Les services d’incendie de plusieurs villes canadiennes mettent en garde contre le risque croissant que représentent les batteries au lithium-ion, à la suite de multiples incendies survenus en Alberta et en Ontario au cours de la semaine dernière, dont au moins trois incidents à Calgary en l’espace de 24 heures.
Fred Dennis, un résident de Medicine Hat, en Alberta, sait à quel point l’un de ces incendies peut être dévastateur. Sa maison est toujours debout après l’incendie du mois dernier, mais les dommages considérables l’ont rendue complètement irrécupérable.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«On pouvait voir les flammes s’élever au-dessus de la maison», a-t-il dit.
Le feu s’est déclaré sur la terrasse arrière pendant que M. Dennis et sa conjointe faisaient l’épicerie.
«Le pire dans tout ça, c’est que… nous avons perdu notre chien et notre chat dans l’incendie», a-t-il ajouté.
Alors que M. Dennis et sa conjointe continuent de faire le deuil de leurs animaux, il a indiqué que ce qu’ils ont appris au sujet de la cause de l’incendie a été un véritable choc.
«Les pompiers nous ont dit qu’ils pensaient que c’était une batterie au lithium-ion», a-t-il expliqué.
M. Dennis a précisé que la batterie se trouvait à l’intérieur d’une lampe solaire achetée en ligne.
Les batteries au lithium-ion sont devenues une source d’énergie courante pour les appareils rechargeables du quotidien.
On les retrouve partout, des téléphones intelligents, ordinateurs portables et tablettes aux vélos électriques, trottinettes électriques, chargeurs portatifs et certaines lampes solaires.
Cela survient alors que les services d’incendie de plusieurs villes canadiennes font état d’inquiétudes croissantes concernant les incendies liés aux batteries au lithium-ion.
Calgary a déjà enregistré cette année plus d’incendies liés à des batteries au lithium-ion que l’année dernière. Deux des incidents récents concernaient des trottinettes électriques dont les batteries ont surchauffé pendant la charge.
«Si cette batterie est endommagée, elle entre dans ce qu’on appelle un “emballement thermique”», a expliqué Alex Kwan, agent d’information publique au Service des pompiers de Calgary. «C’est à ce moment-là que l’incendie s’accélère et prend de l’ampleur très, très rapidement.»
Toronto et les collectivités avoisinantes signalent également une augmentation. Le dernier incident en date concernait un incendie au septième étage d’une tour à Etobicoke.
La semaine dernière, le chef des pompiers de Toronto, Jim Jessop, a fait part de ses préoccupations concernant les batteries au lithium-ion.
«J’ai déclaré que le risque le plus grave, qui évolue le plus rapidement et qui ne cesse de croître en matière de sécurité incendie pour la population de la ville, ce sont les incendies de batteries au lithium-ion», a-t-il dit.
Les responsables des services d’incendie indiquent que plusieurs facteurs peuvent accroître le risque posé par les batteries au lithium-ion, notamment les produits non conformes aux normes de sécurité canadiennes, les appareils de recharge endommagés ou incompatibles, l’élimination inadéquate et les pratiques de recharge dangereuses.
M. Kwan a recommandé de débrancher les appareils une fois qu’ils sont suffisamment chargés, plutôt que de les laisser branchés inutilement à un chargeur.
«Il ne faut jamais charger un appareil au-delà de 100%», a-t-il indiqué. «Si la batterie a atteint le niveau de charge souhaité, débranchez-la.»
Il a ajouté que les consommateurs devraient également utiliser des chargeurs adaptés à leur appareil, éviter d’utiliser des batteries présentant des signes de détérioration et respecter les exigences locales en matière d’élimination des batteries au lithium-ion, plutôt que de les jeter avec les déchets ménagers.
La semaine dernière, le chef des pompiers de Calgary, Steve Dongworth, a rapporté qu’au-delà de la sensibilisation du public, les responsables des services d’incendie réclament également une surveillance accrue des batteries au lithium-ion vendues au Canada.
«Nous faisons pression pour une réglementation plus stricte à l’échelle nationale, et nous menons également ces discussions à l’échelle locale», a-t-il dit.
Fred Dennis espère que le fait de partager ce qui est arrivé à sa famille mènera à des changements. «J’espère qu’ils inciteront l’industrie à améliorer ses produits afin que personne d’autre n’ait à vivre cela», a-t-il confié.

