Société

Une microbrasserie montréalaise accusée de cibler les mineurs avec une bière aux bonbons

«Les gens aiment ce genre de bière.»

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Le Saint-Bock, situé rue Saint-Denis, brasse des bières de spécialité aux saveurs de bonbons. (CTV News) Le Saint-Bock, situé rue Saint-Denis, brasse des bières de spécialité aux saveurs de bonbons. (CTV News)

Le propriétaire d’une microbrasserie montréalaise affirme être injustement pris pour cible par la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) du Québec.

Le Saint-Bock, situé sur la rue Saint-Denis, brasse des bières de spécialité aux saveurs de bonbons. La RACJ l’accuse de commercialiser ses produits auprès des mineurs.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Les gens aiment ce genre de bière», a confié Martin Guimond, propriétaire du Saint-Bock. «C’est différent, mais il existe un marché pour les personnes qui n’aiment pas la bière et qui veulent une bière au goût de bonbon.»

Les boissons alcoolisées aux saveurs de bonbons sont une tendance que d’autres grandes brasseries sont également en train de suivre. Coors a lancé une gamme de sodas aux saveurs de granités, et la SAQ vend désormais un soda à la vodka Popsicle.

«Ils n’ont jamais été poursuivis. Mais moi, oui», a rapporté M. Guimond.

La RACJ l’accuse de commercialiser et de promouvoir des produits destinés aux mineurs, ce qui constitue une violation de la loi québécoise sur les permis d’alcool.

Est-ce que l’industrie des microbrasseries se porte bien au Québec? Entrevue avec Marie-Ève Myrand, directrice générale de l'Association des microbrasseries du Québec.

«Nous sommes d’avis que les noms des produits, leurs couleurs, les images sur les canettes et, dans certains cas, la manière dont le produit est présenté sont des facteurs qui rendent probable que les publicités puissent inciter un mineur à consommer ces boissons alcoolisées», a écrit un avocat de la RACJ dans un courriel adressé à M. Guimond, le convoquant pour qu’il se défende devant le tribunal de la commission.

La RACJ n’a pas répondu lundi à la demande d’entrevue de CTV News.

«Je brasse de la bière depuis 20 ans», a indiqué M. Guimond. «Nous ne brasserons jamais d’alcool pour les enfants. C’est à partir de 18 ans. C’est la loi.»

Cette épreuve lui a déjà coûté 5000$ en frais juridiques, une facture qui devrait grimper à 50 000$ ou 60 000$ selon lui.

«C’est la période des séries éliminatoires en ce moment, c’est donc l’un des rares moments de l’année où je vais pouvoir gagner un peu d’argent, probablement pour passer l’hiver», a expliqué M. Guimond, qui admet que sa brasserie connaît des difficultés financières.

«Mais je ne pourrai pas le faire, car je devrai donner cet argent à mon avocat», a-t-il conclu.

Si Martin Guimond est reconnu coupable par la commission, il pourrait être contraint de modifier sa stratégie marketing, voire de perdre son permis de brassage.