Les Canadiens continuent d’appuyer massivement la Loi sur les langues officielles.
Le troisième sondage quinquennal du Commissariat aux langues officielles (CLO), publié lundi, confirme qu’en général, cet appui se situe entre 80 % et 90 %, selon la méthode de sondage utilisée. La firme Environics Research a en effet réalisé deux sondages, l’un par téléphone, l’autre en ligne et les variations entre les deux sont nombreuses et parfois importantes, mais les tendances générales se retrouvent dans les deux types de sondage.
La raison la plus souvent invoquée pour expliquer cet appui reste la même, d’un sondage à l’autre, soit «la reconnaissance de l’histoire, du statut et de la culture du Canada comme pays bilingue».
De manière plus fine, une forte majorité de répondants estime que le français et l’anglais faisant partie de notre histoire, «il est logique qu’ils aient un statut égal, que l’existence de deux langues officielles est l’une des réalités qui définissent vraiment le Canada et que l’existence de deux langues officielles contribue favorablement à l’image internationale du Canada».
Pour la grande majorité, le fait que notre pays ait ces deux langues officielles «contribue à leur fierté d’être Canadienne ou Canadien». Le sondage introduit de nouvelles questions qui permettent de constater qu’une vaste majorité voit un lien entre les langues officielles et l’économie, la culture et l’art canadiens et que le gouvernement du Canada doit davantage soutenir la diffusion d’œuvres artistiques et culturelles canadiennes aussi bien en français qu’en anglais.
Dans la même foulée, la grande majorité estime que le fait d’avoir deux langues officielles plutôt qu’une seule «envoie le message que la diversité linguistique est une valeur importante au Canada et que cela a fait du Canada un lieu plus accueillant pour les immigrants de diverses cultures et origines ethniques».
Bien que les pourcentages varient selon le type de sondage ou selon la langue première des répondants, la grande majorité des Canadiens se montrent favorables aux mesures concrètes de soutien au bilinguisme officiel et la très grande majorité continue d’être d’avis que les citoyens devraient pouvoir recevoir des services du gouvernement fédéral dans l’une ou l’autre des langues officielles.
Mythes persistants
L’exercice permet au passage d’identifier quelques mythes persistants, «notamment l’impression que la minorité francophone à l’extérieur du Québec est moins nombreuse qu’elle ne l’est en réalité ou que la minorité anglophone au Québec est plus privilégiée sur le plan socioéconomique que la majorité francophone».
Le sondage nous apprend par ailleurs que trois personnes sur dix croient à tort que le mandat du Commissariat aux langues officielles du Canada consiste à s’occuper de la traduction.
Sans surprise, on constate que les francophones sont toujours beaucoup plus exposés aux deux langues officielles que les anglophones. En fait «la grande majorité des francophones consomment du moins à l’occasion des médias et du contenu culturel en anglais. En revanche, seule une minorité d’anglophones consomment des médias ou des produits culturels en français du moins à l’occasion».
Une forte majorité continue d’appuyer l’enseignement de l’autre langue officielle comme langue seconde et la plus grande partie de la population canadienne est fortement d’avis que l’on devrait continuer d’enseigner les deux langues officielles dans les écoles primaires partout au Canada.
Plus au Québec, moins dans les Prairies
L’appui majoritaire à la Loi sur les langues officielles continue d’être élevé dans toutes les régions du Canada, bien que cet appui soit moins élevé en Alberta (de 67 % à 77 % selon la méthode de sondage utilisée) et au Manitoba et en Saskatchewan (75 % à 79 %). C’est au Québec que l’appui est le plus élevé avec des pourcentages de 92 % et 93 %. L’appui est quasiment unanime chez les personnes dont le français est la langue maternelle.
La majorité des francophones interagissent avec des personnes d’expression anglaise et consomment des médias ou des produits culturels en anglais, du moins à l’occasion. À l’opposé, une faible minorité d’anglophones interagissent avec des personnes d’expression française et indiquent consommer des médias ou des produits culturels en français, du moins à l’occasion.
L’enquête d’Environics Research combinait un sondage téléphonique à échantillon probabiliste aléatoire auprès de 1500 personnes mené du 5 au 25 mars 2026 et un sondage par panel en ligne auprès de 1500 autres personnes, celui-là mené du 13 au 30 avril 2026.

