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Voici pourquoi des lapins de compagnie errent dans les rues de Saskatoon

«C’est assez triste à voir.»

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Donna Barth pose avec Egg, l'un des lapins qu'elle a recueillis. Donna Barth pose avec Egg, l'un des lapins qu'elle a recueillis.

On aperçoit beaucoup plus souvent des lapins dans les rues de Saskatoon à cette période de l’année. Et non, cela n’a rien à voir avec le lapin de Pâques.

L’association River Haze Street Rabbit Rescue indique qu’elle accueille chaque printemps un afflux de lapins domestiques.

«Ce sont tous des lapins de compagnie apprivoisés que l’on trouve dans les rues de Saskatoon et que j’accueille», a déclaré Donna Barth, fondatrice de l’association.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Le groupe a recueilli huit lapins de compagnie abandonnés au cours des trois dernières semaines.

«Les gens voient les lapins sauvages dehors et pensent que les lapins de compagnie peuvent survivre à l’extérieur, alors ils les relâchent», a-t-elle expliqué.

Les lapins de compagnie sont très différents des lièvres sauvages que l’on voit couramment dans la ville. La plupart d’entre eux ne peuvent pas survivre aux hivers de la Saskatchewan en raison de leur type de fourrure.

Donna Barth tient dans ses bras Egg, un lapin errant trouvé cet hiver. Donna Barth tient dans ses bras Egg, un lapin errant trouvé cet hiver. (CTV News)

Mme Barth, qui a fondé l’organisation en 2018, admet qu’il s’agit d’un refuge très spécialisé, mais elle affirme que le besoin est bien réel.

Le refuge a recueilli au total 145 lapins et en a placé 121 dans des familles à travers la Saskatchewan.

«C’est assez triste de voir ces lapins errants», a dit Janae Brumwell, qui travaille également au refuge. «Nous avons un problème de chats errants et tout le monde s’en préoccupe… Mais peu de gens se rendent compte du nombre de lapins qui sont relâchés.»

Le risque de surpopulation

Dans certaines régions du Canada, les animaux de compagnie abandonnés ont donné naissance à d’énormes populations de lapins envahissants.

Plusieurs parcs de Vancouver sont envahis par des lapins européens envahissants. Il ne s’agit pas d’animaux sauvages indigènes, mais des descendants d’animaux de compagnie abandonnés, selon la Ville de Vancouver.

La Ville indique que les visiteurs des parcs essaient souvent de nourrir et de manipuler les lapins sauvages, ce qui peut poser de graves risques sanitaires tant pour les animaux que pour le public.

Des populations de lapins sauvages ont également été signalées dans toute l’Alberta, tant en milieu urbain que rural, selon l’Alberta Invasive Species Council (AISC).

«En raison des conditions extérieures, les populations de lapins relâchés sont confrontées à des maladies, des prédateurs, la malnutrition et des conditions météorologiques extrêmes. Si beaucoup survivent assez longtemps pour se reproduire, ils mènent une vie bien plus courte et dangereuse à l’état sauvage que s’ils avaient été gardés comme animaux de compagnie», selon l’AISC.

Les lapins européens peuvent se multiplier rapidement. Les femelles peuvent avoir jusqu’à 30 petits en une seule année.

Un lapin errant se cache sous un véhicule dans les rues de Saskatoon. Un lapin errant se cache sous un véhicule dans les rues de Saskatoon. (Courtoisie Donna Barth via CTV News)

S’occuper d’un lapin, ce n’est pas facile

Si les bébés lapins peuvent sembler être un excellent cadeau de Pâques, Mme Barth souligne qu’il est important que les gens se renseignent avant de s’engager.

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles les propriétaires abandonnent leurs lapins de compagnie. Souvent, elle constate que les gens se lancent dans une aventure qui les dépasse, ce qui peut conduire à l’abandon.

«S’occuper de lapins demande beaucoup de soins et je pense que cela devient trop pour certaines personnes qui n’ont pas reçu la formation nécessaire», a-t-elle souligné.

D’autres peuvent être surpris de voir à quel point un bébé lapin peut grandir. À l’âge adulte, les lapins peuvent peser entre un et 15 kilos selon la race.

Les lapins aiment s’activer. Ils ont besoin d’espace pour se déplacer et de stimulation pour rester en bonne santé.

Voici l'un des 121 lapins qui ont trouvé un nouveau foyer. Voici l'un des 121 lapins qui ont trouvé un nouveau foyer. (Via CTV News)

Mme Barth explique que les propriétaires ont tendance à mettre les lapins dans de petites cages achetées en animalerie. Elle précise que celles-ci conviennent davantage comme bacs à litière et que les lapins de compagnie devraient plutôt être gardés dans des enclos pour leur offrir plus d’espace pour se déplacer.

Mme Barth aide à habituer tous les lapins qui passent entre ses mains à la litière afin de les préparer à devenir des animaux de compagnie en liberté.

«Les lapins sont très sociables», a-t-elle rapporté. «Ils apprennent très bien des tours et si vous leur donnez la possibilité de courir et de se promener, ils sont en réalité très intelligents.»

Ils ont également leur propre personnalité.

«Je les vois comme des chiens ou des chats», a indiqué Mme Brumwell. «Ce sont de très bons animaux de compagnie quand on comprend comment ils fonctionnent.»

Les lapins ont besoin d’un accès 24 heures sur 24 au foin ou à l’herbe pour que leur système digestif fonctionne correctement, selon elle. Sinon, ils peuvent développer une stase gastro-intestinale, une affection courante et potentiellement mortelle provoquée par une mauvaise alimentation, le stress ou la douleur.

Donna Barth donne un nom à tous les lapins qui passent par le refuge. Voici Tanisha. Donna Barth donne un nom à tous les lapins qui passent par le refuge. Voici Tanisha.

Une consommation excessive de carottes peut également nuire à la santé d’un lapin.

«Elles conviennent comme toute petite friandise de temps en temps, mais malheureusement, elles sont très riches en sucre», a précisé Mme Brumwell. «Lorsque ce sucre fermente dans leur estomac, cela peut provoquer une stase gastro-intestinale.»

Les lapins domestiques relâchés dans les rues sont exposés à d’autres maladies telles que les acariens et la rhinite, une infection respiratoire.

Chaque lapin qui passe par le refuge est stérilisé grâce à un partenariat avec Corman Park Vet Services.

Cette intervention facilite l’apprentissage de la propreté et peut prolonger la vie des lapines, qui sont sujettes au cancer de l’utérus, selon Donna Barth.

«Si vous pouvez prévenir tout problème de santé en les faisant stériliser, vous allez tout simplement économiser beaucoup de frais vétérinaires», a-t-elle dit.