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Sa famille était en vacances lorsqu’un fraudeur a fait abattre un arbre sur sa propriété

«Les fraudeurs font preuve d’une créativité croissante pour trouver des moyens de vous soutirer de l’argent.»

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Alina Schweer a fourni cette photo publiée sur un site immobilier. L'arboriste Jesse Harder a fait environ 90 minutes de route jusqu'à Lacombe pour abattre l'arbre, pensant qu'Alina Schweer l'avait engagé. Alina Schweer a fourni cette photo publiée sur un site immobilier. L'arboriste Jesse Harder a fait environ 90 minutes de route jusqu'à Lacombe pour abattre l'arbre, pensant qu'Alina Schweer l'avait engagé.

Une propriétaire de l’Alberta s’est fait abattre un érable de 26 ans sans son autorisation après qu’un fraudeur, se faisant passer pour elle, eut embauché un arboriculteur pour l’enlever pendant que sa famille était absente.

Alina Schweer s’est d’abord rendu compte que quelque chose n’allait pas lorsqu’un voisin lui a envoyé un message texte pour lui faire part de ce qui se passait à sa résidence de Lacombe.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«J’ai commencé à crier à travers la caméra, celle de la sonnette, en disant : “Hey, pouvez-vous arrêter, s’il vous plaît?”», a-t-elle raconté.

À ce moment-là, une grande partie de l’érable, qui mesurait environ neuf mètres de haut, avait déjà été abattue.

Jesse Harder, propriétaire de Clear Mountain Solutions, a fait environ 90 minutes de route jusqu’à Lacombe pour effectuer le travail, croyant que Mme Schweer l’avait embauché. Une personne se faisant passer pour la propriétaire l’avait contacté et avait utilisé une photo tirée de l’annonce immobilière de la maison pour organiser l’abattage de l’arbre.

«Nous en assumons la responsabilité. Mais c’est aussi regrettable», a-t-il dit.

Qu’est-ce qu’une fraude au paiement excédentaire?

Le Centre canadien de lutte contre la fraude qualifie ce qui s’est passé d’escroquerie au paiement excédentaire, qui peut cibler divers types d’entreprises. Les fraudeurs envoient généralement un faux chèque d’un montant supérieur à celui convenu, puis demandent à la victime de renvoyer la différence ou de la verser à un tiers avant que la fraude ne soit découverte.

Dans le cas de M. Harder, celui-ci avait demandé un acompte de 50% avant de commencer l’abattage de l’arbre. Le chèque qu’il a reçu dépassait le montant de l’acompte requis.

«Ils m’ont demandé si je pouvais leur transférer ou remettre cet argent (le surplus) aux couvreurs une fois qu’ils seraient sur place. Et j’ai répondu : “Non, je ne m’occupe pas d’argent”», a-t-il expliqué.

M. Harder a appris par la suite qu’il n’y avait pas de couvreurs et que le chèque était frauduleux.

Hausses des fraudes: le projet NIP pour contrer les faux représentants Les cas de fraudes impliquant de faux représentants se multiplient à Sherbrooke. Si bien que le Service de police annonce la mise en place d' un groupe d’enquê

La police de Lacombe mène l’enquête et affirme s’efforcer d’identifier la ou les personnes responsables.

«Les fraudeurs font preuve d’une créativité croissante pour trouver des moyens de vous soutirer de l’argent», a rapporté l’agent de police Travis Marcott.

Le Centre canadien de lutte contre la fraude a indiqué à CTV News avoir reçu deux signalements depuis mai concernant des entreprises d’abattage d’arbres ciblées par des stratagèmes similaires.

Dans un cas, les fraudeurs ont tenté d’utiliser un chèque électronique frauduleux et d’obtenir des renseignements bancaires en ligne avant que l’entreprise ne commence à avoir des soupçons. Dans un autre cas, deux entreprises d’abattage d’arbres ont été envoyées à la même propriété deux jours de suite après que les fraudeurs eurent utilisé une photo tirée de son annonce immobilière.

Mme Schweer a indiqué que sa famille avait vécu une situation similaire quelques jours avant que son arbre ne soit abattu.

Le 3 août, un autre arboriculteur s’est présenté à la propriété alors que Mme Schweer était à la maison et lui a demandé si elle avait envoyé un texto pour demander l’abattage de son arbre.

«Honnêtement, j’ai cru qu’ils s’étaient trompés d’adresse», a-t-elle confié. «On n’y a pas prêté attention du tout.»

