Un couple de Saint-Jérôme qui ne peut pas avoir d’enfant envisage d’avoir recours à une mère porteuse.
Laurie et Francis ont partagé leur idée sur les réseaux sociaux et à leur grande surprise, des milliers de personnes ont republié leur message. Un geste qui a fait renaître leur espoir de fonder une famille.
Laurie est atteinte du syndrome de Rokitansky, une anomalie congénitale rare qui fait en sorte qu’elle n’a pas d’utérus. Elle a découvert cette malformation à l’adolescence avec l’absence de ses menstruations.
«Je me suis toujours vu avoir des enfants et là on me donnait une claque dans la face en me disant: “Laurie, tu ne pourras pas porter la vie”. C’est sûr que ça, ça a été un gros deuil pour moi», raconte la jeune femme.
Selon le Dr Roland Antaki, obstétricien-gynécologue et chef du service de médecine et biologie de reproduction au CHUM, une femme sur 5000 vit avec le syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH), souvent appelé syndrome de Rokitansky.
«C’est une anomalie congénitale de naissance. [...] Il y a un arrêt de développement du canal de Müller, qui va donner l’utérus, les trompes de Fallope et la partie supérieure du vagin», a-t-il expliqué en entrevue avec Noovo Info. «C’est quand même assez rare.»
Le Dr Antaki précise que le syndrome de Rokitansky entraîne l’absence de règles et, dans certains cas, l’impossibilité d’avoir des relations sexuelles en raison d’un vagin absent ou très court, ce qui provoque la stérilité.
«Vu qu’il n’y a pas d’utérus, la grossesse en tant que telle n’est pas possible», a-t-il poursuivi. «Ce qui est fait le plus souvent dans ces cas-là, c’est une fécondation in vitro. [...] Mais il faut recourir à une gestation par autrui, soit une femme porteuse.»
Fonder une famille autrement
Laurie soutient avoir longtemps eu un sentiment de rejet et de peur de ne pas être acceptée et de ne pas réussir à trouver l’amour.
«Je me disais: “pourquoi moi?” Pourquoi il se compliquerait la vie? Pourquoi il n’irait pas chercher quelqu’un d’autre, avec qui c’est plus facile d’avoir un enfant», s’était-elle questionnée.
«Finalement, j’ai trouvé le bon», dit-elle.
Dès leur première rencontre, Francis aurait abordé la parentalité avec une ouverture d’esprit qui a rapidement charmé Laurie.
«Sans savoir qu’elle avait ce syndrome-là, je lui ai dit que pour moi il y avait d’autres façons de voir la famille. C’était une option pour moi, même d’être famille d’accueil», raconte-t-il.
C’est dans une publication sur Facebook que le couple s’est lancé officiellement à la recherche d’une mère porteuse pour pouvoir fonder leur famille. Ils ont rapidement reçu plusieurs messages.
«Il y a eu environ 1200 partages, c’est impressionnant. On s’attendait tellement pas à ce que ça soit autant viral. On a tellement reçu une grosse dose d’amour. C’était magique», mentionne Laurie.
«Quelques heures après la publication, on a eu deux, trois, quatre, cinq demandes. Le lendemain on en a reçu d’autres. On est rendus, je pense, à treize personnes qui nous ont dit soit: “je serais prête” ou “j’aimerais ça en parler“», soutient Francis.
Ils prennent donc la voie de la fécondation in vitro via mère porteuse. Laurie a toujours ses ovules et donc si tout se passe bien, ce sera à eux de décider quelle candidate sera la mère porteuse.
Mais malgré la vague de soutien, le couple est toutefois inquiet de la légalité derrière leur projet.
«Ça reste que légalement la loi ne joue pas nécessairement en notre faveur. Le sperme, c’est reconnu comme le père, donc Francis serait le père. Mais la femme qui porte l’enfant, même si mes ovules, une fois qu’elle a accouché du bébé, c’est elle la mère. Moi, mes ovules ne m’aident pas pour être reconnus comme la mère», soutient Laurie.
À voir dans la vidéo.

