Société

Six pétrolières feraient 3000$ US de bénéfices par seconde, dénonce Oxfam

«Taxer les riches pollueurs, qui n’ont aucune intention d’investir dans un avenir propre, est essentiel à une transition juste.»

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Vue de la raffinerie Chevron de Richmond depuis Point Richmond, en Californie, le mardi 24 octobre 2023. Vue de la raffinerie Chevron de Richmond depuis Point Richmond, en Californie, le mardi 24 octobre 2023.

Les six plus grands producteurs de pétrole devraient réaliser des bénéfices de 94 milliards $ US en 2026, soit 14 milliards $ de plus qu’en 2025, selon une analyse publiée par Oxfam à l’ouverture de la première conférence sur l’abandon progressif des énergies fossiles, en Colombie.

Chevron, Shell, BP, ConocoPhillips, Exxon et TotalEnergies devraient empocher ensemble 37 millions $ US de profits supplémentaires par jour en 2026, par rapport à 2025.

«Ces six géants pétroliers vont gagner près de 3000$ US de bénéfices par seconde et, pendant ce temps, des millions de personnes (dans le monde) n’ont toujours pas accès à une énergie de base ou à l’électricité», s’est indignée Léa Pelletier-Marcotte, analyste politique pour Oxfam.

Les estimations d’Oxfam sont basées sur des données recueillies entre le début du mois de janvier et le 26 mars 2026, près d’un mois après le début du conflit en Iran et de la flambée des prix à la pompe qui s’en est suivi.

«Taxer les riches pollueurs»

Dans son analyse, l’organisme à but non lucratif accuse «les entreprises du secteur des combustibles fossiles et les ultrariches qui en tirent profit» de creuser les inégalités et de tourner le dos aux populations les plus touchées par la crise climatique.

«Taxer les riches pollueurs, qui n’ont aucune intention d’investir dans un avenir propre, est essentiel à une transition juste. À Santa Marta, les gouvernements doivent mettre fin à l’ère des pollutocrates», a écrit Mariana Paoli, responsable des politiques climatiques chez Oxfam, dans un communiqué.

Une cinquantaine de pays réunis à Santa Marta

Oxfam fait partie des organisations qui participent à la Conférence de Santa Marta, en Colombie, où une cinquantaine de pays sont réunis pour un sommet qui vise à accélérer la transition énergétique et l’abandon des énergies fossiles.

Cette réunion est née de la frustration grandissante de certains gouvernements et militants face à l’incapacité, lors des conférences climatiques organisées par les Nations unies, de discuter directement d’une feuille de route pour l’élimination progressive des énergies fossiles, principale cause du réchauffement climatique.

Contrairement aux négociations formelles de l’ONU sur le climat, la conférence de Santa Marta ne devrait pas aboutir à des engagements contraignants, l’objectif étant plutôt de formuler des propositions et de constituer des coalitions de pays qui s’engagent à accélérer la sortie des énergies fossiles.

Des représentants des gouvernements canadien et québécois sont attendus à Santa Marta.

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À l’occasion de la première conférence mondiale consacrée à la sortie des énergies fossiles, Oxfam a également publié un sondage, réalisé dans sept pays, le Royaume-Uni, France, Brésil, Turquie, Australie, Pays-Bas et Colombie.

L’enquête réalisée par Norstat en avril 2026 montre qu’en moyenne, 68 % des personnes appuient une hausse des impôts sur les profits des grandes entreprises pétrolières et gazières, afin de financer la transition énergétique.

La grande majorité des personnes interrogées dans les différents pays, entre 59 % à 77 %, estiment que leur gouvernement devrait investir davantage dans les énergies renouvelables, plutôt que dans l’augmentation de la production de combustibles fossiles.

Entre 57 % à 75 % considèrent qu’il est inacceptable que les entreprises pétrolières et gazières engrangent d’énormes profits sans assumer la responsabilité des dommages causés par la crise climatique qu’elles alimentent.

Stéphane Blais

Stéphane Blais

Journaliste