Une Montréalaise s’apprête à mettre les voiles pour un voyage en solitaire le long du fleuve Saint-Laurent.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Se faisant appeler le «Courrier du Fleuve», Gwenn Duval, navigatrice chevronnée et océanographe de formation, voyagera de Montréal à l’Île-aux-Coudres pour livrer des lettres et faire découvrir aux gens les merveilles du plancton microscopique.
«Je veux que les gens cherchent et découvrent tous les liens qu’ils peuvent tisser avec l’eau», a expliqué Mme Duval.

Cette femme de 33 ans navigue pratiquement depuis sa naissance; ses parents ont nourri sa passion pour la voile dès son plus jeune âge, alors que la famille vivait en Bretagne, en France.
«La première fois qu’elle est montée à bord d’un bateau, c’était encore un tout petit bébé», a raconté sa mère, Sanja Stojanovic. «Après ça, elle a navigué très souvent. Je crois qu’à environ quatre ans, elle était déjà capable de barrer un bateau toute seule, avec nous à ses côtés, mais elle en était tout à fait capable.»

Mme Duval a terminé la course transatlantique Transat Québec-Saint-Malo en 2024 avec un équipage entièrement féminin.
Elle s’apprête maintenant à entreprendre un voyage en solitaire à bord du Méaban, son petit Seil 18 en bois, un bateau à voile et à rames propulsé uniquement par le vent et la force musculaire de Duval.

Elle prévoit mettre les voiles le 9 août depuis le parc Clémentine-de-la-Rousselière, à l’extrémité est de Montréal, et parcourra environ 400 kilomètres le long du fleuve Saint-Laurent avant d’atteindre l’Île-aux-Coudres vers le 15 septembre.
En chemin, elle fera escale dans au moins 11 collectivités, où elle animera des ateliers pour sensibiliser la population au plancton qui alimente l’écosystème du fleuve.
Mme Duval est reconnaissante de pouvoir utiliser le puissant microscope Curiosity lors de ses ateliers, prêté par l’entreprise.
Elle prélèvera de l’eau à la marina et projettera sur grand écran, à l’intention des participants, les organismes fascinants qu’elle observera au microscope.
«On peut prélever un peu d’eau où il n’y a rien, et ensuite on peut l’observer?», s’émerveille-t-elle.
«J’ai vu la fascination dans les yeux des autres, et ça, j’adore ça.»
— Gwenn Duval
Les ateliers ont été conçus en collaboration avec les Macronautes, un collectif d’artistes spécialisé dans l’éducation environnementale.

Après l’exercice au microscope, elle encouragera les participants à écrire des lettres à des inconnus au sujet de la rivière. Elle prévoit remettre les lettres en mains propres d’une communauté à l’autre, ce qu’elle compare à l’envoi d’un message dans une bouteille.
«Je vous suggère d’écrire à quelqu’un de votre âge, avec qui vous êtes lié par la rivière», a raconté Mme Duval.
Les conditions pourraient être difficiles, voire dangereuses, une fois qu’elle aura dépassé la ville de Québec. Il y a de nombreux courants puissants dans cette région, qui peuvent provoquer de grosses vagues.
Malgré tout, Mme Stojanovic se dit confiante dans les capacités de sa fille.
«Elle connaît très bien la rivière, elle connaît la météo, les courants, et elle ne partira pas si ce n’est pas le bon moment», a-t-elle dit.
De nombreux ports de plaisance situés le long de son parcours ont invité Mme Duval à y faire escale. Elle se dit reconnaissante de ce soutien, qui l’aidera à boucler son budget. Elle mène également une campagne de financement participatif pour couvrir les coûts des arrêts restants de son itinéraire.
Les gens peuvent suivre l’aventure de Mme Duval sur son compte Instagram.
Elle espère que son périple aidera d’autres personnes à prendre conscience de l’importance de protéger la rivière.
«Quand on ressent très fortement ce lien avec la nature, on ne veut pas lui faire de mal. On a l’impression de faire partie d’un monde de plancton!»
Itinéraire jusqu’à présent
(* - invitée par la marina)
- 9 août: Départ - Montréal (Parc Clémentine de la Rousselière)
- Contrecœur *
- Sorel-Tracy *
- Trois-Rivières *
- Batiscan
- Portneuf
- Neuville
- Lévis *
- Québec
- Île d’Orléans *
- Monmagny ou Berthier-sur-mer
- Saint-Jean-Port-Joli
- 15 septembre (environ) Arrivée : L’île aux-Coudres

