Une militante pour les droits des animaux originaire de la Saskatchewan fait partie des personnes détenues au large de Reykjavik, la capitale de l’Islande, à bord d’un navire exploité par un groupe fondé par le militant anti-chasse à la baleine Paul Watson.
La Garde côtière islandaise a arraisonné jeudi le navire de protestation Bandero et a placé son équipage en détention. Les membres d’équipage se trouvent désormais dans une situation incertaine, a indiqué Shannon Mann, une Canadienne qui se trouve à bord.
«On nous dit que nous ne sommes pas en état d’arrestation, mais on nous dit aussi que nous ne pouvons pas quitter le navire. Nous ne sommes donc pas autorisés à mettre le pied à terre, mais nous ne pouvons pas non plus quitter l’Islande», a-t-elle expliqué.
La chaîne nationale islandaise RUV a rapporté que la police cherchera à expulser l’équipage et à lui interdire de revenir en Islande.
La Garde côtière islandaise a indiqué que la saisie du navire faisait suite à une demande d’aide formulée jeudi soir par l’équipage du baleinier Hvalur 9, qui estimait que sa sécurité était menacée. Elle a précisé que le Bandero avait ignoré les instructions des gardes-côtes lui ordonnant de quitter les eaux islandaises, puis un ordre de couper ses moteurs.
Les gardes-côtes et les forces spéciales de la police, la «Viking Squad», ont arraisonné le navire vers minuit jeudi et ont placé son équipage en détention. Watson ne se trouvait pas à bord.
«Ils ont rassemblé tout l’équipage, nous ont mis dans une seule pièce, puis ont pris le contrôle du navire et l’ont ramené au port.»
— Shannon Mann
La Fondation du capitaine Paul Watson a confirmé dans un communiqué que le navire avait été saisi et a indiqué que les 21 membres d’équipage étaient détenus à bord sans leurs téléphones. L’organisme a également affirmé que l’équipage s’était vu refuser l’accès à son avocat et que la police avait refusé de leur montrer un mandat pour fouiller le navire et saisir certains de leurs biens.
Vendredi, les forces de l’ordre ont interrogé les membres de l’équipage et leur ont demandé de signer des documents juridiques en islandais, a indiqué Mme Mann. Elle a ajouté qu’on ne leur avait pas expliqué les raisons de leur détention.
«On nous a dit que nous n’étions pas arrêtés, mais que nous n’avions pas le droit de quitter le navire pendant une période pouvant aller jusqu’à quatre semaines», a-t-elle déclaré.
Mme Mann a commencé à faire du bénévolat au sein de la Sea Shepherd Conservation Society en 2006. Résidant aujourd’hui à Calgary, elle se trouvait en Islande en tant que matelot à bord du Bandero dans le cadre de l’Opération 86 de la fondation, qui vise à mettre fin à la chasse à la baleine dans ce pays insulaire de l’Arctique.
Avec la Norvège et le Japon, l’Islande est l’un des seuls pays à pratiquer encore la chasse commerciale à la baleine. Cette pratique suscite de plus en plus de controverses en Islande, où la viande de baleine est désormais rarement consommée.
Cette pratique ternit la réputation du pays, estime Mme Mann.
«C’est un magnifique pays peuplé de gens merveilleux, et à l’heure actuelle, il est surtout connu pour la chasse à la baleine», a-t-elle soutenu.
Né au Canada, M. Watson, âgé de 75 ans, est un ancien dirigeant de la Sea Shepherd Conservation Society, dont les affrontements en haute mer avec des baleiniers ont suscité le soutien de célébrités, ont fait l’objet de l’émission de téléréalité Whale Wars et lui ont régulièrement valu des séjours en prison. Il a quitté Sea Shepherd en 2022 pour créer sa propre fondation.
M. Watson a été emprisonné au Groenland pendant cinq mois en 2024 après avoir été arrêté en vertu d’un mandat japonais pour avoir entravé les activités d’un baleinier en 2010. En 2012, il a fait l’objet d’une «alerte rouge» de la part de l’organisation policière internationale Interpol. Il a été retiré de la liste des personnes les plus recherchées en 2025.
Ses tactiques radicales ont divisé le mouvement qu’il a fondé, et les entreprises maritimes ont accusé les militants anti-chasse à la baleine de mettre en danger les navires et des vies humaines.
Plus tôt cette année, le Bandero est entré en collision avec un chalutier industriel de krill en Antarctique; selon le propriétaire norvégien du navire, il s’agissait d’une attaque délibérée qui a mis en danger son équipage et aurait pu causer une catastrophe environnementale.
