Un père en deuil du Nouveau-Brunswick a créé une association destinée à venir en aide aux familles des volontaires qui ont disparu, sont décédés ou ont été capturés alors qu’ils combattaient au sein de la Légion étrangère ukrainienne.
«La douleur n’a pas de nationalité. L’espoir n’a pas de frontières», a déclaré Marc Mazerolle lundi sur la colline du Parlement.
«Derrière chaque prisonnier de guerre, derrière chaque soldat disparu, il y a une famille entière qui vit dans l’incertitude, la peur et des questions sans réponse», a-t-il ajouté.
Marc Mazerolle explique que son fils Patrick a été tué au combat en tant que volontaire militaire en Ukraine en septembre dernier, et qu’il a eu beaucoup de mal à obtenir des informations ou à faire avancer les démarches pour rapatrier la dépouille de son fils au Canada.
Son épouse a retrouvé 14 autres étrangers parmi les légionnaires et les a contactés pour savoir comment leur fils avait été tué. La famille a finalement dû faire appel à un avocat ukrainien pour s’y retrouver dans les méandres du système juridique et administratif.
«Nous avons découvert que des milliers de familles à travers le monde sont confrontées à la même incertitude. Beaucoup se sentaient isolées. Beaucoup ne savaient pas vers qui se tourner, a-t-il souligné. Beaucoup avaient simplement besoin d’être guidées et qu’on leur rappelle qu’elles ne sont pas seules.»
M. Mazerolle s’est rendu à Kyiv en février pour fournir un échantillon d’ADN, dans l’espoir d’accélérer le processus d’identification du corps de son fils et son rapatriement au Canada.
Il a fondé la Ligue internationale des familles de prisonniers de guerre et de disparus au combat de la guerre en Ukraine, qui vise à fournir aux personnes du monde entier des ressources pour s’orienter dans le système ukrainien et accéder à un soutien psychologique.
L’association prévoit d’ouvrir un bureau à Kyiv qui pourra faciliter l’accès aux familles en surmontant les barrières linguistiques, en assurant un travail de plaidoyer et de relations avec les médias, et en coordonnant l’aide apportée aux familles par différents pays.
M. Mazerolle a assuré ne pas critiquer le gouvernement ukrainien ni les services consulaires offerts par Affaires mondiales Canada, mais il a ajouté qu’il était clair que Kyiv avait besoin d’aide pour mieux soutenir les familles des soldats volontaires tués au combat, alors que le pays est en guerre contre la Russie.
Taras Kulish, un avocat qui soutient le groupe, a indiqué que des pays comme le Canada pourraient apporter leur aide en fournissant à l’Ukraine une expertise en matière d’enquêtes et un financement, «afin que l’Ukraine ne porte pas seule ce fardeau».
Les estimations du nombre de combattants étrangers soutenant l’armée ukrainienne varient considérablement, et les pays en guerre sont généralement réticents à divulguer le nombre de soldats tués.
M. Mazerolle a indiqué qu’il y avait probablement des milliers d’étrangers détenus, portés disparus ou morts. Il est en contact avec une vingtaine de familles, dont quatre au Canada, dont des proches ont été portés disparus au combat ou faits prisonniers de guerre par la Russie.
Il a précisé qu’une nouvelle famille le contactait chaque semaine, venant de pays aussi divers que la Finlande, l’Australie et la Colombie.
L’Ukraine a lancé une légion internationale en février 2022, quelques jours après le début de l’invasion à grande échelle par la Russie, qui faisait suite à l’invasion et à la prise de contrôle de la Crimée en 2014.

