Un Néo-Zélandais a confié que son aventure en canot en solitaire à travers les contrées sauvages du Canada lui avait fait découvrir les paysages majestueux du Grand Nord blanc et la beauté de la nature humaine.
Tom Hudson a embarqué à bord d’un canot dans les Rocheuses et, au cours de ces 216 jours, a rencontré des Canadiens désireux de l’aider à franchir les eaux tumultueuses qu’il a rencontrées en chemin.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Quand j’ai commencé, c’était une aventure égoïste, vous savez, je comptais le faire parce que ça allait être amusant et génial», a-t-il dit. «Je pensais que mon périple allait mettre en valeur la nature et les paysages. Mais ce qu’il a vraiment mis en lumière, c’est à quel point les Canadiens sont incroyables.»
M. Hudson a lancé son aventure à Saskatchewan River Crossing, en Alberta, le 23 mai 2024. Il est arrivé à Montréal cette semaine après une pause pendant les mois d’hiver, bien qu’il n’ait jamais pagayé auparavant.
«J’ai choisi le Canada en raison de l’immensité du pays, de sa nature et de sa beauté», a-t-il expliqué. «Je n’avais jamais pagayé de ma vie. Je voulais faire quelque chose que je n’avais jamais fait, et je voulais le faire en grand. Je ne voulais pas m’entraîner, je ne voulais pas faire de recherches. Il s’agissait d’apprendre de mes erreurs.»
Et c’est ce qu’il a fait. Le quatrième jour de son aventure, il a chaviré.
«Il y avait une vague déferlante. J’ai chaviré et mon canot a été emporté par le courant», a raconté M. Hudson. «Je ne pouvais rien y faire, et je me suis retrouvé seul sur la rive, avec rien d’autre que des vêtements mouillés.»
Il a trouvé un sentier dans la brousse et s’est mis à courir dans les environs. Environ 25 minutes plus tard, un homme nommé Josh est apparu sur le sentier. Il campait à proximité et se promenait avec ses enfants. Hudson a couru vers lui et lui a dit qu’il avait tout perdu.
«Les premiers mots qu’il m’a dits ont été: “Ne t’inquiète pas, on ne va pas te laisser ici.” Et ces simples mots m’ont suffi pour savoir que tout allait bien», a-t-il raconté. «Il aurait pu me déposer sur la route à un hébergement quelconque, et j’aurais apprécié ça. Mais il ne l’a pas fait. Il m’a invité à rester chez lui, m’a offert le souper et m’a donné des vêtements secs. Je suis resté avec eux pendant une semaine.»
M. Hudson a documenté tout son périple sur sa chaîne YouTube et sur Instagram sous le pseudo @whatintheworld_tom. Dans plusieurs extraits vidéo, il vante la gentillesse des Canadiens.
«Les Canadiens, je vais vous dire une chose: je vous adore vraiment», a-t-il dit dans une vidéo publiée en ligne.
Son périple sur les cours d’eau du Canada a commencé il y a 12 ans en Nouvelle-Zélande. Il raconte qu’il menait une vie ordinaire, travaillait dans la construction et possédait une maison avec une hypothèque. Mais il était malheureux.
«En apparence, j’avais l’air d’avoir réussi», a soutenu M. Hudson. «Jusqu’au jour où je me suis réveillé au son de mon réveil pour aller travailler, et à ce moment-là, ça m’a frappé de plein fouet: tu ne suis pas ton cœur, tu ne suis pas ton chemin.»
Il a vendu sa maison, donné tous ses biens et décidé qu’il prendrait désormais ses décisions en fonction de ce qui lui procurait de la joie. Il a misé sur des voyages qui, selon lui, lui permettraient de grandir, où il commencerait en étant une version de lui-même pour finir en étant une autre.
Il a financé ses voyages grâce à sa chaîne YouTube, même si cela s’est avéré difficile au début. Il était à court d’argent alors qu’il traversait le Manitoba et envisageait de mettre son périple en pause. C’est alors qu’il est tombé sur Ivy, une chienne égarée de 14 ans coincée dans la boue.
«J’ai entendu des gémissements», a-t-il raconté. «J’ai fini par sortir du canot et marcher péniblement dans la boue, jusqu’aux genoux, pour la rejoindre.» Il a retrouvé le propriétaire d’Ivy à quelques centaines de mètres de là, qui était soulagé de retrouver son animal perdu après l’avoir cherché pendant quelques jours.
Ce moment a conquis le cœur des Canadiens et des gens partout dans le monde, et a attiré davantage d’abonnés vers ses publications en ligne.
«Cette vidéo a fait connaître mon périple à beaucoup de gens», a mentionné M. Hudson. «Alors oui, autant j’ai aidé, autant j’ai moi-même reçu beaucoup d’aide.»
Il y a eu d’innombrables autres moments et d’autres personnes qui ont croisé son chemin alors qu’il faisait face à des défis tant mentaux que physiques.
«J’ai appris que la nature nous ramène à l’humilité. Elle peut vous anéantir complètement, et il faut la respecter. Il faut s’y adapter, car on ne peut pas la vaincre», a-t-il indiqué. «Elle est donc effrayante et bruyante, mais quand elle veut être belle, elle vous laisse sans voix.»
Au 216e jour de son périple en canot, Tom Hudson a fait son entrée dans le port de Montréal. Certains de ses abonnés s’étaient rassemblés, brandissant à la fois un drapeau canadien et un drapeau néo-zélandais. Certaines des personnes qu’il avait rencontrées en chemin avaient également fait le déplacement pour l’accueillir à destination.
Pour lui, c’était un moment spécial. «Je voulais les remercier, et je voulais remercier l’ensemble du Canada», a-t-il ajouté. «Ils ont été incroyables avec moi.»
Il planifie maintenant sa prochaine aventure, dans l’espoir de parcourir la Mongolie à cheval.

