La police québécoise enquête sur le sixième cas de féminicide présumé en autant de semaines après qu’une femme a été retrouvée sans vie à côté du corps d’un homme dans une maison de la rive sud de Montréal.
Mardi, la police de Longueuil a déclaré que l’enquête était en cours, mais qu’à ce stade, «nous pouvons dire que, selon toute vraisemblance, il s’agit d’un cas de féminicide suivi d’un suicide».
Les agents ont été appelés dans une maison de l’avenue Bienvenue à Brossard après avoir reçu un appel au 911 à 00 h 45 lundi matin pour une agression présumée à main armée.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
À leur arrivée, les agents ont découvert deux personnes décédées dans la maison, présentant des traces de violence sur leur corps. La police a identifié l’homme comme étant Marcos Amilcar Diaz Lopez, 56 ans, et la femme comme étant Sonia Maricela Gonzalez Vasquez, 54 ans, qui vivaient ensemble.
Ils ont été déclarés morts sur les lieux.
La police indique avoir déjà été appelée à cette adresse par le passé.
M. Diaz Lopez, confirmé comme étant le propriétaire de la maison, faisait l’objet de plusieurs accusations en 2024, notamment pour agression, menaces et harcèlement, mais selon les dossiers judiciaires, les accusations ont été retirées l’année dernière.
Il y a eu cinq autres cas présumés de féminicides au Québec depuis le début de l’année 2026.
«Un autre féminicide»
SOS Violence Conjugale, une organisation à but non lucratif qui œuvre pour assurer la sécurité des victimes de violence conjugale et de leurs enfants, tire la sonnette d’alarme depuis quelques semaines sur la prévalence de la violence domestique au Québec.
Mardi, le groupe a réagi au dernier cas présumé de féminicide survenu sur la rive sud de Montréal.
«Depuis des années, nous dénonçons la prévalence élevée de la violence conjugale et les risques auxquels les femmes sont exposées dans leur propre foyer. Depuis des années, nous dénonçons le manque de ressources et exprimons nos inquiétudes concernant la violence post-séparation, qui maintient le danger bien après la fin de la relation», a écrit l’organisation sur sa page Facebook.
«Des années... et pourtant. Un autre féminicide.»
Le bureau de Caroline Proulx, ministre québécoise responsable de la Condition féminine, a déclaré à CTV News qu’elle n’était pas disponible pour une interview mardi.
Dans une déclaration écrite, elle a exprimé sa sympathie à la famille de Gonzalez Vasquez, ajoutant : «notre gouvernement a toujours adopté une position claire et sans équivoque : la violence domestique est inacceptable et n’a pas sa place dans notre société.»
«Elle doit être dénoncée et combattue, et nous avons le devoir collectif de protéger toutes les personnes qui en sont victimes. Nous sommes pleinement conscients des besoins croissants dans ce domaine, c’est pourquoi nous agissons avec diligence», peut-on lire dans une partie de la déclaration.
La ministre a souligné les investissements réalisés par la province pour lutter contre ce problème, notamment une subvention gouvernementale de 150 000 dollars pour un projet de sensibilisation mené par À cœur d’homme afin de mieux identifier les risques de meurtre-suicide chez les hommes qui utilisent les services de l’organisation. Il s’agissait d’une recommandation du bureau du coroner du Québec.
Le bureau de Mme Proulx a également souligné la création de nouveaux refuges, dont 13 sont à différents stades de développement.
«Depuis 2018, le financement des organisations a augmenté de près de 98 %, ce qui représente un investissement supplémentaire de près de 156 millions de dollars», peut-on lire dans leur communiqué.
«Les ministères de la Condition féminine, de la Justice, du Logement et de la Sécurité publique travaillent ensemble et ont investi plus d’un milliard de dollars pour mettre en œuvre des mesures concrètes visant à aider les personnes victimes de violence domestique.»
RÉSEAU DE SOUTIEN
Les victimes de violence conjugale peuvent contacter SOS violence conjugale au 1-800-363-9010.

