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Vélos électriques: les parents doivent-ils être tenus responsables lorsque leurs enfants se blessent?

Le nombre de blessures graves et de décès augmente chez les enfants victimes d’accidents impliquant des vélos électriques aux États-Unis.

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Comment prévenir des blessures ou accidents graves en trottinettes électriques? Appareil de transport personnel motorisé: le Service de police de Saguenay a rappelé aux usagers les règles à connaitre.

Alors que le nombre de blessures graves et de décès augmente chez les enfants victimes d’accidents impliquant des vélos électriques et d’autres véhicules motorisés, un procureur californien sévit en intentant des poursuites criminelles contre certains parents de ces jeunes conducteurs.

Ce n’est là qu’une des façons dont les autorités à travers le pays tentent de s’attaquer à ce problème croissant, tandis que les familles doivent s’y retrouver dans un dédale de lois et de directives locales visant à déterminer quels types de vélos et de trottinettes modifiés sont sécuritaires, voire légaux, pour leurs enfants.

Le maire de New York, Zohran Mamdani, a récemment envoyé des avis de cessation et d’abstention à des dizaines de détaillants en ligne pour avoir vendu des produits présentés comme des «vélos électriques» mais non homologués pour la route, après le décès d’un adolescent de 17 ans dans un accident survenu alors qu’il conduisait un véhicule illégal. Dans l’État voisin du New Jersey, une nouvelle réglementation exige que les conducteurs de vélos électriques aient au moins 15 ans et obtiennent un permis ainsi qu’une immatriculation du véhicule.

Mais ces mesures sont-elles efficaces? Les défenseurs du cyclisme craignent que les règlements ne soient trop généraux — diabolisant les vélos électriques de faible puissance au lieu des motos plus rapides — tandis que certains parents se demandent si des stratégies locales et fragmentaires suffisent.

Monica Stafford, une mère de la région de San Francisco dont la fille adolescente s’est fracturé le crâne en tombant d’un vélo électrique, a déclaré que les autorités «manquent la cible» si elles cherchent à rejeter la responsabilité uniquement sur les parents. Cette résidente de San Rafael estime qu’un ensemble de règles nationales unifiées est nécessaire.

«C’est le Far West total en matière de lois», a-t-elle déploré. «Être en faveur de lois fondées sur le bon sens ne signifie pas que l’on est contre les vélos électriques, tout comme on peut être en faveur des autos sans pour autant penser qu’il est sécuritaire de confier les clés à un enfant de 10 ans.»

Les blessures touchent de manière disproportionnée les enfants

Ces engins à deux roues sont devenus quasi omniprésents ces dernières années, qu’il s’agisse de groupes d’adolescents filant à toute allure dans les villes balnéaires californiennes ou de l’armée de livreurs slalomant entre les voitures dans les rues encombrées de Manhattan.

Comme on pouvait s’y attendre, les visites à l’hôpital pour des blessures liées aux vélos électriques, aux trottinettes électriques et à d’autres véhicules motorisés ont grimpé en flèche à mesure que leur popularité augmentait, comme l’ont montré de nombreuses études. Mais les chercheurs soulignent que les tendances les plus préoccupantes sont la gravité des blessures et le fait qu’elles soient particulièrement marquées chez les enfants.

«La principale conclusion est que les blessures sont généralement plus graves que si les personnes avaient utilisé un vélo à pédales traditionnel», a expliqué le Dr John Austin, médecin à la Faculté de médecine de l’Université de la Californie à San Diego, qui a dirigé une étude à l’échelle de l’État récemment publiée. «Dans l’ensemble, ces patients ont tendance à être plus jeunes, à ne pas porter de casque et, par conséquent, à subir des blessures plus graves.»

Les derniers décès incitent les autorités à agir

La plupart des vélos électriques sont classés comme des véhicules non motorisés, au même titre que les vélos traditionnels en vertu de la loi fédérale, ce qui signifie que les utilisateurs n’ont pas besoin de permis, d’assurance ni même de porter un casque. La plupart des États ont toutefois adopté des exigences supplémentaires pour les appareils plus puissants, notamment un âge minimum et le port obligatoire du casque.

À New York, le décès d’un adolescent de 17 ans à quelques pas de l’hôtel de ville a relancé le débat sur ces vélos. Gabriel Nacato conduisait un véhicule présenté comme un «vélo électrique», mais dont l’utilisation n’était pas autorisée dans les rues de la ville.

Plus tôt ce mois-ci, le maire Zohran Mamdani a averti plus de 40 détaillants en ligne, dont Amazon, Walmart et Target, qu’ils s’exposaient à des amendes pouvant atteindre 2000 $ pour chaque vente d’un vélo électrique non conforme à la réglementation municipale.

