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Voici pourquoi un passage de la Bible que Trump va lire à haute voix est controversé

Trump fait partie des centaines de personnes qui se relaient pour lire la Bible à haute voix pendant une semaine.

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Trump prolonge le cessez-le-feu avec l’Iran jusqu’à nouvel ordre Le président des États-Unis Donald Trump, a annoncé mardi en fin de journée la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre afin de donner davantage de temps pour négocier. Les négociations sont d'ailleurs suspendues.

Le passage biblique que le président Donald Trump prévoit de lire mardi soir lors d’un marathon de lecture de la Bible diffusé en direct remonte à la description d’un événement ancien — mais c’est un passage qui revêt une signification particulièrement forte dans le contexte religieux et politique actuel.

Il est depuis longtemps cité et mis en avant par ceux qui estiment que l’Amérique a été fondée en tant que nation chrétienne et qu’elle doit le rester. Il est tiré du septième chapitre du deuxième livre des Chroniques, un livre de la partie hébraïque (Ancien Testament) de la Bible.

Le verset 14 — le plus souvent cité — dit :

«Si mon peuple, sur lequel mon nom est invoqué, s’humilie, prie, cherche ma face et se détourne de ses mauvaises voies, alors je l’exaucerai depuis les cieux, je lui pardonnerai son péché et je guérirai son pays.»

Trump fait partie des centaines de personnes qui se relaient pour lire la Bible à haute voix pendant une semaine. La plupart des lectures ont lieu au Musée de la Bible à Washington, bien que celle de Trump soit diffusée par vidéo depuis le Bureau ovale.

Un passage souvent cité lors des manifestations de la Journée nationale de prière

Depuis des décennies, ce passage des Chroniques constitue un thème central des manifestations annuelles de la Journée nationale de prière. Les organisateurs du marathon America Reads the Bible ont invité Trump à en faire la lecture. «Le fait qu’il ait choisi de lire ce passage est un message fort», a déclaré Bunni Pounds, fondatrice de Christians Engaged, l’organisation à l’origine du projet.

Ce passage a été récité au fil des décennies lors d’innombrables rassemblements, offices et événements, souvent organisés autour de la croyance controversée selon laquelle l’Amérique a été fondée en tant que nation chrétienne et doit se repentir de ses péchés et revenir vers Dieu. Ce passage a été particulièrement associé aux événements annuels commémorant la Journée nationale de prière, qui a pris diverses formes depuis le milieu du XXe siècle et a été fixée par la loi au premier jeudi de mai depuis les années 1980.

Ce verset s’inscrit dans un contexte très éloigné de l’Amérique moderne : il se situe sous le règne du roi Salomon, dans l’Israël antique, il y a environ 3000 ans. Salomon préside à la consécration du premier temple à Jérusalem et, dans une longue prière, il implore la miséricorde divine au cas où une génération future pècherait, serait frappée par une catastrophe militaire ou naturelle, puis se repentirait. Dans le passage clé, Dieu répond par une promesse de restauration.

Les détracteurs affirment que ce passage est utilisé hors contexte

Mais l’utilisation de ce passage dans un contexte moderne suscite des critiques.

Le passage des Chroniques est «un verset populaire parmi les nationalistes chrétiens, et ce depuis un certain temps», a rappelé Brian Kaylor, pasteur baptiste et président et rédacteur en chef de Word&Way, un site progressiste traitant de foi et de politique.

Il a déclaré que son utilisation avait pris un ton partisan et polarisant, souvent associé à la promotion d’une croyance en une Amérique chrétienne dans un pays de plus en plus diversifié.

«Ce verset ne concerne pas les États-Unis», a déclaré Kaylor, auteur de La Bible selon les nationalistes chrétiens : l’exploitation des Écritures à des fins de pouvoir politique. Il s’agit d’»une promesse faite à une personne en particulier à un moment précis. Cela ne tient pas vraiment la route de le sortir de son contexte et de l’appliquer à tout ce que l’on veut.»

Mais beaucoup l’ont fait récemment et au cours des dernières décennies, soit en affirmant que l’Amérique a une destinée divinement ordonnée similaire à celle de l’ancien Israël, soit simplement en déclarant qu’ils croient que chaque nation a le devoir de suivre Dieu et de se repentir lorsque cela est nécessaire.

Le président Dwight D. Eisenhower a prêté serment en 1953, la main posée sur une Bible ouverte au passage du deuxième livre des Chroniques. Le président Ronald Reagan a cité ce passage dans une proclamation instituant la Journée nationale de prière de 1984. Un orateur de la Convention nationale républicaine de 2024 l’a également cité.

La Journée nationale de prière, bien qu’officiellement non confessionnelle, a longtemps suscité un engouement et une participation particuliers de la part des chrétiens évangéliques. La lecture du passage «Si mon peuple» est un élément incontournable de ces événements.

Des personnalités politiques et d’autres participants se joignent au marathon de lecture de la Bible

Les évangéliques — un électorat fidèle au Parti républicain depuis des décennies — ont constitué un pilier essentiel de la base électorale de Trump. Ses rassemblements ont été marqués par un mélange de symboles et de discours chrétiens et patriotiques, avec des chants tels que «God Bless USA» et des t-shirts arborant des slogans comme «Jésus est mon sauveur, Trump est mon président».

De nombreux autres politiciens républicains participent à cette lecture de la Bible, aux côtés de célébrités, de pasteurs et d’autres personnalités. Et Trump n’est pas le seul à lire un passage significatif pour sa fonction ou sa mission.

Mike Huckabee, pasteur baptiste et ambassadeur des États-Unis en Israël, lit un passage de la Genèse dans lequel Dieu dit qu’il bénira ceux qui bénissent Abraham — un passage très apprécié par de nombreux évangéliques qui estiment avoir un mandat biblique pour soutenir Israël.

David Barton, dont l’organisation Wallbuilders promeut la croyance en l’Amérique en tant que nation chrétienne, lira un passage qui a donné son nom à son organisation, dans lequel Néhémie reconstruit les murs brisés de Jérusalem.