Société

Tragédie du Collège Dawson: des survivants encore «sous le choc» 20 ans plus tard

«J’étais sur mon dos, sur le trottoir, je regardais le ciel. Je ne savais pas du tout ce qui se passait», se souvient une survivante.

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Fusillade au Collège Dawson: 20 ans plus tard Près de 20 ans après la fusillade au Collège Dawson, une cérémonie avait lieu vendredi à Montréal pour rendre hommage à Anastasia de Sousa et aux survivants.

Montréal commémorait les 20 ans de la tragédie du Collège Dawson vendredi.

Le 13 septembre 2006, un tireur muni d’une carabine semi-automatique ouvre le feu devant le collège Dawson avant de poursuivre son carnage dans la cafétéria. Dans cette attaque, une femme de 18 ans, Anastasia De Sousa perd la vie. Près d’une vingtaine de personnes ont été blessées.

Le tireur a retourné son arme contre lui et s’est donné la mort après avoir été atteint par un policier. L’auteur de cette tuerie, Kim Vergil, originaire de Laval, possédait une collection impressionnante d’armes à feu.

La cérémonie de commémoration a permis à plusieurs personnes de souligner les proches de la victime et des survivants. Mais elle a aussi permis à certains de se réunir pour la première fois en 20 ans.

Jean-Mari Dufresne, qui a été parmi les premiers répondants à être arrivés sur place le 13 septembre 2006, a pu revoir pour la première fois depuis la tragédie Meaghan Hennegan, une jeune femme qui avait été atteinte par deux projectiles lors de la fusillade.

«Je suis encore un peu sous le choc parce que ça faisait 20 ans que je n’étais pas revenu sur place», a indiqué M. Dufresne.

Il raconte qu’il donnait une formation de RCR au Collège des médecins le matin de la tragédie. Il était parti manger avec un collègue au centre commercial Alexis Nihon, situé à proximité du Collège Dawson, sur l’heure du midi

«Pendant qu’on mangeait notre sandwich, on a constaté un tsunami d’humains qui rentrait dans la place Alexis Nihon. J’ai dit à mon collègue: “Je vais aller voir, d’un coup que c’est de quoi gros”. À contre-courant, je suis allé vers l’extérieur. Je suis sortie sur Maisonneuve et c’est là que j’ai aperçu qu’il y avait deux personnes par terre», se souvient-il.

Parmi les blessés se trouvait Meaghan Hennegan.

«J’ai été atteinte dans la jambe droite en premier, je suis tombé et j’ai été atteint au bras droit. Après ça, j’étais sur mon dos, sur le trottoir, je regardais le ciel. Je ne savais pas du tout ce qui se passait», raconte la survivante.

Elle était avec sa mère.

«Elle se pensait chanceuse parce que c’était le seul parent dans la ville qui savait ce qui est arrivé avec son enfant», souligne Meaghan Hennegan.

Le ministre sortant de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, occupait le poste de porte-parole pour la police de Montréal. Il raconte que plusieurs parents ont tenté par tous les moyens de rentrer dans le Collège pour retrouver leurs enfants.

«Le réseau cellulaire a complètement flanché. Donc, les parents avaient entendu à la radio qu’il y avait quelque chose à Dawson et lorsqu’ils appelaient leurs enfants, ça ne répondait pas. Les parents ont fait ce que tout parent fait, ils ont décidé de se diriger ici, à Dawson, pour voir ce qui est arrivé à leurs enfants», se souvient-il.

«On tentait d’évacuer les gens qui étaient ici et les parents qui voulaient rentrer à l’intérieur voir ce qui se passait. C’était particulier», a raconté M. Lafrenière vendredi.

20 ans plus tard, les proches de la victime et des survivants demandent au premier ministre Mark Carney de prendre davantage de mesures en matière de contrôle des armes à feu. Les familles réclament le retrait total de la circulation des armes d’assaut, notamment les fusils SKS.

«Cet anniversaire qui approche est l’occasion d’honorer les victimes du Collège Dawson par des actes concrets — et non par de nouvelles consultations, des retards ou des excuses», écrivent-elles.

Avec des informations de La Presse canadienne