L’État de New York exige que les utilisateurs de toutes les formes de vélos électriques aient au moins 16 ans, et la ville de New York impose des restrictions supplémentaires, notamment une limite de vitesse de 24 km/h. La Californie, en revanche, n’impose pas d’âge minimum à l’échelle de l’État pour les vélos de faible puissance, bien que les utilisateurs doivent avoir au moins 16 ans pour utiliser des vélos électriques pouvant atteindre 45 km/h.

Le New Jersey et l’Illinois font partie des États qui ont récemment adopté des règlements à l’échelle de l’État, et le Massachusetts envisage actuellement des mesures. Entre-temps, le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, a opposé son veto en juin à une limite de vitesse de 16 km/h et à d’autres règlements sur les vélos électriques, affirmant que ces mesures conduiraient à une «surveillance accrue» des citoyens.

D’autres juridictions cherchent à tenir les parents responsables

En Californie du Sud, le procureur du comté d’Orange, Todd Spitzer, indique que son bureau mène actuellement plus d’une vingtaine d’enquêtes contre des parents après avoir mis sur pied une nouvelle unité chargée des affaires liées aux vélos électriques et aux motocyclettes électriques impliquant des enfants.

Le bureau a déjà porté des accusations contre quatre personnes, dont la mère d’un garçon de 14 ans accusé d’avoir tué un piéton âgé alors qu’il conduisait une motocyclette électrique.

L’avocat de cette mère a refusé de commenter, mais Mitchell Krems, l’avocat d’un autre parent, a qualifié les accusations portées contre son client d’«absurdes», suggérant que celui-ci servait de «bouc émissaire».

Richard Eyssallenne a plaidé non coupable aux accusations de mise en danger d’un enfant après que les procureurs eurent affirmé qu’il avait acheté une moto électrique à son fils de 12 ans et l’avait aidé à la modifier illégalement pour la rendre plus rapide. Le garçon a brûlé un feu rouge et a été blessé par une auto.

D’autres juridictions ont également pris des mesures pour tenir les parents responsables. En Ohio, une banlieue de Columbus a récemment adopté de nouvelles règles sur les vélos électriques précisant que les parents qui permettent sciemment à leurs enfants d’enfreindre les règles s’exposent aux mêmes sanctions que le conducteur.

Les motocyclettes électriques montrées du doigt

PeopleForBikes, un groupe national de défense du vélo qui suit de près les réglementations étatiques sur les vélos électriques, a souligné que bon nombre des véhicules problématiques sont en réalité des motocyclettes électriques dotées de châssis lourds, de pneus robustes et de moteurs puissants, commercialisées à tort comme des vélos électriques.

Les vélos électriques de faible puissance et à assistance au pédalage sont utilisés en toute sécurité depuis des décennies sur les rues américaines et jouent un rôle clé dans la réduction de la dépendance de la société à l’égard de l’auto, affirment les défenseurs du vélo.

«Bon nombre des comportements dangereux que les gens mentionnent — griller des feux rouges, rouler sur les trottoirs, ne pas porter de casque — sont déjà illégaux», a ajouté Chloé Lauer, directrice générale de la San Diego County Bike Coalition. «Nous préférerions que ces lois soient appliquées plutôt que d’ajouter de nouvelles restrictions qui limitent la mobilité des jeunes qui roulent de façon responsable.»

Anya Dalal, une élève de dernière année du secondaire de la région de San Francisco qui milite en faveur de meilleures mesures de sécurité, estime que le problème nécessite des solutions multiples, notamment la mise en place de limites d’âge.

«Il faudrait un mélange de responsabilité parentale, de responsabilité de la part des fabricants et des détaillants, ainsi qu’une sensibilisation des jeunes pour qu’ils comprennent les lois sur les vélos électriques et le code de la route», a soutenu cette résidente de Hillsborough âgée de 17 ans.

Sharon Franke, une mère de famille de la région de San Diego, partage cet avis, même si elle précise que la première étape commence à la maison : les parents doivent se renseigner, accompagner leurs enfants lors de leurs sorties et leur rappeler les consignes de sécurité une fois qu’ils partent seuls.

«Nous voulons qu’ils s’amusent, mais nous voulons aussi qu’ils reviennent sains et saufs et nous ne voulons pas qu’ils blessent quelqu’un», a-t-elle dit alors que ses fils, âgés de 15 et 12 ans, se préparaient à participer à une formation sur la sécurité la fin de semaine dernière. «Comment trouver l’équilibre entre tout ça? C’est tout simplement accablant en ce moment.»