Une éducatrice en garderie a perdu son emploi parce qu’elle refuse d’ôter son hijab, enfreignant ainsi la loi 94, qui visait à renforcer la laïcité dans les écoles en étendant l’interdiction des symboles religieux à l’ensemble du personnel scolaire.
«Soit nous nous conformons à la loi 94 sur la laïcité, soit nous démissionnons», a déclaré Hakima Tamir, embauchée comme éducatrice en garderie en août 2025.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Le projet de loi 94 comporte une clause d’antériorité pour les employés actuels, mais celle-ci ne s’applique qu’à compter de la date à laquelle le projet de loi a été déposé, il y a environ un an. Mme Tamir a été embauchée après cette date, donc la clause ne s’applique pas à elle.
«Nous avons été contraints de quitter notre emploi. Ce n’était pas notre choix», a-t-elle expliqué.
Le syndicat CSN affirme que 12 personnes du centre de services scolaires Mille-Îles se retrouvent sans emploi. Plus précisément, quatre éducateurs scolaires ont démissionné et huit éducateurs ont dû être licenciés après avoir confirmé qu’ils ne se conformeraient pas à l’interdiction.
Le centre de services scolaires a déclaré qu’en tant qu’employeur, il était tenu de se conformer aux dispositions du projet de loi 94. Il a ajouté que les 12 départs n’avaient entraîné aucune perturbation des services et que les efforts de recrutement se poursuivaient.
Frédéric Brun, représentant syndical, a indiqué que, selon le poste occupé, chaque employé était responsable d’environ 20 à 50 enfants.
M. Brun a ajouté qu’il craignait que cela n’entraîne des problèmes majeurs pour les écoles, comme une interruption du service.
La ministre de l’Éducation du Québec, Sonia LeBel, a déclaré que la date de la clause d’antériorité ne devrait surprendre personne.
«Ils en étaient conscients. Plusieurs ont même informé les employés lors de leur embauche qu’ils avaient dépassé la date limite et que si le projet de loi était adopté, il s’appliquerait à eux», a-t-elle déclaré.
L’ancien ministre de l’Éducation Bernard Drainville, qui a déposé le projet de loi, soutient que les travailleurs avaient une autre option.
«Ils auraient très bien pu décider d’ôter leurs symboles religieux pendant leurs heures de travail. Ils ont choisi de ne pas le faire. Ils ont choisi de ne pas respecter la loi. C’est donc leur décision et, malheureusement, ils doivent assumer les conséquences de leur choix personnel», a-t-il déclaré.
Cependant, les partis d’opposition s’inquiètent des conséquences que cela aura pour les étudiants.
Le co-porte-parole de Québec solidaire, Sol Zanetti, a déclaré que ces femmes ne méritaient pas d’être licenciées.
«Ils méritent de continuer à faire leur travail et le gouvernement ne pense pas non plus aux enfants», dit-il.
La députée libérale Madwa-Nika Cadet a déclaré qu’il y a des enfants qui ont des besoins et que la province a besoin du personnel nécessaire pour y répondre.
Mme Tamir affirme qu’elle allait désormais chercher un autre emploi qui lui permettrait de porter son hijab.

