Société

Santé mentale: une ressource pour les travailleurs de l’hôtellerie et de la restauration

«Être capable de performer sous ce genre de pression, c’est beaucoup pour beaucoup de gens.»

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Chef preparing for the lunch rush Le chef Alexander Di Prima, à Montréal, se prépare pour l'heure de pointe du dîner au Bistro Amerigo. (Lauren Fernandez/CTV News)

L’affluence de l’heure du dîner dans un restaurant peut être imprévisible.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

L’équipe du Bistro Amerigo, situé dans le quartier NDG de Montréal, se prépare dès le matin en prévision du premier service de la journée.

Le chef exécutif Alexander Di Prima fait visiter la cuisine à CTV News Montréal, en soulignant tout le travail de préparation qui y est effectué.

«Chaque matin, c’est un peu comme ça», dit-il.

Cette approche, connue sous le nom de « mise en place » dans le milieu culinaire, permet d’éviter le chaos en cuisine aux heures de pointe.

Stephen Marcone, propriétaire et chef d’Amerigo, est un habitué du monde de la gastronomie, avec plus de 30 ans d’expérience à son actif.

Mais même lui a parfois ressenti la pression en cuisine.

«Dans ce genre d’environnement, on ne vaut techniquement que ce que vaut notre dernière assiette. Être capable de performer sous ce genre de pression, c’est beaucoup pour beaucoup de gens», explique M. Marcone.

C’est une réalité qui pèse lourdement sur les professionnels de ce secteur, selon l’organisme à but non lucratif «The Burnt Chef Project».

Cet organisme a été fondé au Royaume-Uni en 2019 et s’est implanté au Canada il y a deux ans.

Kris Hall a lancé l’organisation après avoir constaté l’impact que le stress peut avoir sur les personnes travaillant dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration.

Tom Mitchell est le PDG de la section nord-américaine de «The Burnt Chef Project» et affirme que les statistiques sont stupéfiantes.

«Quatre-vingt-quatre pour cent des personnes travaillant dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration ont connu un problème de santé mentale d’une sorte ou d’une autre. Sept chefs sur dix ont envisagé de quitter le secteur au cours des deux dernières années.»

—  Tom Mitchell, PDG de la section nord-américaine de «The Burnt Chef Project»

L’organisation passe à l’action en offrant gratuitement des ressources en ligne sur la santé mentale, y compris des évaluations et des services psychologiques.

Elle souhaite sensibiliser le public en mettant l’accent sur la prévention et l’intervention, grâce à divers outils qui, selon M. Mitchell, «vous apprennent à reconnaître ces problèmes chez vous-même et chez les autres».

M. Marcone affirme avoir déjà observé ces signes.

«Fumer de manière excessive, l’alcool, le jeu : ils ont en quelque sorte un alter ego qui leur permet de passer d’un environnement à l’autre, car ils sortent d’un milieu où tout va très vite», explique-t-il.

L’équipe d’Amerigo peut compter les uns sur les autres lorsqu’elle est en plein service.

«Même si nous sommes un petit restaurant de quartier, nous avons une équipe formidable que nous avons su former au fil des ans, à qui les gens peuvent parler», a soutenu Marcone.

Ce n’est pas toujours le cas dans tous les restaurants, et M. Mitchell explique que c’est en partie pour cette raison que «The Burnt Chef Project» a décidé d’agir.

«Nous devons aller vers ces personnes et leur enseigner des compétences. Prendre soin de soi, la conscience de soi, comment poser des questions, comment trouver une communauté», a-t-il dit.

Lauren Fernandez

Lauren Fernandez

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CTV News Montreal Weather Specialist & Videojournalist