D’un océan à l’autre, le Canada regorge de merveilles routières exceptionnelles.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
On dénombre plus de 1500 attractions routières à travers le pays, mais un expert prévient que ces œuvres emblématiques pourraient bien être en voie de disparition.
«(Ces attractions) permettent aux gens de quitter la route pour vivre une petite expérience inédite et rafraîchissante», a expliqué vendredi Wayne Smith, directeur de la recherche en hôtellerie et tourisme à l’Université métropolitaine de Toronto, à l’émission CTV Your Morning.
Ces attractions ont vu le jour à la suite de la construction de l’autoroute transcanadienne, a précisé M. Smith. Auparavant, les gens qui traversaient le pays devaient passer par toutes les villes qui parsèment l’intérieur du Canada, a-t-il expliqué, mais l’autoroute a permis aux conducteurs d’éviter tout cela.
En réponse, les villes ont construit des attractions pour encourager les conducteurs à faire un détour et soutenir leur économie, a expliqué M. Smith.
«On incite les touristes à quitter la route, et c’est vraiment bénéfique pour les endroits qui ne disposent pas nécessairement d’une multitude d’hôtels ni de grandes attractions, mais qui ont quelque chose qui va retenir les gens pendant plusieurs jours», a-t-il dit. Ces attractions peuvent ainsi attirer des visiteurs ne serait-ce que pour quelques heures.
«Ce qui est formidable d’un point de vue économique.»
— Wayne Smith, directeur de la recherche en hôtellerie et tourisme à l’Université métropolitaine de Toronto
«Un rôle important»
Ces attractions peuvent également servir de mascottes à des villes qui, autrement, passeraient inaperçues, a ajouté M. Smith.
«Les éléments emblématiques jouent un rôle important dans tout tourisme», a-t-il soutenu. «Que serait Toronto sans sa grande tour?»
Drumheller, en Alberta, abrite Tyra le T-Rex, la plus grande sculpture de dinosaure au monde. L’Alberta est réputée pour ses découvertes de fossiles, ce qui explique en partie pourquoi Tyra s’est installée dans cette ville.

Shediac, au Nouveau-Brunswick, possède une longue tradition de pêche au homard et organise chaque année un festival du homard. La ville abrite une sculpture de 90 tonnes appelée «Le plus gros homard du monde». Cette œuvre d’art rend hommage à l’histoire de la ville et à ses habitants, dont bon nombre travaillent dans l’industrie de la pêche commerciale ou y ont des liens familiaux.

Sudbury, en Ontario, a une histoire similaire avec sa pièce géante en nickel et son riche passé minier.
«Si vous pensez à la grande pièce de nickel, elle vous dit tout ce que vous devez savoir sur l’histoire de Sudbury en à peu près deux minutes», a indiqué M. Smith.
«Ce genre de choses possède son propre art, son propre attrait et incarne véritablement l’esprit canadien.»
«Pas besoin de milliers d’emplois, elles ont besoin de quelques dizaines d’emplois»
Ces attractions peuvent constituer une bouée de sauvetage économique pour certaines petites villes, a déclaré M. Smith. Lorsque les voyageurs empruntent les grandes autoroutes canadiennes, une attraction originale de grande envergure – qu’il s’agisse d’un dinosaure, d’une pièce de nickel ou de quoi que ce soit d’autre – peut attirer les touristes, et leur argent, dans l’orbite économique d’une collectivité, même si ce n’est que temporairement, a-t-il expliqué.
La combinaison d’attractions traditionnelles et d’entreprises locales peut créer des emplois locaux pour les membres de la collectivité, a affirmé M. Smith. «Il y a une grosse pomme, et juste à côté de cette grosse pomme, il y a une boulangerie et un mini-golf», a-t-il ajouté, en évoquant l’attraction routière de Colborne, en Ontario.
«Cette grosse pomme attire tout simplement les gens hors de l’autoroute et les amène dans cette petite zone économique», a-t-il exprimé.

«Si on y réfléchit bien, ces villes n’ont pas besoin de milliers d’emplois, elles ont besoin de quelques dizaines d’emplois pour vraiment faire une différence dans cette ville.»

