Société

Une longue convalescence attend les patients souffrant de brûlures graves

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Des ambulanciers chargent un blessé dans leur ambulance au Wainwright Health Centre alors que des soldats blessés reçoivent des soins à la suite d'un incendie à la base des Forces armées de Wainwright, en Alberta, le samedi 17 octobre 2026. LA PRESSE... Des ambulanciers chargent un blessé dans leur ambulance au Wainwright Health Centre alors que des soldats blessés reçoivent des soins à la suite d'un incendie à la base des Forces armées de Wainwright, en Alberta, le samedi 17 octobre 2026. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (John Ulan)

Les spécialistes des grands brûlés de Toronto et d’Hamilton affirment que leurs hôpitaux sont prêts à venir en aide à leurs confrères de l’Alberta, qui prennent en charge des dizaines de patients blessés lors de l’incendie dévastateur survenu samedi à la base des Forces canadiennes de Wainwright.

Bien qu’ils ne connaissent pas l’état de santé précis des 39 patients hospitalisés, dont 19 se trouvent dans un état critique, ils ont souligné que la guérison de brûlures graves est un processus long et douloureux, marqué par un risque élevé d’infection.

Le Dr Alan Rogers, chirurgien spécialisé dans les brûlures au Centre de traitement des brûlés Ross Tilley du Sunnybrook Health Sciences Centre, a indiqué que l’hôpital est prêt à accueillir des patients si les centres de traitement des brûlés de Calgary et d’Edmonton ont besoin de renfort, et qu’il pourrait également leur envoyer de la peau congelée provenant de la banque de tissus de Sunnybrook.

Le Dr Rogers a précisé que l’âge et les maladies chroniques sont des facteurs qui influent sur les chances de guérison des patients gravement brûlés.

Il a mentionné qu’il est possible pour des adultes jeunes et en bonne santé de survivre à des brûlures touchant 80 % de leur corps, bien que d’autres blessures, notamment l’inhalation de fumée, constituent des facteurs supplémentaires.

Selon le Dr Rogers, les patients gravement brûlés doivent subir de multiples interventions chirurgicales s’étalant sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois: d’abord pour retirer les tissus brûlés et recouvrir les zones touchées avec de la peau provenant de donneurs décédés ou des substituts cutanés artificiels, puis pour greffer de la peau prélevée sur d’autres parties du corps du patient.

L’équipe de soins aux grands brûlés peut recourir à des techniques telles que l’expansion des greffons cutanés afin de couvrir une plus grande partie de la zone exposée.

Elle établit un ordre de priorité des zones à couvrir, notamment le visage et les mains, a-t-il précisé.

Les patients gravement brûlés sont immunodéprimés, car ils ne disposent plus de barrière cutanée, a expliqué le médecin. Ils sont donc souvent placés en chambre d’isolement pendant des semaines afin de les protéger contre les infections.

Les brûlures étendues peuvent également déclencher une réponse inflammatoire «massive» dans l’organisme, susceptible de mettre à rude épreuve les organes du patient, a-t-il ajouté.

Le Dr Marc Jeschke, directeur du programme de traitement des brûlures au Hamilton Health Sciences Centre, a déclaré que son équipe souhaitait aider ses collègues de l’Alberta autant que possible, soulignant le long chemin qui attend les patients souffrant de brûlures graves.

«Il s’agit de blessures graves qui représentent un fardeau considérable pour les patients, leurs familles, leurs proches, tout le monde», a avancé le Dr Jeschke.

«Ce n’est pas comme une fracture, dont on se remet en quelques jours. C’est quelque chose qui va marquer leur vie à jamais», a-t-il rappelé.

Nicole Ireland

Nicole Ireland

Journaliste

Hannah Alberga

Hannah Alberga

Journaliste