Les clients attentifs de Tim Hortons pourraient bientôt remarquer quelques changements dans la chaîne de cafés.
La société lance un muffin anglais amélioré, ajoute des machines à boissons à certains restaurants et inaugure un nouvel équipement pour l’espresso, a confirmé jeudi le président Axel Schwan.
Bien qu’il estime que Tims propose déjà un «excellent» muffin anglais, il a dit à la Presse canadienne que son entreprise souhaitait modifier la recette de nombreux sandwichs servis au petit-déjeuner «afin de les rendre encore plus moelleux et agréables à manger».
D’ici la fin de la semaine, le nouveau muffin sera lancé dans l’ouest du Canada et d’ici la fin du trimestre, il sera disponible dans tous les restaurants du pays.
«Cela montre que nous sommes vraiment très attentifs aux commentaires de nos clients et que nous continuons à améliorer nos produits de base tout en innovant», a-t-il dit.
Les modifications apportées au muffin anglais font suite à l’amélioration de plusieurs autres produits phares de Tims. L’année dernière, ses cookies aux pépites de chocolat ont été agrandis et enrichis en chocolat pour les rendre encore plus fondants. L’entreprise a également ajouté plus de fruits à ses beignets aux pommes et plus de garniture à ses beignets Boston Cream.
Ces modifications ne font pas seulement écho à la stratégie de «retour aux sources» lancée par M. Schwan après être devenu président de Tims Canada et États-Unis en 2019, mais elles montrent également comment l’entreprise tente de se démarquer sur un marché ultra-concurrentiel où les clients se sentent pris à la gorge.
Ces dernières années, Tims a commencé à concurrencer la plupart des grands acteurs de la restauration rapide en lançant des wraps, des bols à base de riz et des pizzas à pâte fine afin d’augmenter ses ventes l’après-midi et le soir.
Elle s’est également immiscée sur le territoire de Starbucks avec des boissons plus inventives et tendance. Elle vend désormais des boissons énergisantes et des boissons enrichies en protéines ou à base de gaz carbonique ou de mousse froide.
Au cours du dernier trimestre, les boissons froides ont représenté 27 % des ventes totales de boissons de l’entreprise. Elles ont augmenté de 8,6 % malgré des températures plus froides que d’habitude en décembre.
De nouvelles machines à expresso et à boissons gazeuses devraient stimuler encore davantage la croissance.
La machine à expresso a nécessité des années de développement, mais elle est beaucoup plus rapide que l’ancien équipement de Tims, a expliqué M. Schwan.
«Voyez les choses ainsi : un produit de meilleure qualité, un produit plus savoureux que nous pouvons servir plus rapidement», a-t-il ajouté.
Jusqu’à présent, elle est présente dans environ 10 % des restaurants de l’entreprise, mais à mesure que les établissements seront rénovés et que les anciennes machines vieilliront, elle deviendra la norme dans toute la marque.
Les machines à boissons sont un développement encore plus récent sur lequel Tims a travaillé avec Coca-Cola.
Elles ne sont pas encore présentes dans tous les magasins, mais ces machines permettent d’augmenter les ventes de combos et « jouent un rôle clé » avec de nombreuses autres boissons froides que la marque explore, a-t-il mentionné.
Les remarques de M. Schwan font suite à l’annonce par RBI, la société propriétaire de Tims, Burger King, Popeyes et Firehouse Subs, d’une baisse de ses bénéfices au quatrième trimestre par rapport à l’année précédente, mais d’une augmentation de son chiffre d’affaires.
RBI, qui tient sa comptabilité en dollars américains, a déclaré que son bénéfice attribuable aux actionnaires ordinaires s’élevait à 113 millions de dollars américains, soit 34 cents américains par action diluée, pour le trimestre clos le 31 décembre. Ce résultat est à comparer au bénéfice de 259 millions de dollars américains, soit 79 cents américains par action diluée, enregistré au cours des trois derniers mois de 2024.
Sur une base ajustée, RBI déclare avoir réalisé un bénéfice de 96 cents américains par action diluée, contre un bénéfice ajusté de 81 cents américains par action diluée un an plus tôt.
Le chiffre d’affaires du trimestre s’est élevé à 2,47 milliards de dollars américains, contre 2,30 milliards au quatrième trimestre 2024, tandis que les ventes à l’échelle du système ont atteint 12,13 milliards de dollars américains, contre 11,28 milliards.
Certains segments de l’entreprise, en particulier Burger King, ont été pénalisés par la hausse des prix du bœuf due à la diminution des troupeaux de bovins aux États-Unis.
D’autres ont dû faire face à la hausse des coûts du café, conséquence des conditions météorologiques extrêmes dans les pays producteurs de café et de l’incertitude tarifaire.
Tims ne propose pas beaucoup de produits à base de bœuf, de sorte que la hausse des coûts de la viande « ne joue pas un rôle important » dans la chaîne, mais elle a augmenté le prix du café de trois cents en moyenne par tasse l’année dernière, ce qui marque la première fois en trois ans environ qu’elle ajuste le prix du café.
Jeudi, M. Schwan a déclaré que la société commençait à voir une amélioration. Le coût du café a «considérablement baissé» ces derniers mois, a-t-il affirmé.
Patrick Doyle, président exécutif de RBI, a dit jeudi lors d’une conférence téléphonique sur les résultats que la société avait bien géré les difficultés.
Ses ventes comparables au Canada ont augmenté de 2,8 % au cours du dernier trimestre, surpassant de près de deux points l’ensemble du secteur canadien de la restauration rapide.
Dans l’ensemble, il a déclaré que l’année dernière avait été «difficile» pour les restaurateurs, compte tenu de la hausse des coûts et de l’incertitude géopolitique liée à la guerre tarifaire menée par le président américain Donald Trump, qui a pesé tant sur les entreprises que sur les consommateurs.
«Dans l’ensemble, ce type d’environnement a permis de tester les fondamentaux du secteur de la restauration», a mentionné M. Doyle.
«Dans ce contexte, nos performances ont démontré que les fondamentaux sous-jacents de notre portefeuille sont non seulement résilients, mais aussi en amélioration.»

