Société

Un couple demande au Québec de revoir son moratoire sur les adoptions internationales

«Si le gouvernement ne bouge pas, je devrai prendre une décision pour ma famille, car c’est notre rêve.»

Publié le 

Natalia Cristancho-Mercado Natalia Cristancho-Mercado et son mari, Michel Jalbout, souhaitent fonder une famille, mais affirment que le moratoire imposé par le Québec sur les adoptions internationales les en empêche. (Christine Long/CTV News)

Un couple qui ne peut pas avoir d’enfant souhaite adopter, mais on lui indique que la liste d’attente au Québec est de 15 à 20 ans.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Le gouvernement québécois a également imposé un moratoire sur les adoptions internationales, ce qui laisse très peu d’options à Natalia Cristancho-Mercado et à son mari, Michel Jalbout.

Ils sont tous deux des professionnels diplômés de l’université, occupant de bons emplois et possédant leur propre maison à Laval. Ils «ont tout», sauf la parentalité, disent-ils.

«C’est très difficile de devoir parler de sa fertilité», a déclaré Mme Cristancho-Mercado, les larmes aux yeux, lors d’une entrevue.

Leurs difficultés à concevoir les ont amenés à envisager l’adoption.

«Nous aimerions offrir un foyer sûr et chaleureux à notre enfant. Nous sommes prêts.»

—  Natalia Cristancho-Mercado

Ils ont déposé une demande pour devenir parents d’accueil, mais affirment n’avoir reçu aucune nouvelle depuis trois mois.

En 2024, le gouvernement de François Legault a annoncé un moratoire sur les adoptions internationales, empêchant les Québécois d’adopter un enfant à l’étranger ou même dans une autre province en raison de préoccupations liées au trafic d’enfants.

«C’est une situation vraiment difficile, car nous n’avons pas de véritables options pour adopter», a ajouté M. Jalbout.

Mme Cristancho-Mercado a écrit au premier ministre Legault et aux députés de l’Assemblée nationale pour leur faire part de leur situation, mais une seule personne l’a rappelée: la députée indépendante Marwah Rizqy, qui estime que ce sont les pays confrontés à des problèmes de traite d’enfants qui devraient être interdits pour les adoptions internationales, et non l’ensemble des nations.

«Si nous nous concentrons uniquement sur le pays qui pose problème et maintenons l’interdiction pour ce pays, mais pour les autres pays, nous devrions simplement lever l’interdiction», a soutenu Mme Rizqy.

«Et je ne comprends pas : comment l’Ontario peut-il avoir les mêmes normes élevées que nous ici au Québec en matière d’adoption? Ils n’ont aucune interdiction. Et pourquoi avons-nous une interdiction pour l’adoption internationale? Je ne pense pas que ce soit juste pour toutes les familles qui attendent un bébé, leur premier bébé… J’espère que Natalia pourra enfin fonder sa famille avant Noël.»

CTV News a contacté les ministères de la Santé et de la Justice du Québec, ainsi que le Secrétariat aux adoptions, mais n’a pas obtenu de réponse avant la publication de cet article.

Le couple affirme se sentir contraint de quitter le Québec s’il souhaite devenir parents.

«Le temps presse, j’ai la quarantaine et nous aimerions fonder une famille», a déclaré Mme Cristancho-Mercado.

«Si le gouvernement ne bouge pas, je devrai prendre une décision pour ma famille, car c’est notre rêve.»

M. Jalbout a ajouté: «C’est pourquoi nous lançons un appel urgent au gouvernement pour qu’il revoie ce moratoire sur les adoptions internationales.»