Un navire de guerre canadien met le cap sur le Groenland avant d’entreprendre un voyage historique à travers l’Arctique, par le passage du Nord-Ouest, vers sa nouvelle base en Colombie-Britannique.
Le NCSM Robert Hampton Gray, le plus récent des navires de patrouille arctique et hauturière du Canada, a quitté Halifax plus tôt ce mois-ci pour une série d’exercices et de patrouilles dans le Nord, avant son arrivée prévue à Esquimalt, en Colombie-Britannique, en novembre.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Ce voyage marque seulement la troisième fois qu’un navire de guerre de la Marine royale canadienne effectue une traversée complète de l’Arctique. Ce sera le premier voyage de ce genre entrepris spécifiquement pour transférer un navire de guerre canadien de la flotte de l’Atlantique à celle du Pacifique.
Ce déploiement marque également la première fois qu’un navire de la Marine canadienne opère avec un hélicoptère de la Garde côtière canadienne à bord, à la suite du transfert des services de la Garde côtière de Pêches et Océans Canada au ministère de la Défense nationale l’année dernière.
Les navires de patrouille de l’Arctique avaient initialement été conçus pour accueillir le CH-148 Cyclone, plus imposant, qui est le principal hélicoptère maritime de l’armée, mais l’intégration de cet appareil à bord des navires s’est avérée difficile et nécessite des modifications continues.
L’hélicoptère Bell 429 de la Garde côtière «est un peu plus petit et nettement moins performant qu’un Cyclone», a expliqué le commandant Brian Henwood, commandant du NCSM Robert Hampton Gray, lors d’une entrevue accordée mercredi à bord du navire, près du Groenland.
«Mais pour la mission que nous menons, il est parfait. Il nous offre la portée nécessaire pour transporter des personnes et du fret à terre, pour effectuer de la surveillance, des évacuations médicales et toutes sortes de tâches utilitaires, ce qui correspond exactement à ce dont un AOPS a besoin dans l’Arctique», a-t-il ajouté.

Après son escale au Groenland, où l’équipage d’environ 90 marins rencontrera des responsables militaires danois et américains, le navire mettra le cap vers l’ouest en empruntant le Passage du Nord avant d’entreprendre trois à quatre semaines de patrouilles dans les mers de Béring et de Chukchi.
Le commandant Brian Henwood a précisé que ces patrouilles porteront principalement sur la surveillance, la souveraineté et le renforcement de la capacité de la marine à opérer dans un Arctique de plus en plus accessible.
«Chaque année, la glace diminue de plus en plus, ce qui entraîne une augmentation du trafic et un intérêt croissant de la part d’autres pays dans cette région», a-t-il avancé à propos des mers situées entre le Canada, l’Alaska et la Russie. «Notre objectif là-bas est donc de surveiller ce qui s’y passe et d’être prêts à faire en sorte que la souveraineté et la sécurité du Canada soient bien comprises.»
Ces patrouilles permettront également au navire canadien de collaborer avec la Garde côtière américaine, tandis que l’équipage acquerra de l’expérience dans la conduite du nouveau navire en eaux gelées.
«En tant que marine, nous en sommes encore à apprendre à opérer dans les glaces», a indiqué le commandant Brian Henwood, ajoutant que l’équipage s’entraînera à manœuvrer autour de la glace et à la briser tout en menant des activités de surveillance.
Le NCSM Robert Hampton Gray est le sixième et dernier navire de la classe Harry DeWolf à avoir été construit pour la Marine.
Le navire devrait être mis en service au sein de la flotte du Pacifique du Canada le 16 novembre, peu après son arrivée à Esquimalt.

