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Voici pourquoi certains jeunes délaissent leur téléphone intelligent

«La vie est meilleure avec un téléphone à clapet.»

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Alors que de plus en plus de jeunes Canadiens remettent en question leur relation avec les téléphones intelligents et les médias sociaux, un adolescent de Calgary a décidé de découvrir ce qui se passerait s’il y renonçait complètement.

Ce qui a commencé comme un défi personnel pour Jarrett Gross, âgé de 17 ans, s’est transformé en une étude unique sur le cerveau visant à examiner comment la réduction du temps passé devant les écrans affecte le bien-être mental et l’activité cérébrale.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Je ne me sentais jamais bien après», a-t-il dit à propos du fait de passer des heures à faire défiler les médias sociaux. «J’avais toujours l’impression de perdre beaucoup de temps et j’avais aussi de la difficulté à m’arrêter, ce qui, je crois, n’est généralement pas bon signe pour quelque chose que l’on ne veut pas faire, mais que l’on continue de faire quand même.»

En octobre dernier, M. Gross a troqué son téléphone intelligent contre un téléphone à clapet, se privant ainsi d’un accès facile aux médias sociaux. Après avoir constaté une amélioration de son bien-être général, il a voulu savoir si ces changements pouvaient être mesurés scientifiquement.

En collaboration avec le psychologue Blake Ausmus, le jeune a recruté plusieurs de ses amis pour participer à une étude de cas. Les participants ont remplacé leurs téléphones intelligents par des téléphones à clapet pendant deux mois, tandis que M. Ausmus effectuait des imageries cérébrales avant et après l’essai, ainsi que des questionnaires visant à évaluer leur santé mentale.

«Ce que nous avons surtout constaté, c’est une baisse des niveaux de dépression, de stress et d’anxiété», a expliqué le psychologue. «Ils ont chuté, presque immédiatement. Et dès qu’ils ont récupéré leurs téléphones cellulaires, ces niveaux sont remontés en flèche.»

Des changements observés

«Nous avons observé une diminution des ondes cérébrales alpha dans le lobe frontal, ce qui peut être associé au brouillard cérébral», a rapporté M. Ausmus.

Bien que la plupart des participants aient fini par reprendre leurs téléphones intelligents, cette expérience avait modifié de façon permanente bon nombre de leurs habitudes, selon Jarrett Gross.

«Certains jouaient à des jeux en continu pendant le dîner. C’est ce qu’ils faisaient au lieu de parler aux gens. Ils ont tout simplement cessé de jouer à des jeux vidéo. Il y a donc clairement eu un changement, même par la suite, dans la façon dont ils utilisent leurs téléphones intelligents», a-t-il avancé.

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M. Gross, quant à lui, continue d’utiliser un téléphone à clapet. «C’est plutôt bien. Je préfère largement ça», a-t-il avoué. «Je pense que la vie est meilleure avec un téléphone à clapet.»

L’évolution des attitudes envers les téléphones intelligents se reflète également sur le marché.

Le retour du téléphone à clapet

Jerry Edeh, propriétaire de Formidable Wireless, une entreprise de commerce en ligne spécialisée dans les téléphones remis à neuf, a expliqué que les téléphones à clapet étaient autrefois achetés presque exclusivement par des aînés qui trouvaient les téléphones intelligents trop compliqués à utiliser.

«Il y a peut-être cinq ans, ce n’étaient que les aînés qui achetaient des téléphones à clapet», a-t-il rapporté. «Mais aujourd’hui, on constate que même la jeune génération achète des téléphones à clapet.»

M. Edeh a ajouté que les parents achètent également de plus en plus souvent des téléphones à clapet pour leurs enfants.

«Je leur demande: “Pourquoi achetez-vous un téléphone à clapet pour votre enfant?”», a-t-il raconté. «Ils répondent : “Parce que je ne veux pas qu’il utilise les médias sociaux.”»

Pour Jarrett Gross, s’éloigner des médias sociaux l’a rendu plus présent dans sa vie quotidienne.

Il espère que son expérience encouragera d’autres personnes à examiner de plus près le temps qu’elles passent devant leur écran et à se demander si passer moins de temps sur leur téléphone pourrait améliorer leur bien-être.