Le sort d’un homme de Guelph, en Ontario, met en évidence la situation désastreuse à laquelle certaines personnes sont confrontées pendant l’hiver rigoureux du sud de l’Ontario.
Jeudi, un homme prénommé Rob a fait visiter sa petite maison à CTV News Kitchener. La structure a été construite au milieu d’une zone boisée dans un parc situé au sud de la ville.
«Les deux dernières années ont été un véritable enfer», a-t-il expliqué.
Rob a dit qu’il souffrait d’une lésion cérébrale et de troubles mentaux.
Lorsqu’il a perdu son logement, il a essayé de vivre avec sa famille, mais cette solution n’a pas fonctionné. Il a déclaré que le système d’hébergement l’avait également laissé tomber.
«Je dormais dans les cages d’escalier des immeubles, d’où j’ai été expulsé», a avancé Rob.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
Pendant l’été, il a installé une tente dans le même parc où il vit actuellement. Mais lorsque le froid s’est installé, il a dû trouver une nouvelle solution pour échapper aux températures dangereusement basses.

Le gendre de Rob, qui travaille dans le bâtiment, a décidé de prendre les choses en main.
«Est-il légal de construire une maison dans les bois ? Non, car nous ne sommes pas propriétaires du terrain», a admis Jesse Damery. «Nous n’avons pas de permis. Mais est-il juste de laisser un homme sans aide, sans ressources et sans solution au milieu de l’hiver ? Ce n’est pas juste.»
Le nouvel abri de Rob comprend un lit, un poêle à bois avec un conduit de fumée et un espace pour ranger ses affaires.
«J’ai examiné tout ce qu’il fallait faire pour que cela soit sûr, tant pour la communauté que pour Robert lui-même», explique M. Damery.
Bien que cette petite maison offre un refuge contre les éléments, il lui manque encore certaines fonctionnalités essentielles. Quand il a besoin d’aller aux toilettes, de prendre une douche ou de faire sa lessive, Rob se rend chez M. Damery.
Mais en fin de compte, Rob dit qu’il se sent plus en sécurité dans cette petite maison que dans un refuge ou dans la rue.
«Je fais plus confiance à la meute de coyotes sauvages qu’à certaines personnes», dit-il.
Cependant, Rob pourrait bientôt se retrouver à nouveau à la recherche d’un endroit où loger.
Damery explique qu’un agent municipal, un policier et un travailleur en santé mentale se sont rendus sur place et ont dit à Rob que sa petite maison devait être démolie.
«Une fois la structure démolie, il aura le droit de monter une tente exactement au même endroit et d’y vivre. En plein hiver. À -30 [degrés Celsius]», explique M. Damery.

Le règlement sur l’utilisation des espaces publics de la ville de Guelph régit les endroits où les gens peuvent installer des abris temporaires. Bien qu’il n’interdise pas les structures temporaires, une partie du règlement stipule que les gens ne peuvent «ériger, faire ériger ou occuper toute structure ou tout abri non autorisé qui est fixé au sol [...] ou qui est de nature permanente ou immobile».
Les structures temporaires et mobiles sont autorisées par le règlement, mais certaines dispositions définissent les endroits où elles peuvent être installées.
Un agent chargé de l’application du règlement peut ordonner le démantèlement de toute structure qui enfreint les règles.
M. Damery a décrit la mini-maison comme une «structure semi-permanente» et a dit qu’elle pouvait être déplacée. Elle était également construite sur des blocs, et non sur le sol.
«La ville est chargée de faire respecter les règlements municipaux, notamment le règlement sur l’utilisation des espaces publics de Guelph, ainsi que d’autres législations relatives aux abris et aux bâtiments (telles que le Code de prévention des incendies de l’Ontario, le Code du bâtiment de l’Ontario et la Loi sur les bâtiments, etc.) afin de garantir la sécurité de la communauté», a déclaré la ville de Guelph dans un communiqué adressé à CTV News.
À VOIR AUSSI
«Malheureusement, nous ne pouvons pas parler de sites ou d’enquêtes spécifiques pour des raisons de confidentialité», indique le communiqué.
Jeudi après-midi, la petite maison de Rob était toujours debout.
«Essayer d’avoir un peu de dignité et de fierté et de rester en sécurité. C’est tout ce que j’essaie de faire : survivre», a-t-il déclaré.
Pour l’instant, Damery espère que cette petite maison ne sera qu’une solution temporaire à un problème beaucoup plus vaste.

«Pour l’instant, nous vivons au jour le jour», a-t-il affirmé. «C’est la seule option dont nous disposons actuellement. Demain sera un nouveau jour et peut-être qu’une nouvelle option se présentera.»
Le duo espère que leur histoire mettra en lumière les besoins des personnes qui n’ont nulle part où aller.
«Ce problème ne fait qu’empirer. On ne peut pas tout balayer sous le tapis sans que cela finisse par ressortir. Et cela ressort», a déclaré Damery.
«Quand quelqu’un se noie, on n’a pas besoin qu’on vous jette des ancres», a imploré Rob.

