Une mère du Manitoba prend la parole après le décès de son fils de 21 ans, survenu à la suite de ce que la GRC qualifie d’attaque d’animal. Elle pense qu’un ours est responsable et critique ce qu’elle qualifie de lenteur dans l’intervention des agents de conservation.
La GRC de Swan River indique avoir reçu, le 9 septembre, un signalement concernant un décès suspect au sein de la Nation crie de Sapotaweyak, à un peu moins de 600 kilomètres au nord-ouest de Winnipeg. À leur arrivée, les agents ont trouvé un homme de 21 ans sans vie sur une route de la communauté, et les Services des crimes majeurs de la GRC du Manitoba ont pris en charge l’enquête.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Une autopsie a déterminé que la cause préliminaire du décès était une attaque par un animal, bien que la GRC précise dans un communiqué de presse que l’animal en question n’a pas encore été identifié.
Paula Campeau a expliqué à CTV News que cet homme était son fils, Moses Campeau — qu’elle a décrit comme un homme exceptionnellement fort et travailleur, qui exerçait le métier de bûcheron et était bien connu dans la communauté.
«Mon Moses était un vrai gentleman», a-t-elle dit. «Les gens faisaient tout le temps appel à lui… il aurait donné sa chemise pour t’aider. C’était un touche-à-tout.»
Elle a ajouté que son fils était connu pour sa force physique.
«Il lançait des pneus comme si de rien n’était», a-t-elle dit. « l soulevait littéralement ma laveuse et ma sécheuse tout seul, les installait… comme s’il soulevait des billes de bois, ramassait notre bois de feu tout seul. C’est dire à quel point cet homme était fort.»
Elle a expliqué que Moses rentrait à une fête tard dans la nuit après avoir déposé son frère quand il a été attaqué. La fête était une célébration à la mémoire de son cousin décédé.
Mme Campeau a expliqué que deux femmes dans une camionnette ont été les premières à trouver son fils après l’attaque. «Il était encore en vie», a-t-elle dit. «Il était allongé sur le dos, et elles ont été choquées de le trouver dans cet état.»

Elle a expliqué que son bras droit avait été gravement sectionné et qu’il avait des blessures au niveau de l’estomac et de la cuisse. Les femmes ont couvert ses blessures avec des serviettes et une couverture pendant qu’elles cherchaient de l’aide et tentaient de lui faire une réanimation cardio-pulmonaire, selon elle, mais elles n’ont pas pu le sauver.
«Il gémissait», a dit Mme Campeau. «Au bout d’environ une heure et demie, (l’une d’elles) a dit qu’il avait rendu son dernier souffle.»
«Mon fils s’est battu pour sa vie», a-t-elle dit.
Selon elle, il avait fallu environ deux heures avant qu’une ambulance n’arrive.
En raison de la nature de ses blessures, Mme Campeau a expliqué que la GRC avait d’abord traité ce décès comme un homicide et fait venir des enquêteurs de Brandon et de Winnipeg. Elle a dit avoir pu voir le visage de son fils après l’attaque et n’avoir constaté aucun des traumatismes auxquels elle se serait attendue après une agression violente.
«Il n’avait pas d’œil au beurre noir, pas de lèvre fendue, pas de saignement de nez», a-t-elle indiqué. « Il avait genre une égratignure sur le front, et ce n’était pas une entaille… c’était une égratignure profonde.»
«J’ai donc tout de suite su que ce garçon n’avait pas été tué par un humain», a-t-elle avoué. «Je l’ai su rien qu’en regardant son visage.»
Mme Campeau a dit qu’un enquêteur avait plus tard indiqué à la famille que les causes possibles comprenaient un gros chien, un loup ou un petit ours. La famille croit qu’un ours — peut-être une mère protégeant son ourson — était responsable, soulignant qu’un ourson avait été aperçu dans la région quelques jours avant l’attaque.
Elle affirme que personne de Conservation Manitoba n’était venu dans la communauté jusqu’à lundi après-midi pour installer des pièges, même si des ours avaient été repérés à plusieurs reprises près des maisons de la région.
«C’est ridicule de devoir attendre qu’ils apportent leur équipement », a-t-elle dit. «Ils auraient déjà dû être là pour installer ces pièges.»
Entre-temps, elle a expliqué que la communauté avait pris les choses en main. Son mari, un conseiller de bande, a discuté avec les résidents pour organiser leurs propres pièges à ours, a-t-elle précisé, et des jeunes hommes patrouillent la nuit en VTT pour repousser les ours loin des abords de la communauté.
«C’est juste la communauté — ils font tout ça pour assurer la sécurité de leur communauté», a-t-elle affirmé.
Dans un communiqué adressé à CTV News, un porte-parole provincial a indiqué que l’équipe chargée des attaques de prédateurs du Service des agents de conservation du Manitoba participe à l’enquête de la GRC.
«Alors que le travail se poursuit pour déterminer quel type d’animal pourrait être en cause, l’enquête préliminaire a permis d’écarter la possibilité d’une attaque d’ours», peut-on lire dans une partie du communiqué.
Mme Campeau souhaite que les gens comprennent que même quelqu’un qui a l’habitude de la vie en plein air peut être en danger. «Il y a de l’imprévisible dans ce monde», a-t-elle prévenu.
Elle a ajouté qu’un service funéraire était prévu pour son fils dans la communauté plus tard ce mois-ci.
Avec des informations de Jon Hendricks pour CTV News

