La baisse des voyages vers les États-Unis pourrait être plus importante à première vue, selon des chercheurs canadiens.
Les premières estimations, fondées sur les passages frontaliers du Canada vers les États-Unis, laissaient entrevoir une baisse d’environ 25%, ont écrit des chercheurs de l’Université de Toronto, citant des données de Statistique Canada.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Les conclusions récentes, affirment les chercheurs Karen Chapple, Yihoi Jung et Jeff Allen, suggèrent que cette analyse des passages frontaliers d’une année sur l’autre ne donne pas une image complète de la situation.
Le groupe s’est plutôt penché sur l’activité des téléphones portables dans les grandes agglomérations américaines et a déclaré avoir constaté une baisse médiane des visites de 42%.
«Cela signifie que les données sur les passages frontaliers ne reflètent pas l’intégralité de la baisse des voyages d’affaires et liée au commerce des Canadiens et que lorsque les Canadiens se rendent aux États-Unis, ils visitent moins de destinations et y restent moins longtemps qu’auparavant», ont écrit Chapple, Jung et Allen.
Quelles villes américaines ont été les plus touchées?
Myrtle Beach, en Caroline du Sud, a enregistré la plus forte baisse (65,4%) des voyages canadiens entre 2024-2025 et 2025-2026, selon les données.
Les villes floridiennes de Panama City, Orlando, Cape Coral, Miami, Naples et North Port figurent toutes dans le top 10, tout comme Yuma (Arizona), Brownsville (Texas) et San Francisco. Les grandes villes touristiques et les villes situées en zone frontalière ont également été touchées, d’après les données de téléphonie mobile.
L’étude suggère que 50 grandes agglomérations américaines ont enregistré une baisse des voyages en provenance du Canada de 50% ou plus au cours de la période examinée. Seules trois des 267 villes étudiées ont vu le nombre de voyageurs augmenter : Portland (Oregon), Gainesville (Floride) et Cleveland.
Derrière les chiffres
Le trio, en collaboration avec la School of Cities de l’Université de Toronto, a cartographié ces données dans le cadre d’un projet intitulé Mapping Tariffs, qui vise à mesurer les répercussions des politiques commerciales du président américain Donald Trump, des menaces d’annexion et des tensions politiques qui en découlent.
Les données proviennent d’appareils canadiens surveillés entre avril 2024 et mars 2026. Pour qu’un déplacement soit pris en compte, un téléphone devait s’arrêter au Canada, puis aux États-Unis, avant de revenir au Canada. De plus amples informations et les données elles-mêmes sont disponibles sur la page Mapping Tariffs.
L’une des différences réside dans le fait que ces données tiennent également compte du trafic de marchandises, ce qui n’est pas le cas des estimations relatives aux passages frontaliers, ont précisé les chercheurs.
Ils ont également noté que les données pouvaient inclure des Canadiens qui vivaient temporairement aux États-Unis et qui sont revenus s’installer au Canada.

