Un Canadien affirme que son ADN est entre les mains du gouvernement américain après s’être vu refuser l’entrée à la frontière canado-américaine.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Le 18 octobre, Kevin Larson, originaire de Kincardine, en Ontario, se rendait à un rassemblement «No Kings» à Port Huron, dans le Michigan, lorsqu’il a été arrêté pour un «contrôle aléatoire» au poste frontière américain.
Il raconte que ce qui s’est passé ensuite l’a profondément choqué.
«Ils m’ont pris en photo, ils ont relevé mes empreintes digitales, et au bout d’environ deux heures et demie, ils m’ont dit: “Nous ne vous autoriserons pas à entrer. Mais avant cela, vous devez fournir un échantillon d’ADN”», se souvient M. Larson.
«J’ai refusé à deux reprises», a-t-il déclaré.
«Je me suis assis, puis un superviseur m’a emmené dans une pièce privée, m’a fait la leçon et m’a lu la loi, en précisant que je risquais des poursuites — et que si j’étais reconnu coupable, je pourrais écoper d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison.»

Ce physicien médical à la retraite explique qu’il savait qu’il n’était pas un criminel et qu’il ne voulait pas aller en prison ; il a donc donné aux agents frontaliers ce qu’ils voulaient: son ADN.
«J’ai accepté, car j’avais entendu dire que si l’on résiste à la frontière, on peut se voir interdire l’entrée aux États-Unis pendant cinq ans. J’ai un cousin en Géorgie que nous rendons régulièrement visite, et je ne suis pas un criminel, donc ils ne trouveront rien, et je voulais m’assurer de pouvoir toujours passer la frontière», a-t-il dit.
«J’ai donc accepté de me soumettre à un prélèvement d’ADN. »
Larson n’a pas de casier judiciaire et affirme qu’il n’emportait rien d’autre qu’un drapeau canadien pour se rendre au rassemblement «No Kings» à Port Huron. Trois mille rassemblements de ce type, s’opposant à de nombreux changements législatifs mis en œuvre aux États-Unis par l’administration Trump, jugés «autoritaires» et «tyranniques» par les manifestants.
«À la toute fin, j’ai parlé aux principaux agents avec lesquels j’avais affaire. Je leur ai dit d’aller droit au but: quelle est la principale raison pour laquelle on ne m’autorise pas à entrer? Et il m’a répondu que c’était le but de ma visite, monsieur. Donc, d’une manière ou d’une autre, ils ont vu un Canadien avec son drapeau comme une menace pour leur pays. Et je ne comprends pas. Je ne comprends absolument pas.»
— Kevin Larson
Deux membres du Congrès américain, Debbie Dingell du Michigan et Jamie Raskin du Maryland, se sont saisis du cas de M. Larson, demandant aux législateurs américains pourquoi il avait été détenu et à quoi servait l’ADN prélevé.

«Ce type de traitement hostile et arbitraire à la frontière pourrait nuire davantage à l’une de nos relations bilatérales les plus importantes, déjà mise à mal par la diffamation du peuple canadien par le président Trump et ses menaces d’annexer leur pays», indique la lettre de Dingell et Raskin adressée aux départements américains de la Justice, d’État et de la Sécurité intérieure.
M. Larson n’a pas pu se rendre au rassemblement «No Kings» de Port Huron ; il organise donc le premier rassemblement «No Kings» de Grey-Bruce à Owen Sound ce samedi, de 13 h à 15 h, devant l’hôtel de ville d’Owen Sound.
«Le but de ce rassemblement est de faire savoir aux Américains qu’ils ont des amis. Vous savez, nous ne réclamons pas un changement de régime. Nous les soutenons simplement dans leurs activités, leurs actions et leurs rassemblements», a expliqué l’homme.
«Deuxièmement, nous défendons le Canada et dénonçons les attaques contre le Canada, qu’elles soient économiques ou autres. Et la troisième raison pour laquelle nous nous réunissons, c’est pour dire que nous ne serons jamais le 51e État.»
Un mois après avoir été contraint de fournir son ADN à la frontière américaine, Kevin Larson a en fait tenté de retraverser la frontière pour rendre visite à sa famille. Cette fois-ci, avec succès.
«Ils nous ont arrêtés. Je suis resté là pendant une heure. Ils ont regardé mon téléphone. Ils ont vérifié les dossiers, mais ils nous ont laissés entrer.»

