L’ancien chef des forces armées du pays met en garde les Canadiens contre le fait de huer l’hymne national américain lors des matchs de hockey, soulignant que le Canada ne devrait pas «brûler ses ponts» avec les États-Unis.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
Le général à la retraite Wayne Eyre, ancien chef d’état-major de la Défense, a indiqué que le Canada ne devrait pas «rejeter aveuglément les alliances existantes», même si celle avec les États-Unis «devient plus transactionnelle».
«Compte tenu de cette réalité, nous devons faire attention à ne pas brûler les ponts avec ceux qui nous sont encore amis, à ne pas susciter un nationalisme à grande échelle, en ne considérant pas la population comme distincte du gouvernement, en huant les hymnes nationaux lors des matchs de hockey et en retournant contre nous ceux qui nous sont amis», a indiqué M. Eyre lors d’un discours prononcé le 2 juin à l’Université d’Ottawa. L’événement portait sur la diversification des partenariats du Canada en matière de sécurité et de défense.
Le discours de M. Eyre a d’abord été rapporté par le National Post.
Les commentaires de M. Eyre interviennent alors que les relations entre le Canada et les États-Unis ont connu des turbulences dues à des conflits commerciaux, à des droits de douane et aux réflexions du président américain Donald Trump sur la possibilité de faire du Canada le 51e État américain.
Après que Trump eut pour la première fois qualifié le Canada de 51e État, les partisans canadiens ont hué l’hymne américain lors de plusieurs matchs à domicile, notamment ceux des Canadiens de Montréal, des Sénateurs d’Ottawa et des Jets de Winnipeg de la LNH, ainsi que ceux des Blue Jays de Toronto de la Ligue majeure de baseball et des Raptors de Toronto de la NBA.
La tendance à huer l’hymne américain a atteint son paroxysme lors de la Confrontation des 4 nations de la LNH en février 2025, lorsque le Canada a affronté les États-Unis à Montréal. Après une salve de huées, trois bagarres ont éclaté dans les neuf premières secondes du match.
De plus, M. Trump a exprimé mercredi qu’il ne comptait pas renouveler l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, bien que le Canada ait l’intention de le faire. M. Trump a dit que son pays n’avait besoin de rien de ce que le Canada ou le Mexique possèdent. Les négociations entre les États-Unis et le Canada se poursuivent depuis des mois, alors que les trois pays doivent respecter la date limite du 1er juillet pour soit renouveler l’accord de libre-échange pour 16 ans, soit s’engager à des révisions annuelles.
M. Eyre a laissé entendre que les relations entre le Canada et les États-Unis seraient «difficiles» à gérer.
«Et pour ma part, je ne crois pas qu’elles reviendront à ce qu’elles étaient ou à ce que nous pensions qu’elles étaient», a-t-il indiqué. «Donc, pour coexister, je crois que nous devons nous rendre aussi indispensables que possible.»
M. Eyre a également mis en garde contre un pivot vers la Chine dans son discours à l’Université d’Ottawa et lors d’une entrevue à l’émission Question Period de CTV diffusée le 7 juin dernier.
«Nous sommes voisins et nous partageons un continent, et cela ne changera pas», a déclaré M. Eyre à l’animatrice Vassy Kapelos.
Avec des informations de Brennan MacDonald, Hunter Crowther et Luca Caruso-Moro pour CTV News et La Presse Canadienne

