La mère d’Iann Saint-Denis, Michèle, qui était atteinte d’un cancer du poumon de stade 4, a reçu en août dernier un appel provenant de quelqu’un qui se présente comme un policier.
«Il dit qu’il enquête sur une personne à la banque où elle est située», raconte le fils de la dame auprès de Noovo Info. Il ajoute également qu’on lui a demandé si elle avait un coffre à la banque et de retirer le contenu de celui-ci.
De retour à son domicile, Mme Toso Saint-Denis, décédée en janvier dernier, met dans une enveloppe sa carte de débit, sa carte de crédit et ses codes bancaires. Le tout sera par la suite ramassé par les fraudeurs.
«Les cinq jours suivants, ça a été une catastrophe, inutile de le dire. En ayant donné ses NIP, c’est sûr qu’il y a des transactions illégales qui se sont passées. On est à 15 000 $ à 20 000 $ par jour».
Les fraudeurs ont vidé l’entièreté des comptes et maximisé le crédit de l’aînée. 85 000$ ont été perdus, ce qui représente l’argent économisé pour sa retraite.
Après des démarches et plusieurs manches perdues, une partie de la somme a pu être récupérée, mais qui se trouvait loin du 85 000$.
«On a décidé d’arrêter ce combat-là à un moment donné. Ma mère de toute façon était en fin de vie», ajoute M. Saint-Denis. Elle est décédée en janvier dernier, soit environ sept mois après la fraude.
«C’est sûr que les événements ont accéléré sa chute...»
Quel rôle peuvent jouer les banques?
À propos du rôle des institutions financières dans la prévention des fraudes, Iann Saint-Denis affirme que même s’il comprend qu’on ne doit pas donner ses informations, il croit que les banques ont une responsabilité «ou un gain de conscience» à avoir.
«15 000 $, 20 000 $ par jour… Pour quelqu’un qui n’a jamais fait de transaction de plus de 2000-3000$ par mois… Ça devrait lever un flag.»
Selon Me Alexandre Plourde, qui est avocat et analyste chez Option consommateurs, il est «très facile pour les institutions financières de se déresponsabiliser» lorsque survient une fraude. Il cite en exemple les clauses des contrats bancaires qui mentionnent notamment des obligations de sécurité comme protéger le NIP.
«Ce qu’on constate, c’est que la loi est vraiment insuffisante pour protéger adéquatement les consommateurs.»
— Me Alexandre Plourde qui est avocat et analyste chez Option consommateurs
Au final, les fraudeurs dont a été victime Michèle Toso Saint-Denis ont été arrêtés. Son fils soutient qu’il faut parler à un proche pour ne pas tomber dans le piège d’une fraude.
Correction
Note de la rédaction: une version précédente de ce texte rapportait de manière erronée le prénom de Mme Toso Saint-Denis. Il s'agissait de Michèle et non Romane. Pour plus d'informations, consultez les politiques et normes éditoriales de Noovo Info.

