Pour Ziyada Callender, chaque pas de cette marche de près de 240 kilomètres, de Montréal à Ottawa, revêt une importance particulière.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Cette survivante du cancer s’est lancée samedi dans un périple de six jours, partant de l’église qu’elle fréquentait lorsqu’elle était enfant à Brossard pour rejoindre le Centre de cancérologie de l’Hôpital d’Ottawa, où elle a été traitée.
Elle profite de cette marche pour amasser des fonds pour la recherche sur le cancer et encourager les autres à prêter davantage attention à leur santé.
Mme Callender avait 40 ans lorsqu’on lui a diagnostiqué un cancer colorectal.
«Étant si jeune, c’était vraiment effrayant.»
— Ziyada Callender
Lorsqu’elle a remarqué des symptômes et qu’elle a consulté un médecin, Mme Callender raconte qu’on lui a dit qu’elle était trop jeune pour avoir un cancer colorectal.
« Quand je suis allée chez le médecin, on m’a dit qu’il n’y avait “rien d’anormal”, que “j’allais bien” et que “c’était probablement autre chose”», a-t-elle raconté.
Mais elle a insisté pour subir d’autres examens, qui ont finalement révélé la présence d’un cancer.
Elle a subi une chirurgie en juin 2023 pour retirer une partie de son côlon rectosigmoïde, ainsi que 33 ganglions lymphatiques voisins. Les analyses n’ont révélé aucun cancer dans les ganglions lymphatiques prélevés.
Mais environ un an plus tard, un autre coup dur est survenu.
Une petite tache détectée sur son poumon lors d’un examen d’imagerie de suivi s’est agrandie avec le temps. Les chirurgiens l’ont retirée en juin 2024, et les analyses ont confirmé que le cancer colorectal s’était propagé à son poumon.
Après sa deuxième chirurgie, Mme Callender a commencé à marcher pour reprendre des forces et faire le point sur ce qu’elle avait vécu.
Aujourd’hui, elle va bien au-delà de ce simple rétablissement.
Transformer le rétablissement en une mission
Alors que Mme Callender entamait sa marche samedi, elle a annoncé que son objectif initial de collecte de fonds de 10 000 $ avait été dépassé. Elle avait déjà amassé 12 000 $ qui seront versés à la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa pour soutenir la recherche sur le cancer.
Tim Kluke, président et chef de la direction de la Fondation, a qualifié le parcours et les efforts de Mme Callender d’inspirants.
«Ce sont des fonds qui ne proviennent d’aucune autre source, à part, disons, une subvention fédérale», a expliqué M. Kluke. «Et en tant que collectivité, plus nous parvenons à susciter d’actions, meilleur sera notre système de soins de santé.»
Il a ajouté que l’impact de cette recherche peut s’étendre bien au-delà d’Ottawa.
«Aujourd’hui plus que jamais, les résultats de la recherche sont partagés à l’échelle mondiale.»
— Tim Kluke, président et chef de la direction de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa
Pour Mme Callender, ce parcours est également une façon de rendre la pareille aux personnes qui l’ont aidée à surmonter son cancer — et d’encourager les autres à se faire valoir.
Promouvoir la défense des droits des patients
Mme Callender a affirmé qu’elle souhaitait que les gens prennent au sérieux les changements qui surviennent dans leur corps, même lorsqu’ils sont tentés de les ignorer.
«Si je n’avais pas insisté, je ne serais pas ici aujourd’hui», a-t-elle soutenu.
Elle estime que ce message est particulièrement important pour les femmes.
«Nous avons tendance à mettre notre santé et nous-mêmes au second plan», a dit Mme Callender. «Il est facile de ne pas tenir compte des symptômes simplement parce qu’on a peut-être peur d’entendre de mauvaises nouvelles.»
Sa cousine Laurrianne Clarke, qui a survécu à un cancer du sein, a vu Mme Callender transformer sa propre expérience en un geste de générosité.
«C’est une femme tellement forte — et elle a un grand cœur», a-t-elle raconté.
«Elle est très tenace quand elle le veut, surtout quand elle veut aider les autres.»
— Laurrianne Clarke, cousine de Ziyada Callender
Mme Clarke estime que d’autres obstacles peuvent empêcher les gens de consulter.
«Parfois, dans certaines cultures, on a tendance à hésiter à se renseigner», a-t-elle fait remarquer. «Mais plus on en sait, plus on a de chances de passer des tests de dépistage précoces.»
Le mari de Mme Callender, Steve Dash, conduit le véhicule récréatif dans lequel ils séjournent tout au long du périple.
Au-delà d’être touché par l’élan de soutien de leurs proches et de leur communauté, M. Dash se dit plus fier que jamais de sa conjointe.
«La voir transformer cette expérience négative en quelque chose de positif a été une source d’inspiration», a exprimé M. Dash. «Je n’ai que de l’admiration et du respect pour elle.»
Et alors que Mme Callender poursuit son chemin vers Ottawa, elle espère que le message véhiculé par chaque kilomètre perdurera bien au-delà de la fin de la marche.
«Si l’on apprend assez tôt une mauvaise nouvelle (concernant la santé), on peut vivre — on peut survivre. Et j’en suis la preuve vivante.»

