Société

Témoignages: sortir de la violence avant qu’il ne soit trop tard

«Ils m’ont dit “On te croit”.»

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Ressources pour hommes: aller chercher de l’aide avant de commettre des gestes irréparables

Depuis six mois, les demandes d’aide à la Ressource pour hommes de la Haute-Yamaska ont triplé si bien que la liste d’attente de l’organisme comporte une soixantaine de noms. Voici le témoignage de trois hommes pour qui ses services ont été capitaux : ils ont demandé de l’aide avant de commettre l’irréparable.

Jacques

«Je crois qu’avec Jacques, ce qu’il lui a fait vraiment peur, c’est sa tentative de suicide», a partagé à Noovo Info Mélodie Beaudoin, coordonnatrice clinique à la Ressource pour hommes de la Haute-Yamaska.

Mme Beaudoin explique que l’homme est issu d’une génération particulière. «Il faut se rappeler la culture qu’il traîne, la façon dont la religion était propagée, les parents avaient douze enfants, les enfants se faisaient battre, taper. Il n’y avait pas d’espace pour des petits câlins», a-t-elle mis en lumière.

Jacques révèle avoir eu plusieurs problèmes émotifs par le passé, notamment avec son épouse. «Elle m’a quittée», a-t-il partagé tout en confiant qu’il a alors tenté de s’enlever la vie. «Je n’étais pas un gars qui discutait longtemps. Il a fallu que mon intervenant travaille fort, mais il a fallu que je travaille fort aussi».

L’épouse de Jacques est revenue près de lui et le couple est toujours ensemble aujourd’hui. «Il n’y a plus de chicane dans la maison», a-t-il partagé ému.

Dominic

Dominic a aussi fait un pas vers la Ressource pour hommes de la Haute-Yamaska pour obtenir de l’aide.

«Quand ils [les intervenants] m’ont rencontré au début, je ne me sentais pas trop à l’aise parce que j’ai eu des problèmes de consommation, des problèmes dans ma vie, la DPJ était entrée dans ma vie», a-t-il partagé à la caméra de Noovo Info.

«Ce qui m’a vraiment aidé c’est qu’ils m’ont dit “On te croit”», a-t-il souligné.

Mélodie Beaudoin affirme que les hommes qui recherchent de l’aide le font parfois en pensant à leur enfant, comme Dominic. «Son gars, c’était toute sa vie», a-t-elle dit.

«C’est un exemple incroyable de plusieurs hommes qui viennent ici, qui sont bouleversés de savoir qu’ils vont transmettre des comportements violents. Je ne te parle pas nécessairement d’être violent avec leur enfant, mais je te parle de voir un papa qui donne un coup sur la table, qui lève le ton», a-t-elle expliqué.

Dominic a la garde de son fils, à temps plein, depuis environ 8 mois. «Il est attachant, il est gentil, il est toute ma vie. Je me concentre sur moi et mon fils, rien d’autre présentement», a-t-il confié.

Georges

Georges s’est ouvert à Noovo Info en parlant de sa difficulté avec les émotions et la communication.

«Parfois, en tant qu’homme, je garde trop longtemps. J’ai un trop-plein et quand ça pète, ça pète trop», a-t-il partagé, conscient qu’il ne réagissait pas de la bonne façon.

Georges avoue avoir frappé et blessé par le passé.

«J’étais à bout. C’était une façon de m’en sortir qui n’était pas élégante, que j’ai regrettée, qui m’a amené à avoir envie de mourir, qui n’est pas bonne», a-t-il confié.

«[…] Je pense que la violence est parmi les choses où l’homme peut descendre le plus bas. […] C’est dur d’avoir à se pardonner d’avoir frappé. C’est dur de se pardonner d’avoir blessé», a exprimé Georges.

Les détails dans la vidéo.

Pour avoir de l’aide via la Ressource pour hommes de la Haute-Yamaska, composez le 450-77-6680.