Nicola Shand attend depuis trois mois que sa déclaration de revenus soit traitée. La femme de Brampton, en Ontario, espère obtenir un remboursement d’impôt, notamment parce qu’elle a du retard dans le paiement de son loyer.
«Ça me met un peu sous pression en ce moment, parce que je ne sais pas où j’en suis et je ne sais pas ce qui se passe», a avoué cette mère célibataire de deux enfants âgés de 12 et 2 ans, lors d’une entrevue sur Zoom avec CTV News mardi.
Mme Shand ne comprend pas pourquoi il y a un retard, car sa déclaration de revenus n’était pas très différente cette année.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Pour la plupart des contribuables, la date limite pour produire sa déclaration de revenus était le 30 avril. Dans certains cas, les travailleurs autonomes ont jusqu’au 15 juin. La date limite est également différente pour ceux qui produisent une déclaration au nom d’une personne décédée, ou au nom du conjoint ou du conjoint de fait survivant de la personne décédée.
Mme Shand a affirmé qu’elle produisait normalement sa déclaration de revenus à la fin février, y compris cette année, et qu’elle n’avait jamais connu de retard auparavant. Après avoir appelé l’Agence du revenu du Canada à plusieurs reprises, un agent lui a dit qu’elle pourrait parler à un superviseur ou à un responsable après le 16 juillet si le problème n’était toujours pas résolu d’ici là.
«Tout ce que j’entendais, c’était “désolé”. Tout ce que j’entendais, c’était “c’est en cours d’examen”», a-t-elle raconté.
Mme Shand fait partie des dizaines de personnes frustrées qui ont envoyé un courriel à CTV News cette semaine en réponse à un appel à témoignages concernant les retards dans le traitement des déclarations de revenus. Elles ont signalé qu’elles n’avaient toujours pas reçu leur avis de cotisation ni leur remboursement d’impôt pour 2025.
Certaines personnes avaient des problèmes non résolus et des retards liés aux avis de nouvelle cotisation et au crédit d’impôt pour personnes handicapées, tandis que d’autres se plaignaient que l’ARC leur avait dit qu’il faudrait des mois pour traiter leurs dossiers.
Des inquiétudes
Lorsque Sachin Rikhe, de Waterloo, en Ontario a vérifié son compte de l’ARC en ligne, il a appris que sa déclaration de revenus ne serait traitée qu’en septembre, bien qu’il l’a initialement déposée fin février. Il avait dû la déposer à nouveau fin mars pour y apporter quelques modifications.
«Je n’avais jamais connu de retard avant cette année», a-t-il confié à CTV News lors d’une entrevue sur Zoom mardi. Il a expliqué que ses déclarations d’impôt étaient traitées en quelques jours auparavant et qu’il n’y avait «rien de compliqué» dans sa déclaration de cette année.

Il a précisé qu’il avait besoin de l’avis de cotisation pour sa demande visant à convertir son prêt hypothécaire à taux variable en prêt à taux fixe afin d’éviter la possibilité de paiements plus élevés.
«Je veux que ma demande de prêt hypothécaire soit finalisée dès que possible, car vous savez comment le marché fluctue chaque jour», a soutenu M. Rikhe, ajoutant qu’il espérait que sa banque ferait une «exception» en cas de retard dans l’avis de cotisation.
«Stress financier important»
Brahim Lahlal, d’Edmonton, a affirmé que ses problèmes liés au retard des documents fiscaux remontaient à 2024. Dans un courriel envoyé mardi à CTV News, il a indiqué que sa déclaration de revenus de 2025 n’avait pas encore été évaluée, alors qu’il l’avait déposée le 18 avril, bien qu’il ait précisé que son dossier n’était pas complexe. Ces ajustements au titre du crédit d’impôt pour personnes handicapées sont en cours d’examen depuis octobre 2025 et sa réévaluation fiscale de 2024 reste «en suspens» malgré «de multiples relances», selon lui.
Il a ajouté qu’un autre casse-tête concernait une erreur de déclaration de paie commise par son comptable l’année dernière, qui n’a toujours pas été résolue, ce qui a conduit l’ARC à lui imposer des pénalités et des intérêts.
«Cette situation a causé un stress financier important pour moi et ma famille», a-t-il écrit. «J’ai essayé de coopérer pleinement, de fournir les documents demandés et de suivre les procédures appropriées, mais les retards se sont prolongés pendant de nombreux mois sans réponse.»
SueEllen Frankowski, de Swift Current, en Saskatchewan, est aussi frustrée par l’ARC. Pour la première fois depuis qu’elle produit sa déclaration de revenus, son avis de cotisation était en retard cette année.
Elle a produit sa déclaration pour la première fois le 28 février, mais aucune mise à jour n’a été affichée sur son compte en ligne de l’ARC.

«J’ai parlé à trois agents, et ils m’ont dit que ma déclaration était “complexe” sans donner de délai estimé pour son traitement», a-t-elle écrit dans un courriel adressé mardi à CTV News.
Lors de son dernier appel à l’ARC le 9 mai, elle a indiqué qu’un agent lui avait dit qu’elle pourrait rappeler après le 12 juin si elle n’avait toujours pas reçu son avis de cotisation d’ici là.
«Il n’y a personne à qui s’adresser ou vers qui monter en escalade au-delà d’un agent de première ligne, et personne pour en assumer la responsabilité», a-t-elle ajouté.
L’ARC «reconnaît la frustration»
Sylvie Branch, porte-parole de l’Agence du revenu du Canada, a expliqué à CTV News dans un courriel envoyé mercredi que l’ARC «reconnaît la frustration» ressentie par certains contribuables.
Selon elle, l’ARC traite actuellement un nombre plus élevé de demandes de redressement, ce qui a contribué à allonger les délais de traitement, en particulier pour les réévaluations et les remboursements connexes.
«Ces cas nécessitent souvent des renseignements supplémentaires ou une vérification plus approfondie, ce qui peut avoir une incidence sur les délais de traitement», a écrit la porte-parole.
Pour les déclarations électroniques produites à temps, on a précisé que l’objectif de l’ARC était d’émettre des avis de cotisation dans un délai de deux semaines, dans 95 % des cas. L’ARC respecte généralement ses normes de service, sauf si les déclarations de revenus nécessitent une validation ou un examen supplémentaire, selon la porte-parole.
Les déclarations produites sur papier sont soumises à des normes de service différentes.
Plus de 97% des quelque 30 millions de déclarations de revenus reçues jusqu’à présent pour la saison de déclaration fiscale en cours ont été évaluées à ce jour, a déclaré Mme Branch.
En ce qui concerne le crédit d’impôt pour personnes handicapées, les «délais de traitement se sont améliorés» à la suite de mesures telles que l’optimisation des processus. Le traitement des demandes devrait désormais être effectué dans un délai de huit semaines.
«Cependant, des retards peuvent encore survenir lorsque des ajustements fiscaux connexes sont nécessaires, car ceux-ci sont traités séparément et peuvent prendre plus de temps selon leur complexité», a mentionné la porte-parole de l’agence fédérale, soulignant que l’ARC «prend des mesures» pour améliorer le service.