Quelques jours plus tard, M. Harder est arrivé alors que la famille était absente.

«C’est vraiment inquiétant qu’ils (les fraudeurs) savaient que nous ne serions pas à la maison. Comment auraient-ils pu le savoir?»

—  Alina Schweer

On ignore si les fraudeurs savaient que la famille serait absente ou comment ils auraient pu obtenir cette information.

Pour certains acteurs du secteur de l’abattage d’arbres, les demandes frauduleuses sont monnaie courante.

Difficiles à repérer

Mandy Tseung, de l’entreprise 4 Tree Service Ltd. de Calgary, a indiqué que sa société recevait jusqu’à 20 demandes frauduleuses par année et qu’elle prenait désormais des mesures supplémentaires pour vérifier l’identité des clients.

«En général, quand on leur demande de nous rencontrer en personne, ils ne sont pas en mesure de le faire. Ils trouvent toutes sortes d’excuses», a-t-elle affirmé.

Elle a ajouté qu’un autre signe d’alerte est le fait qu’un client potentiel ne puisse pas fournir une photo récente de l’arbre et envoie plutôt une image trouvée en ligne ou via Google Street View.

M. Harder a précisé que rien dans la demande initiale ne lui avait immédiatement semblé inhabituel, car les clients légitimes organisent souvent les travaux par texto, font des demandes inhabituelles et demandent parfois à une autre personne de payer la facture.

Il a ajouté que cette expérience allait changer sa façon de gérer les futurs travaux. «Je vais être beaucoup plus vigilant, du genre: “Êtes-vous vraiment le propriétaire de la maison?” Et je vais probablement cesser de faire des soumissions à partir de photos», a-t-il avoué.

Fraude du faux représentant: une dame atteinte d’un cancer a perdu 85 000$ En mai dernier, la mère de Iann Saint-Denis, Michèle Toso Saint-Denis, qui était alors atteinte d’un cancer du poumon de stade 4, reçoit un appel provenant de quelqu’un qui se présente comme un policier. Elle allait perdre au final une somme de 85 000$ à cause d'un fraudeur.

La police de Lacombe demande aux résidents et entreprises de rester prudents lorsqu’ils font affaire par téléphone ou en ligne. La police recommande aux gens de prendre les mesures suivantes:

  • Vérifier la propriété du bien immobilier ou l’autorisation lorsque les travaux sont organisés à distance.
  • Fournir des soumissions écrites et envisager d’exiger des acomptes partiels avant de commencer les travaux.
  • Méfiez-vous des modalités de paiement inhabituelles, notamment les paiements excédentaires et les demandes de transfert d’argent à des tiers.
  • Ne transférez jamais un paiement excédentaire à un tiers.
  • Confirmez que le paiement initial a bien été crédité par votre institution financière avant de retourner des fonds directement à la personne ou à l’entreprise qui a effectué le paiement.

Même si les fraudeurs n’ont reçu aucun argent, Alina Schweer et Jesse Harder ont tous deux dû composer avec les conséquences.

«Il y a des gens qui ne cherchent qu’à nuire aux autres, et ce n’est pas bon. Ils trouveront n’importe quel moyen d’y parvenir. Espérons que cela n’arrive à personne d’autre.»

—  Jesse Harder, propriétaire de Clear Mountain Solutions

M. Harder n’a jamais été payé pour l’enlèvement de l’arbre et a indiqué qu’il prévoyait de revenir sur son temps libre pour aider à réparer les dommages.

Mme Schweer a expliqué que les racines restantes devront être déterrées avant que la cour avant puisse être nivelée, réengazonnée et aménagée. «Entre 5000$ et 15 000 $, c’est à peu près ce que j’estime», a-t-elle dit à propos du coût.

Les dommages ont également forcé sa famille à mettre en attente ses projets de vente de la maison.

«Nous devons retirer notre annonce, et nous ne pourrons pas la remettre en ligne avant l’année prochaine, car nous devons maintenant effectuer tous ces travaux dans notre cour avant», a indiqué Mme Schweer.

Malgré tout ce qui s’est passé, Mme Schweer n’en veut ni à Jesse Harder ni à son entreprise. «En fin de compte, eux aussi ont été victimes de fraude», a-t-elle dit. «Je pense simplement qu’ils étaient très confiants. Et c’est là le côté malheureux de notre société.»