Carole Gagnon a passé un samedi soir typiquement passionnant pour une mélomane: une soirée consacrée à la musique de Stravinsky à la Maison symphonique, suivie d’un autre concert de la sensation locale Angine de Poitrine au Club Soda, situé tout près.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
Mais le fait d’être une Montréalaise passionnée d’art ne l’a pas protégée de l’autre source de renommée de la ville: les nids-de-poule.
«Je marchais dans cette direction parce que je venais du Club Soda, mon disque dans une main et mon t-shirt dans l’autre, et je me suis retrouvée… en plein vol», a raconté Mme Gagnon.
Son pied s’est pris dans un nid-de-poule au coin du boulevard Saint-Laurent et de l’avenue Viger Ouest.
«À cause de l’obscurité et de la pluie, je ne l’ai pas vu et je n’étais pas ivre», a expliqué Mme Gagnon, qui est dans la cinquantaine.
Malgré la douleur lancinante, elle a regagné son domicile situé à quelques pâtés de maisons de là, dans le Vieux-Montréal. Son médecin a confirmé sa pire crainte: elle souffrait d’une fracture à la cheville.
Elle ne pourra pas travailler pendant quelques semaines. Elle a déposé une plainte auprès de la Ville de Montréal. Son histoire a fait l’objet d’une large couverture médiatique et, à la grande surprise de Mme Gagnon, le trou, ainsi que de nombreux autres aux alentours, sont toujours là cinq jours plus tard.
«Ce matin, en arrivant, je me suis dit que le trou avait peut-être déjà été réparé, car il avait fait l’objet d’un article dans le journal il y a deux jours. Tout le monde en parle. Pourtant, il est toujours là.»
— Carole Gagnon
CTV News a contacté l’hôtel de ville pour savoir pourquoi il n’avait pas été réparé et pour obtenir des informations sur les travaux de réparation des nids-de-poule, mais personne n’était disponible pour une entrevue.
Pour Mme Gagnon et de nombreux Montréalais, la frustration a désormais cédé la place à l’apathie face à l’état déplorable des routes.

