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Verglas et vent: les Québécois privés d’électricité sont majoritairement rebranchés

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Cocktail météo: le Québec a évité le pire Même si le cocktail météo appréhendé depuis le début de la semaine semble avoir frappé moins fort que prévu, le premier ministre Legault croit que les centres de services scolaires qui ont pris la décision de fermer les écoles mercredi et jeudi ont fait le bon choix.

Le premier ministre François Legault avait bon espoir que la très grande majorité des clients d’Hydro-Québec qui étaient privés d’électricité jeudi devraient être rebranchés avant vendredi, tandis que plusieurs écoles sont demeurées fermées pour une deuxième journée de suite en raison de la météo.

M. Legault avait convié les médias dans les bureaux du ministère de la Sécurité publique, dans l’est de Montréal, jeudi, pour faire le point sur les événements météorologiques des dernières heures.

«Je comprends qu’il y a des gens qui n’ont plus d’électricité depuis un certain nombre d’heures», mais «la grande majorité des pannes d’électricité devraient être réglées d’ici 23 heures ce soir», avait-il indiqué. Effectivement, peu après 23 heures, le nombre de foyers affectés par des pannes d’électricité avait considérablement baissé, d’après le site internet d’Hydro-Québec.

Même si le cocktail météo appréhendé depuis le début de la semaine semble avoir frappé moins fort que prévu, le premier ministre croit que les centres de services scolaires qui ont pris la décision de fermer les écoles mercredi et jeudi ont fait le bon choix.

«Je crois que c’était la bonne décision à prendre, mais on a laissé chaque centre de services prendre sa décision», a indiqué M. Legault.

La météo n’est pas «une science exacte», a-t-il ajouté, en précisant qu’il «aime mieux être plus prudent que moins prudent» et que, même si le verglas est arrivé plus tard que prévu, plus de 200 000 foyers étaient quand même privés d’électricité en fin de journée mercredi.

Après quelques épisodes de pluie intermittente en début de journée, mercredi, des bandes de pluie verglaçante ont traversé le sud de la province en fin d’après-midi, en soirée et pendant la nuit.

C’est pendant la soirée que le nombre de pannes d’électricité a augmenté considérablement. Tôt jeudi, le nombre de clients d’Hydro-Québec privés d’électricité atteignait les 215 000, un sommet dans les deux derniers jours.

Le nombre d’interruptions diminue considérablement

Environ 9200 adresses étaient toujours privées d’électricité jeudi un peu après 23h00. Une forte baisse par rapport au plus de 33 500 clients qui étaient touchés aux alentours de 18h30.

Le Centre-du-Québec était la région la plus touchée, avec 5280 adresses sans courant. Les pannes affectaient aussi environ 1170 foyers en Chaudière-Appalaches, 1630 dans les Laurentides. À Montréal, seuls 70 foyers étaient encore affectés.

«Pour l’instant, on constate peu de dommages majeurs à nos équipements, mais on est encore en train de faire le bilan de tout ça», avait mentionné en entrevue Louis-Olivier Batty, qui est porte-parole pour Hydro-Québec, jeudi matin.

«Donc ça, c’est la bonne nouvelle: des dégâts qui sont nombreux, mais qui sont assez facilement réparables», a-t-il précisé, soulignant que la société d’État peut compter sur 2000 travailleurs pour faire les réparations sur le terrain.

«Plus facile» qu’en 2023

En point de presse, la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Claudine Bouchard, a expliqué que la tempête des derniers jours était «complètement différente de celle de 2023», qui avait privé d’électricité plus d’un million de foyers.

En avril 2023, «le cœur» du système météorologique était sur «le territoire de Montréal», alors que cette fois-ci, le système s’est déplacé sur un «vaste territoire», a expliqué la PDG d’Hydro-Québec, qui accompagnait François Legault jeudi à Montréal.

«C’est beaucoup plus facile de travailler sur un grand territoire que d’être concentré dans des rues à Montréal où on a des maisons endommagées, des voitures à déplacer, et où des services d’urgence doivent se déplacer.»

Opération préventive de déglaçage d’une ligne à haute tension

Claudine Bouchard a également expliqué que ses équipes avaient mené une opération de déglaçage pour libérer une ligne de transport à 735 000 volts mercredi soir dans la région de Québec.

Cette «opération exceptionnelle et préventive a été réalisée pour la toute première fois en situation de verglas», selon Hydro-Québec.

«Il s’agit d’un équipement qu’on appelle déglaceur» qui «envoie un courant de haute intensité» dans la ligne électrique pour la «chauffer » et «faire tomber la glace», a expliqué Claudine Bouchard.

Le premier ministre a lui aussi fait référence à cette intervention en expliquant que le travail des intervenants avait été facilité par la fermeture de plusieurs tronçons d’axes routiers pendant la durée de l’opération.

Certaines écoles sont restées fermées

À Montréal, le service du Réseau express métropolitain (REM) avait été interrompu entre les stations Brossard et Gare Centrale pendant l’heure de pointe de jeudi matin en raison d’une accumulation «exceptionnelle de verglas sur la caténaire sur une portion du réseau». Le service était de retour à la normale en fin d’avant-midi.

Pour ce qui est des écoles, la situation variait grandement dans les différentes régions de la province.

Si certains centres de services scolaires ont rouvert leurs établissements, d’autres ont choisi de fermer leurs écoles pour une deuxième journée consécutive, citant les conditions routières difficiles et des pannes de courant.

Aux aéroports de Montréal et Québec, où les annulations de vols se comptaient par dizaines mercredi, la situation était majoritairement revenue à la normale jeudi.

Une vingtaine de millimètres

En début de journée jeudi, Environnement Canada avait mis fin à tous ses avertissements de pluie verglaçante dans le sud-ouest du Québec, alors que le système météorologique poursuivait sa route vers l’est.

Selon les données préliminaires de l’agence fédérale, l’Outaouais a reçu de 20 à 30 millimètres de pluie verglaçante. Les accumulations ont atteint 20 millimètres à Montréal, de 15 à 20 millimètres dans les Laurentides et de 10 à 15 millimètres à Québec.

Ces quantités concordent globalement avec ce qui avait été prévu par les météorologues. Or, la présence de grésil, qui s’est mêlé à la pluie verglaçante, a fait en sorte que les conséquences de ce système n’ont pas été aussi graves que lors d’événements similaires survenus dans les dernières années.

Mathieu Paquette

Mathieu Paquette

Journaliste

Stéphane Blais

Stéphane Blais

Journaliste