L’affaire de viol collectif dans laquelle une jeune femme de 20 ans aurait été agressée sexuellement pendant plusieurs heures par sept étudiants de l’Université Cornell continue de faire réagir jusqu’au Québec. Une pétition réclamant la légalisation du viol a d’ailleurs circulé dans une école secondaire des Cantons-de-l’Est cette semaine.
Ce phénomène s’expliquerait notamment par les contenus misogynes qui polluent les réseaux sociaux, prévient Mélanie Lemay, cofondatrice du mouvement Québec contre les violences sexuelles.
«On constate que les jeunes ont accès à toutes sortes de contenus en ligne, que ce soit de la pornographie ou de la violence misogyne et ça crée un climat dans lequel on banalise et on normalise les actes de violence sexuelle», a-t-elle expliqué en entrevue avec Noovo Info.
Selon elle, l’affaire de l’Université Cornell illustre d’ailleurs les conséquences que peut avoir la banalisation des violences sexuelles.
«(Les étudiants qui seraient impliqués dans l’agression) ont distribué l’accès au corps de cette jeune comme si rien n’était», déplore Mme Lemay.
Elle souligne que la société a un rôle à jouer pour que les jeunes deviennent des «témoins actifs» et mettent un frein à la violence sexuelle lorsqu’ils en sont témoins.
Le gouvernement doit agir
Mme Lemay croit que le Québec devrait se doter d’une loi qui permettrait de mieux outiller les écoles et les jeunes à agir face aux cas de violence auxquels ils sont exposés.
«On constate que dans les écoles primaires et secondaires, il y a un vide juridique pour ce qui est de protéger les jeunes contre les violences sexuelles», dit-elle.
Mme Lemay soutient que ce vide a des conséquences sur les victimes qui, comme dans le cas de Cornell, se retrouvent seules et abandonnent.
«Les victimes, lorsqu’elles constatent que l’institution n’est pas aussi outillée pour intervenir adéquatement, ce sont elles qui écopent. Elles préfèrent donc se retirer du contexte violent plutôt que de s’exposer à nouveau à leur agresseur», explique-t-elle.
C’est la raison pour laquelle il faut faire mieux. Au Québec, des histoires de jeunes qui ont dû lâcher leur école […] ça arrive et ça mène au décrochage», ajoute la cofondatrice du mouvement Québec contre les violences sexuelles.
Elle espère que le prochain gouvernement, qui sera élu le 5 octobre, prendra les choses en main pour mieux protéger nos jeunes face aux violences sexuelles.
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