Hébergement femmes Canada (Women’s Shelters Canada) lance une nouvelle campagne nationale de sensibilisation qui cible un groupe souvent négligé dans les efforts de lutte contre la violence conjugale, selon l’organisme: les employeurs.
La campagne, intitulée Jelarecommande.ca, met l’accent sur les obligations légales des employeurs de soutenir les travailleurs victimes de violence conjugale, ainsi que sur le fait que les signes avant-coureurs sont souvent confondus avec de mauvaises performances professionnelles.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
L’initiative comprend une annonce mettant en vedette Sarain Fox, militante, animatrice et cinéaste canadienne d’origine Anishinaabe, qui apparaît à l’écran en train de lire une lettre adressée à un employeur.
Dans cette publicité, Mme Fox exhorte l’employeur à réfléchir à une femme qu’il a négligée ou qu’il n’a pas soutenue, en supposant qu’elle était une mauvaise employée, plutôt que de reconnaître qu’elle était peut-être victime de violence conjugale.
«Lorsque j’ai entendu parler de cette campagne et du nombre de personnes qui offraient leurs services, leur temps et leur talent, j’ai su que je voulais y participer», a expliqué Mme Fox dans une entrevue accordée lundi à CTV Your Morning.
«Je pense simplement qu’il est très important pour le pays de disposer d’outils pour identifier ce problème et savoir comment y remédier», a-t-elle dit.
Selon Hébergement femmes Canada, cette campagne vise à aider les employeurs à mieux comprendre comment la violence conjugale peut se manifester sur le lieu de travail et quelles mesures ils sont légalement tenus de prendre lorsqu’elle se produit.
«Il existe des obligations tant au niveau fédéral que provincial», a soutenu Anuradha Dugal, directrice générale d’Hébergement femmes Canada, dans une entrevue accordée lundi à CTV Your Morning.
Elle a précisé que les lieux de travail réglementés au niveau fédéral sont soumis à des exigences spécifiques, tandis que les provinces ont leur propre législation.
«De nombreux lieux de travail sont tenus d’avoir une politique en matière de violence domestique. Ils doivent généralement l’afficher publiquement, afin que tout le monde puisse la consulter.»
— Anuradha Dugal, directrice générale d’Hébergement femmes Canada
Elle a également souligné que les travailleurs victimes de violence conjugale peuvent avoir droit à un congé payé ou non payé, bien que les détails varient d’une province à l’autre.
«Il peut s’agir de cinq jours de congé payé. Il peut s’agir d’un congé non payé. Il peut s’agir d’un congé non payé pouvant aller jusqu’à 15 semaines sans préjudice pour vos conditions de travail», a affirmé Mme Dugal, ajoutant que la violence conjugale ne se manifeste pas de la même manière pour toutes les victimes et que son impact est souvent mal compris.
«Très souvent, cela se traduit par de mauvaises performances», a-t-elle dit. «Absentéisme, retards, départs anticipés, distraction au travail, incapacité à terminer les projets à temps, ou même sentiment que quelqu’un a changé de comportement et ne souhaite plus socialiser.»
Mme Dugal a indiqué que la campagne encourage les employeurs à ne pas diagnostiquer ou enquêter, mais simplement à remarquer les changements, à poser des questions et à orienter les travailleurs vers les aides appropriées.
«Il est important de demander à un employé ou à un collègue ce qui se passe lorsque son comportement change, quelle qu’en soit la cause», a-t-elle précisé. «Mais il est essentiel de découvrir s’il s’agit de violence conjugale.»
Selon Mme Fox, la campagne vise également à briser l’isolement que ressentent de nombreuses femmes.
«Très souvent, nous avons l’impression d’être seules avec notre histoire et notre situation», a-t-elle mentionné. «Lorsque nous sommes capables de nous montrer vulnérables ou de demander à quelqu’un comment il va, cela crée un espace où nous pouvons réellement être là les uns pour les autres...»
«Je veux que tout le monde sache qu’il y a toujours quelqu’un à qui vous pouvez raconter votre histoire», a-t-elle poursuivi. «Vous n’êtes jamais seul.»

