Société

Une cartographie des meurtres et disparitions de femmes autochtones dévoilée

Il s’agit d’une première dans l’histoire des communautés autochtones et surtout une étape que l’on juge cruciale.

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Une cartographie des meurtres et disparitions de femmes autochtones Par Félix-Antoine Audet | Après plus de deux ans de travail, l’association Femmes Autochtones du Québec (FAQ) et l’Université du Québec en Outaouais (UQO) ont dévoilé mardi un projet de cartographie pour mesurer l'ampleur des disparitions et des assassinats des femmes autochtones au Québec.

Après plus de deux ans de travail, l’association Femmes Autochtones du Québec (FAQ) et l’Université du Québec en Outaouais (UQO) ont dévoilé mardi un projet de cartographie pour mesurer l’ampleur des disparitions et des assassinats des femmes autochtones au Québec.

La carte répertorie 124 cas de femmes autochtones assassinées ou disparues de 1950 à 2026.

«Ça vient confirmer effectivement ce qu’on sait depuis toujours. Ça vient confirmer effectivement la douleur que les familles vivent. Ça vient confirmer les réponses aussi qu’elles n’ont pas obtenues», a indiqué Marjolaine Étienne, présidente de FAQ.

Il s’agit d’une première dans l’histoire des communautés autochtones et surtout une étape que l’on juge cruciale.

À travers les 124 histoires derrière ces femmes disparues ou assassinées, on retrouve celle de Sindy Ruperthouse qui a été vu pour la dernière fois en 2014, avec des marques de blessures au visage.

Elle aurait été battue par son conjoint, raconte sa sœur Joan Wild, qui indique ne toujours pas être capable d’entamer son deuil.

«Ça va faire un an que mon père est décédé le 5 avril. Ça, je le sais et j’ai un deuil à faire. Mais la disparition de Sindy, comment je le vis? […] Il n’y a même pas de mots, il n’y a même pas de deuil», dit-elle.

«Je ne sais même pas quoi dire à mes petits-enfants. J’ai deux petites filles qui me posent la question “c’est quoi qui est arrivé à Sindy?”. Comment tu l’expliques à un enfant de neuf ans? Un enfant de douze ans?» déplore Mme Wild.

Cléo Pelletier, chargée de projet dans le dossier de cartographie, souhaite que le projet sensibilise la population et éveiller les consciences que le Québec est aussi concerné par l’enjeu.

«On parle souvent du Canada, mais pas du Québec. Donc je pense que c’est un peu ça l’idée et l’espoir c’est qu’on réalise l’ensemble des personnes qui sont restées dans l’ombre», dit-elle.

FAQ souligne que les données présentées mardi ne sont toutefois pas complètes et qu’il y a d’autres cas qui n’ont pas pu être confirmés à l’heure actuelle.

«On sait qu’il y a d’autres données, mais évidemment dans une recherche, on ne peut pas tout aller chercher. C’est très difficile. Juste les données qu’on est allé chercher, que l’équipe de recherche est allée chercher, c’était difficile», soutient Laura Rock, directrice générale par intérim de FAQ.

Les résultats de la recherche de l’UQO et de FAQ seront bientôt disponibles sous forme de carte interactive sur Internet.

À voir dans la vidéo.