publics et Approvisionnement Canada, Michèle LaRose, a indiqué qu’environ 10 % des fonctionnaires ne sont pas en mesure de retourner au bureau en vertu des nouvelles règles.
«À l’heure actuelle, la capacité des locaux existants permet d’accueillir environ 90 % des fonctionnaires sur place quatre jours par semaine (cinq jours pour les cadres), grâce à une combinaison de postes de travail attribués et non attribués, a-t-elle expliqué. Selon nos informations, cette proportion devrait passer à environ 95 % d’ici le 31 mars 2027.»
Mme LaRose a précisé que les organisations mettaient en œuvre ces règles en fonction des espaces disponibles et que, dans certains cas, les ministères procédaient à une mise en œuvre progressive pour certains groupes d’employés.
Mme LaRose a également indiqué qu’on attribue actuellement 266 sites d’espaces de travail partagés fédéraux à des organisations afin de répondre à leurs besoins en matière d’espace et de favoriser une présence accrue sur place.
Ces sites sont attribués à l’Agence du revenu du Canada, à la Défense nationale; à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada; à Emploi et à Développement social Canada; à Environnement et Changement climatique Canada; à Pêches et Océans Canada ainsi qu’à Services publics et Approvisionnement Canada.
«En tant que prestataire de services communs, Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) continuera de collaborer avec les organisations pour optimiser les espaces de bureau existants et fournir des locaux supplémentaires là où cela est nécessaire, et ce, le plus rapidement possible», a-t-elle dit.

